Retour sur le paysage musical de l’année qui se termine: rien d’exhaustif, juste quelques moments marquants. Par exemple l’arrivée d’un nouvel album de Depeche Mode. Le 14ème depuis le début des 80’s, le 5ème des années 2000. Depeche Mode se fait parfois attendre, mais reste un groupe significatif, survivant de l’effervescence de la New Wave. « Spirit » est un album fort. Il est arrivé au printemps, quatre ans après « Delta Machine ». Arrivée au printemps également d’un nouvel album des Charlatans, groupe rescapé, lui, des 90’s. Un album -le 13ème-, et un petillant single, « Plastic Machinery ». 

Baxter Dury, lui, n’en est qu’à son 5ème album. Lentement, mais surement, il se fait une belle place. Surtout, il s’affranchit de l’ombre portée par le parcours de son père Ian Dury. Son premier album est sorti en 2002. Quinze ans plus tard, son nouveau disque, sorti chez Heavenly, lui permet d’ateindre un public plus large. Son phrasé désabusé, hérité de son père, se mêle à un son léger: la formule marche…

Confirmer sur un 3ème album la qualité exprimée sur les deux premiers: c’est le challenge devant lequel se trouve Django Django. Et il semble qu’il soit réussi. En tous cas, les premiers singles qui l’annoncent (« Marble Skies » sortira en janvier) sont réjouissants, inventifs et efficace. 

Du côté des découvertes on pointe The Crowleys et Chicano Batman: les premiers ont sorti cette année d’intéressants premiers singles, au son très particulier. Ils parlent de Psychedelic-Space Panzy Rock. On attend la suite avec curiosité. Et puis il y a Chicano Batman: quatre latinos de Los Angeles, qui mêlent influence Soul, Tropicalia et Psyche. Ils existent depuis le début de la décennie et cette année se sont offerts, pour leur troisième lp, les services de Louis Michels (The Arcs, Charles Bradley, Pretenders, Lana Del Rey, Dr John,…) à la production. Le résultat est séduisant, parfois un peu kitsch et clairement aventureux. Donc là aussi: à suivre…

 

Suite de notre coup d’oeil en arrière -par ordre alphabétique- sur l’année 2017. Lettre B: deux « gros calibres », Beck et Björk, des nouveaux venus à suivre, et un projet musical original…

Björk avec, à l’entame de sa cinquantaine, un dixième album, « Utopia ». Un album concocté étroitement avec le producteur Arca. Au menu, l’habituelle sophistication de l’Islandaise, qui s’exprime dans la musique, le look, les visuels et les vidéos. Un feu d’artifice dans une ambiance sereine…Pour Beck, c’est le treizième album qui est arrivé cet automne: un disque qui a mis le temps à voir le jour. Il était en cours d’élaboration en parallèle au « Morning Phase » sorti en 2014. De premiers singles ont été dévoilés dès les étés 2015 (« Dreams ») et 2016 (« Wow »). Un disque délibérément léger, pop, aux accents hérités des 80’s et des 70’s.

Les nouveaux venus…B-Boys, groupe basé à Brooklyn, puise clairement son inspiration de l’autre côté de l’Atlantique, du côté de la vague Postpunk. Le groupe avait sorti un premier Ep en 2016. Cette année, ce fut l’étape du premier album, chez Captured Tracks, « Dada ». Du côté du Royaume-Uni, on pointe l’originalité de Bad Sounds. Un groupe mené par deux frères, Erwan et Callum Merrett, qui lui insufflent une belle diversité d’affinités musicales personnelles, entre Hip Hop et Psyche. Le son, et le ton, sont originaux, tout en décontraction. A suivre. A suivre aussi Boy Azooga, mené par le Gallois Davey Newington. Là aussi, c’est la curiosité du jeune musicien et sa large palette d’inspirations -il évoque Can, la musique africaine, Ty Segall, Sly & The Family Stone,…- qui font la richesse du projet. Un premier single est paru en fin d’année chez Heavenly Recordings…

Enfin, Chaz Bundick Meets The Mattson 2: nouvel avatar pour Bundick, surtout connu pour Toro Y Moi. Il s’est associé avec un duo de musiciens issus du Jazz, les jumeaux Mattson et leur formule guitare-batterie, le temps d’un album. Une réussite à épingler parmi les nombreux albums sortis cette année. Les Mattson avaient précédemment participé à une tournée de Toro Y Moi. D’où la naissance de l’envie de réaliser cet album, « Star Stuff »…

 

Fin d’année rime avec rétrospective: on s’offre un dernier coup d’oeil en arrière sur 2017, et on en profite pour se rafraîchir les oreilles avec quelques belles choses que cette année nous a données à entendre. Et on choisit comme chemin celui de l’ordre alphabétique. A, donc, pour débuter. Et deux albums phares de 2017, ceux d’Arcade Fire et d’Alt-J. Curieusement, c’est l’été qu’Arcade Fire a choisi pour sortir son 5ème album solo. Dès mai, le single « Everything Now » annonçait la couleur: un son tonique pour une époque de crise. Un point commun avec pas mal de productions de cette année…Un beau succès qui s’est prolongé encore ces derniers jours avec la sortie d’une version remixée par Bomba Estereo, le groupe colombien qui a assuré des premières parties de la tournée des Canadiens. 

Autre album attendu: « Relaxer » d’Alt-J est sorti presque trois ans après son prédécesseur. Une belle production manquant peut-être un peu d’esprit aventureux. Pour l’annoncer, le single « In Cold Blood »…Rupture d’un silence long de trois ans pour Ariel Pink, pourtant réputé très prolifique. Son « Dedicated To Bobby Jameson » est certainement un des beaux disques de cette année, toujours aussi difficile à faire entrer dans une catégorie…Et puis, toujours à la lettre A, on a découvert un Dan Auerbach décontracté, proposant un album très personnel, en marge de son travail au sein des Black Keys. Des sons détendus sur un album pleinement estival…

Estival, le premier album des Australiens de The Babe Rainbow l’est aussi. Une production nourrie de sons de la West Coast des 60s, de sons discoïdes, de Psyche. Un cocktail attractif par lequel on se laisse séduire. Même si tout ça a parfois l’air un peu trop fabriqué…Le premier album, sorti bien entendu au cours de l’été rassemble les titres produits par le groupe au cours des précédentes années. On attend la suite. Une Ausralienne encore: Courtney Barnett. Son premier album avait été une des bonnes surprises de 2015. On l’a retrouvée cette année sur un disque savoureux, en compagnie de l’Américain Kurt Vile. Deux personnalités attachantes, et atypiques,  réunies le temps d’un disque: la rencontre a fonctionné, et « Lotta Sea Lice » est un des albums de l’année…

Un titre que l’on accordera aussi sans réserve au 5ème album de The Black Angels, « Death Note ». Le disque des Texans est plus sombre que ceux dont il vient d’être question. Mais il est tout aussi passionnant. Une réussite…

Microdisney – Brève carrière, bref retour…

Posted: 20th décembre 2017 by leo in 80s, Non classé

Trente ans après sa dissolution, le groupe Microdisney se reformera, en juin prochain, le temps d’un seul concert à Dublin. Retour d’un groupe significatif du rock indie des 80’s, un groupe qui a connu au cours de sa brève carrière un accueil enthousiaste de la part de la critique spécialisée et d’un public conquis, à défaut d’un succès commercial significatif. Et qui, au fil des années, a acquis un statut de groupe culte…

A l’origine du projet, deux jeunes Irlandais, à Cork. Deux personnalités différentes qui vont donner son relief à Microdisney. Le chanteur, Cathal Coughan, est un révolté, un individu politiquement engagé. Le guitariste, Sean O’Hagan, est avant tout un musicien, multi-instrumentiste, curieux de création mélodique. La naissance de Microdisney, en 1980 à Cork, est influencée par les scènes punk et postpunk. Les deux musiciens, qui s’entourent d’une section rythmique, proposent au départ une musique rageuse, adoptent une attitude provocatrice. Au fil du temps, la musique se fera plus séductrice, moins brute. Mais Coughan restera attaché à ses textes sombres, engagés. Un constat de la vie sociale et de ses travers. Le contraste entre son et paroles sera une des particularités de Microdisney. 

Repérés par Rough Trade, les Irlandais s’installent à Londres. Un premier titre produit par John Porter (qui a l’époque travaille aussi pour les Smiths), « Dolly », les installera sur la scène rock en 1984. Avec un beau soutien: celui de John Peel, tremplin, par ses célèbres « Sessions », de nombreux jeunes groupes. Quelques albums vont sortir, jusqu’en 1988. Avec de très beaux moments (« Everybody Is Fantastic », en 1984, « The Clock Comes Down The Stairs », en 1987), mais aussi des albums plus mitigés, à la production hésitante. En 1988 c’est la fin du parcours de Microdisney. Cathal Coughan lance un nouveau projet, The Fatima Mansions: toujours profondément engagé, il y trouve des sonorités plus rugueuses qui conviennent mieux à sa démarche…Sean O’Hagan, lui, va créer The High Llamas, un projet musicalement aventureux, séduisant, plus conforme à sa recherche d’innovations mélodiques…

Trente ans après sa séparation, Microdisney va se reconstituer le temps d’un concert, en juin prochain à Dublin. Un concert centré sur l’album « The Clock Comes Down The Stairs ». Un concert seulement. Mais…Après tout, les exemples de retour en studio de groupes des 80’s et des 90’s reformés à priori pour un passage sur scène seulement ne manquent pas ces dernières années. A noter que les Dublinois auront l’été prochain l’occasion d’assister à un autre retour sur scène: celui, en juillet, de Matt Johnson/The The…

 

Meat Loaf – « Bat Out of Hell », il y a 40 ans…

Posted: 19th décembre 2017 by leo in 70s

Plus de 40 millions d’albums vendus: fameux résultat pour un disque atypique. Et résultat étonnant quand on jette un coup d’oeil sur la gestation du projet…Une idée née de la rencontre de deux musiciens, Meat Loaf, alias Michaël Lee Aday, et Jim Steinman. Le premier est à la fois acteur et musicien: dès la moitié des 60s, il cumule ces deux métiers. Acteur, il connait de beaux succès: « Hair », « The Rocky Horror Show » (au théâtre et au cinéma), le National Lampoon,…Sa carrière de musicien, au contraire, peine à décoller. Malgré une voix remarquable. On retrouve ce Texan à Los Angeles puis New York au début des 70s. C’est là qu’il rencontre Steinman. Ce musicien et songwriter s’est fait une belle place dans l’univers de la comédie musicale. Ensemble, ils commencent à imaginer ce qui deviendra l’album « Bat Out Of Hell » dès 1972. En marge de leurs carrières respectives, et croisées, le projet se construit, les chansons naissent. Mais au moment où les choses semblent assez abouties pour être présentées à des maisons de production, Aday/Loaf et Steinman se heurtent à de nombreux refus. Les labels se montrent frileux devant une création un peu hybride, entre Opera Rock et disque « classique ». La longueur de certains titres effraie: peu radiophonique…C’est finalement une « pointure » de l’époque, Todd Rundgren, qui va sortir le projet de l’ornière: il trouve un label, produit le disque, y joue de la guitare, et y amène des musiciens de son propre groupe, Utopia. S’y ajoutent des membres du E-Street Band, et Edgar Winter au saxophone. Pour la pochette, épique, un grand nom de l’illustration d’Héroïc Fantasy américaine, Richard Corben.

Le disque sort en octobre 1977. Un « ovni »: la voix de Meat Loaf, et sa personnalité d’acteur-chanteur, portent une création grandiloquente, extrème, gothique par certains aspects. Et ça fonctionne directement, d’abord en Angleterre, en Europe et en Australie, puis aux USA, après un passage dans le Saturday Night Live. Ca ne ressemble à rien de ce qui existe: c’était l’objectif de Steinman, qui parle d’un disque « intemporel, hors des tendances ». C’est puissant, et ça séduit: les chiffres de vente montent rapidement. Un engouement qui n’est pas que passager: l’album va être au nombre de ceux qui restent le plus longtemps dans les charts (comme par exemple le « Rumours » de Fleetwood Mac)…Une réussite qui ne se prolongera pas. La cohésion du duo s’effrite: Steinman accepte mal que l’album sorte sous le seul nom de Meat Loaf (un choix du label, pour une meilleure lisibilité). Le sien n’apparait qu’en second rang. Et puis Michaël Day/Meat Loaf gère assez mal ce succès soudain: cocaïne, jambe cassée sur scène pendant la tournée de promotion, dépression, perte de la voix…Il lui faudra un certain temps pour reprendre pied. Reste que l’album fait son chemin, avec des singles forts qui ont depuis bien longtemps maintenant acquis le statut de « classiques » incontestables des 70s…Quatre ans après « Bat Out Of Hell », Meat Loaf, requinqué, sort un nouvel album. Depuis, il suit un parcours plus discret mais bien rempli, entre albums (le dernier est sorti en 2016), tournées et apparitions au cinéma…

 

 

Petit tour dans le « rayon frais », à la recherche de nouveautés et découvertes intéressantes. Pour commencer, cap sur l’Australie, véritable mine de belles choses un peu décalées. Un bâton de dynamite, tout d’abord: The Chats. C’est la voix et la basse du jeune Eamon Sandwith qui rythment ce trio né il y a un peu plus d’un an. « Smoko » figure sur un EP qui rassemble des titres énervés et courts. Côté influence, on retrouve la mouvance punk. Côté « cousinages », on pense à des gens comme Shame ou Cabbage. Tonique. Avec un look assez improbable, au niveau capillaire notamment…Les cheveux, c’est aussi une des marques de fabrique de The Babe Rainbow, un autre trio australien. Une manière d’évoquer les 60’s californiennes: une des sources d’inspiration du groupe qui mêle ça avec un son psyché très conemporain. « Monkey Disco » est l’ensoleillé nouveau single extrait du premier album du groupe. Un album « sucré » produit par un membre de King Gizzard & The Flying Wizzard. King Gizzard qui est en passe de réussir le challenge qu’il s’était fixé pour 2017: sortir 5 albums. 4 sont déjà sortis. Sans que la quantité ne nuise à la qualité: les Australiens ont démontré qu’ils étaient foisonnant d’idées. Viennent d’arriver, un mois après le quatrième album deuxsingles inédits. Et toujours aussi plaisants…

Après l’Australie, le Royaume Uni: Boy Azooga est un groupe mené par le Gallois Davey Newington. Un jeune homme né dans une famille de musiciens, plongé lui-même très tôt dans le bain, et nourri par une belle curiosité musicale.  Comme références, il cite Can, Black Sabbath, Sly & The Family Stone, le Nigérian William Onyeabor, Ty Segall,…Eclectique. Le groupe a été signé par Heavenly Recordings chez qui sort le fort réussi « Face Behind Her Face »…A suivre…Enfin, de l’autre côté de l’Atlantique, le nouvel EP de Line & Circle. Le groupe originaire de l’Ohio est aujourd’hui installé à Los Angeles. Il est né en 2012. Et a sorti un premier album en 2015. Depuis lors, il s’est produit au SXSW et en première partie de War On Drugs. Côté influences, on pense aux Smiths ou à REM. A noter que le propos du groupe est sérieux et somble: les titres de « Vicious Folly » illustre de différentes manières les conflits humains, et le fait que l’Homme est lui-même son pire ennemi. Ca n’empêche pas le son d’être plutôt léger.

John Foxx – L’option électronique

Posted: 15th décembre 2017 by leo in Non classé

On s’intéresse à un personnage important dans l’introduction des sonorités électroniques dans l’univers Pop Rock, John Foxx ( son vrai nom est Dennis Leigh). Alors que cette musique a longtemps été un peu marginale, lui, et des gens comme Gary Numan, Daniel Miller, Eno, Heaven 17,les Flyng Lizards, Orchestral Manoeuvres,…l’ont introduite dans des productions destinées à un public plus large. C’est en 1973 que cet étudiant en Art entame son parcours musical, avec un groupe qui au fil des années deviendra Ultravox. Le son de ce projet se nourrit des influences du moment: le Glam (Roxy Music), puis le Punk, la New Wave, le tout nourri d’influences héritées du mouvement Krautrock (Kraftwerk). En 1976, Ultravox, dont la personnalité musicale s’est affirmée, est signé pour trois albums par Island. Trois disques marqués par l’option électronique que John Foxx privilégie. Brian Eno est aux côtés de Lillywhite pour le premier, le second est marqué par l’utilisation d’une drum machine, et le troisième, « Systems Of Romance », en 1979, est réalisé sous la houlette d’un spécialiste du genre, l’Allemand Conny Plank. Trois premiers essais salués par la critique, mais au succès peu probant. Island arrête les frais. Au sein du groupe, les tensions grandissent entre Foxx et les autres. En particulier Currie. Le premier privilégie une musique froide, métallique, privée d’affect, le second est séduit par la New Wave « romantique ». Même débat que celui qui divise à la même époque Human League et qui aboutira à la « dissidence » d’Heaven 17.

1979: Foxx choisit l’option solo. De son côté, Currie va réussir à maintenir en vie Ultravox, qu’on croyait définitivement perdu, en y amenant un nouveau chanteur, Midge Ure, qu’il a cotoyé dans le Visage de Steve Strange. Début de la seconde carrière, « romantique » et couronnée de succès d’un Ultravox nouveau, qui devient un des groupes majeurs de la période New Wave.

Foxx, récupéré par Virgin sort un premier single en 1979: « Underpass » fonctionne bien, atteignant le top 30 britannique. Suit, en janvier 1980, l’album « Metamatic », produit par Foxx en compagnie d’un tout jeune ingénieur du son, Gareth Jones, future référence…Le titre est explicite: une musique froide, métallique, répétitive. L’album atteint le top 20 Uk et installe le nom de Foxx dans le paysage musical. En 1981 sort « The Garden ». « The Garden », c’est aussi le nom d’un studio que l’Anglais crée dans les bâtiments d’un collectif artistique à Londres. Il y accueillera, notamment, Eno, Depeche Mode, Virginia Astley, Trevor Horn, Siouxie, Cure, Tuxedomoon,…Un vivier électronique..Il élargit son domaine et réalise des musiques pour le cinéma, pour Antonioni, notamment.

En 1985, Foxx quitte le paysage musical, ne sort plus de disques et ferme son studio. Il redevient Dennis Leigh et retourne à son activité de base, le graphisme…Ce n’est qu’à la fin des 90s que réapparait « John Foxx », pour une seconde carrière partagée entre musique digitale, musiques de films, graphisme et photo, avec un statut de musicien dont l’impact dans le domaine du développement de l’Electro est clairement reconnu…

 

Talking Heads – Parcours inventif, influence durable…

Posted: 10th décembre 2017 by leo in 70s, 80s

Le groupe Talking Heads occupe une place tout à fait particulière dans l’histoire du rock: en à peine une décennie, ce groupe américain a pris une place incontestée de précurseur grâce à son sens de l’expérimentation musicale. Trois étudiants en design de New York décident en 1974 de créer un groupe. Il s’agit de David Byrne et du couple Tina Weymouth-Chris Frantz. Vient s’ajouter Jerry Harrison, ex des Modern Lovers. Talking Heads joue pour la 1ère fois sous ce nom en 75, en 1ère partie des Ramones. Les TH vont pleinement profiter de l’effervescence créée par l’arrivée du mouvement punk et de la new wave. Ils proposent une musique difficile, inhabituelle, dans laquelle les percussions et l’électronique jouent un grand rôle. L’époque est propice aux nouveautés, et ils sont signés par le label Sire. Un 1er album sort en 1977, simplement intitulé « 77 », sous une pochette sans image du groupe. En est extrait l’étonnant « Psycho Killer » qui connaît rapidement un beau succès, sinon populaire, au moins d’estime. Et le groupe présentera toujours cette particularité d’être exigeant et de pourtant connaître un succès croissant.
Pour les deux albums suivants, en 78 et 79, ils collaborent avec Brian Eno, lui même grand nom de la musique électronique, un des créateurs des notions d' »ambient music » et de « musique concrète », une musique autant définie par elle-même que par son effet réel.
En 1980 paraît le 4ème Lp, « Remain In Light », avec le morceau « Once In a Lifetime » qui réussit une belle percée dans les charts anglais.
Les liens entre les membres du groupe se distendent, des tensions apparaissent, David Byrne semble de plus en plus concentré sur ses créations en solo (musique, cinéma), le couple Weymouth-Frantz propose, sous le noms de Tom Tom Club, une série d’albums qui, dès 1981, familiarisent le grand public avec la culture hip-hop.
Sous le nom de Talking Heads sortiront encore 3 albums, dont, en 1985, « Little Creatures », le plus accessible. Et en 1991 le groupe annonce sa séparation.

 Les membres du quatuor initial ont continué leur chemin séparément. Byrne a poursuivi le parcours solo qu’il avait déjà entamé, et a coupé clairement les ponts avec ses anciens comparses. Jerry Harrison s’est mué en producteur (Fine Young Cannibals, Crash Test Dummies, No Doubt, le 1er groupe de Gwen Stefani,…). Le couple Weymouth-Frantz anime sporadiquement le projet Tom Tom Club, et a travaillé avec des gens comme les Happy Mondays ou Ziggy Marley…A noter qu’ensemble, et sur fond de conflit avec David Byrne, Harrison, Weymouth et Frantz ont sorti -sorte de pied de nez à leur ancien collègue- un album intitulé « No Talking, Just Head Head », sous le nom de The Heads. Aventure sans lendemain…
Talking Heads appartient au passé, mais continue à influencer des artistes comme Damon Albarn, Vampire Weekend,ou le groupe Radiohead, dont le nom est tiré d’un morceau des TH…Et de nombreux tout jeunes groupes les citent, comme récemment The Fluids, au nombre de leurs références importantes…

 

Disparition, ce jeudi, d’une icône de la scène musicale française: Johnny Hallyday, c’est une présence de presque soixante ans dans le monde de la musique, et une discographie imposante. Johnny Hallyday, c’est aussi celui qui le premier a véritablement incarné la naissance d’un Rock français. 

Hallyday n’a pas été le premier à chanter du Rock’n Roll en français. Richard Anthony avait déjà adapté des standards de cette musique venue des USA, la variété de music-hall en avait repris des titres en les mettant à sa sauce, et Vian et Salvador avaient créé un « faux » groupe de Rock, dans le but de se moquer de cette musique américaine qu’ils trouvaient simpliste…

Mais c’est Hallyday qui a déclenché la naissance d’un véritable mouvement nouveau, qui a incarné les aspirations nouvelles d’une jeunesse française désireuse de se délivrer du carcan de conventions trop lourdes. Un désir qui s’est reporté sur la musique et la personnalité de ce tout jeune homme au comportement transgressif, à l’enthousiasme communicatif…Il découvre très jeune la musique d’Elvis Presley. Et décide que c’est ça qu’il veut faire. Il va s’en approprier les « gimmicks », explorer son répertoire…

Les choses vont vite à l’époque: remarqué sur une petite scène pour sa personnalité atypique, il est signé pour un premier disque, « Laisse les filles » qui sort en 1960. Un passage dans une émission télévisée, « L’école des vedettes », va être le déclencheur de l’aventure Hallyday: parrainé par Line Renaud, le jeune garçon de 17 ans s’y montre sous un jour candide, enthousiaste, y propose une interprétation peu conforme à ce que l’on voit à l’époque à la télé. C’est le déclic: le public jeune adopte ce nouveau chanteur, les téléspectateurs âgés s’offusquent de son attitude. Eternelle querelle des anciens et des modernes. Et reproduction en France de la polémique suscitée quelques années plus tôt aux Etats Unis par Presley. Surtout, c’est l’acte fondateur d’une scène rock en France. 

Kansas – Classic Rock et sang neuf…

Posted: 4th décembre 2017 by leo in Non classé

En écoutant une station de Classic- Rock , il est rare de ne pas entendre un morceau de  Kansas, un de ces groupes qui appartiennent au patrimoine d’un certain rock Us. Un rock mélodique qui revendique ses racines. Comme Boston ou America, les membres de Kansas ont voulu marquer par leur nom leur origine géographique. Le groupe est né, au tout début des 70s, à Topeka. Il va connaître pendant quelques années divers avatars, être connu sous différents noms, et affiner son style. Un rock « symphonique » (la présence d’un violon est une signature), nourri de Progressive,  parfois musclé, à la lisière du Hard, qui se développe plutôt sur la longueur d’un album dans le format d’un single. Ce sont pourtant deux singles qui assureront le succès des américains.

En 1974, le groupe est stabilisé. Il est signé par Don Kirshner sur son label. Trois albums paraissent. Il faut attendre le quatrième, « Leftover » en 1976,  pour que se produise un déclic.Un single en est extrait en janvier 1977,  « Carry On Wayward Son ». L’album atteint la cinquième place du Billboard, le single la onzième. Et l’impact est international.

Avec « Point Of No Return », fin 77, Kansas renouvelle la performance. Cette fois, c’est le single « Dust In The Wind » qui sert de locomotive. Au sommet de son succès, Kansas multplie les concerts événements, notamment au Madison Square Garden de New York . Un double live en rend compte en 1978. « Monolith » en 1979 marque un léger recul, mais, surtout, des tensions naissent au sein du groupe. Deux des membres fondateurs, Livgren et Hope, ont adhéré au mouvement chrétien « born again ». Et veulent traduire cette nouvelle orientation spirituelle dans les compositions du groupe. C’est déjà clairement sensible en 1980 sur « Hold On ».  Steve Walsh s’en va, un nouveau chanteur est engagé. Finalement, Kansas arrête ses activités. Livgren et Hope vont se diriger pleinement vers le monde du Christian Rock.

En 1985, Walsh relance une nouvelle formule de Kansas, fidèle à ce que le groupe était dans les 70s. Elle fonctionne toujours. Mieux: ces dernières années, le groupe semble connaître une nouvelle jeunesse, grâce à l’arrivée de sang neuf. En 2014, Walsh décidait de quitter Kansas. Pour le remplacer au chant et au claviers arrivait Ronnie Platt. Autre arrivée récente, celle du guitariste Zak Rizvi. Et ces deux jeunes recrues sont arrivées avec aussi l’envie de composer de nouveaux titres…Steve Walsh avait décidé que Kansas n’enregistrerait plus de nouvel album. Son départ a fait sauter ce « verrou ». Et en 2016, Kansas a sorti « The Prelude Implicit », quinzième album studio et première production discographique originale depuis 2000. Et c’est une association entre des « vétérans » comme Ehart et Williams, présents depuis 1973, Greer et Ragsdale, arrivés par la suite, et les nouveaux venus, Platt, Rizvi et Manion, claviériste supplémentaire, qui tourne avec les titres nouveaux et les « grandsclassiques » du groupe…Et puis, Kansas s’est aussi vu ouvrir une fenêtre vers le public jeune grâce aux « nouveaux médias »: séries TV (Supernatural, South Park,…) et jeux vidéos (Grand Theft Auto, Guitar Hero,…).