Led Zeppelin – C’était il y a 50 ans…

Posted: 22nd février 2019 by leo in 70s, Rayon "frais"

2019 est une année jubilaire pour les survivants de Led Zeppelin: 50 ans plus tôt, le groupe sortait ses deux premiers albums à quelques mois d’écart, et s’installait au rang de « grand » de l’univers rock. Et même si le parcours du groupe en tant que tel a finalement été assez bref -10 ans, 8 albums studios-, il reste une référence incontournable. Quand on salue la naissance d’une carrière nouvelle comme celle de Greta Van Fleet l’an dernier, c’est quand même beaucoup de Led Zeppelin dont on parle…

50 ans, c’est l’occasion de jeter un regard en arrière, et de « marquer le coup »: il sera beaucoup question du groupe cette année. De manière parfois tout à fait anecdotique, comme quand le groupe et la marque de chaussures Vans s’associent pour créer des chaussures à l’image des albums. Mais aussi plus musicalement, avec un site qui permet à chacun de créer « sa » playlist de titres choisis dans l’ensemble du répertoire du groupe, et de la partager sur les réseaux sociaux. Avec, cerise sur le gâteau, la possibilité de se créer une image de profil utilisant le graphisme de Led Zeppelin…Les premiers à se prêter au jeu ont été, ce vendredi, Jack White et les membres de Royal Blood…A chacun maintenant d’y ajouter sa vision du groupe…

Retour aux origines: tout commence en 1968 avec un musicien qui nourrit le projet de créer son propre groupe. Jimmy Page n’est pas un nouveau venu: il a travaillé en studio avec les Who, les Kinks,…et depuis 1966 fait partie des Yarbirds. Des Yarbirds qui sont, en 68, en fin de vie. Beck et Clapton sont partis, Page reste le seul à porter le nom du groupe. Et à devoir assurer les derniers concerts pour lesquels des contrats ont été signés. L’occasion est belle de créer « son » projet. Il recrute. Le bassiste et claviériste John Paul Jones d’abord: lui aussi un musicien poli par une belle expérience de studio, avec les Shadows et les Stones notamment. Pour les vocaux, il contacte Terry Reid. Qui a la mauvaise idée de privilégier la perspective d’une carrière solo. Et recommande un chanteur peu connu: Robert Plant. Il ne restera pas longtemps inconnu… A la batterie, John Bonham complète le quatuor. Qui se produit sous le nom de New Yarbirds sur scène, et impressionne. Quatre musiciens bourrés de talent, et une cohésion qui met en valeur ces talents. Suffisamment convaincant pour intéresser Atlantic. Le quatuor change de nom, et le Led Zeppelin nouvellement baptisé enregistre un premier album en une trentaine de jours. Il sort en janvier 1969. Il est nourri de Blues, mais donne à celui-ci une dimension et une intensité nouvelles avec ses orchestrations aventureuses. Le groupe part pour une tournée aux USA, en première partie de Vanilla Fudge et Iron Butterfly: sur scène, le groupe fait preuve d’une virtuosité et d’une capacité d’improvisation qui marque le public. Et qui ouvre au groupe le chemin de la tête d’affiche: il est inconfortable pour les autres groupes de passer après ce genre de démonstration. Pendant cette tournée, Led Zeppelin enregistre déjà les titres qui sortiront en octobre sur un second album qui s’impose deux deux côtés de l’Atlantique dans les charts. Led Zeppelin II détrône le « Abbey Road » des Beatles. Une sorte de passation de relais: les 70’s se sont trouvé de nouveaux héros…

La « Rock’n Roll attitude »: drogues, alcool, sexe, provocation, excès en tous genres. Entre légende et réalité. Nombreux sont les acteurs de l’univers rock qui ont « joué » avec cette imagerie tout en gardant le contrôle…
D’autres s’y sont lancés sans réserve, avec tous les risques que ça comporte. Ce fut le cas de Mötley Crüe auquel est consacré un film qui sera diffusé dès le 22 mars sur Netflix…
Un vieux projet, qui remonte aux début des 2000’s, consistant à mettre en image l’autobiographie du groupe. Il a fallu du temps. Réalisé par Jeff Tremaine (Jackass) le biopic débarque alors que le groupe a mis ses activités en veilleuse. Une semi-retraite, après 9 albums studios et une longue tournée d’adieux…
Les héros sont fatigués, et il y a de quoi. Né au début des 80’s, le groupe a poussé à l’extrême toutes les dérives: addictions, femmes, provocations, voitures et vitesse. Avec comme conséquences des accidents, cures de désintoxication et séjours en prison. On se souvient des démêlés de Tommy Lee avec son ex, et célèbre, femme Pamela Anderson…
Créé en 1981 à Los Angeles, le groupe a accompli, malgré tout cela, un solide parcours avec son Hard aux références lorgnant vers la génération du Glam « décadent » des 70’s, quelque part du côté des New York Dolls, avec qui Mötley Crüe a tourné…
Un parcours à (re)découvrir en images avec cette production de Netflix. Dans le rôle des membres du groupe, Machine Gun Kelly (Tommy Lee), Douglas Booth, Iwan Rheon (Games Of Throne), et Daniel Webber (The Punisher)…

Un petit tour en Australie avec The Vacant Smiles, qui sortent un troisième album « improvisé » en attendant que le vrai troisième album, en préparation depuis de nombreux mois, soit terminé. Compliqué? Oui, à l’inverse de leur son: dépouillé, guitares et orgue en avant, parfois tendu, souvent désinvolte. On y trouve des réminiscences du Pink Floyd première époque (« Connectivity »), des Feelies ou d’XTC (« Alarmy »). C’est tonique et sympathique. Avec ce petit côté brouillon que donnent à « Good Will » les circonstances de son enregistrement: voyant que leur album en gestation depuis de longs mois ne serait pas prêt pour la fin ’18, les membres de Vacant Smiles ont créé en un mois et demi « Good Will ». Un groupe capable de ce genre de « performance » mérite incontestablement qu’on se penche sur son cas…Et c’est avec intérêt qu’on attend leur troisième album devenu finalement le quatrième…

 

 

« Twist It, Shake It, Rock’n Roll »: c’était le titre, un peu décalé, d’un single de Trudy & The Romance que nous découvrions fin 2017. Un nom tout aussi décalé, pour ce trio de Liverpool né en 2014. Au centre du projet, la voix très particulière du chanteur-guitariste Olivier Taylor. Une voix mise au service d’une relecture originale d’un son hérité de la fin des 50s, l’époque du Doo Wop, des chansons pop romantiques, et d’une jeunesse qui se découvrait. Le terreau sur lequel sont apparus les Beatles. Avec Trudy & The Romance, on part du même terreau, mais on l’envisage avec recul, avec dérision…On n’est plus en 1958, le Garage et le Punk sont passés par là. Et le groupe, pour se définir, parle de « mutant 50’s pop ».
Les jeunes Britanniques passent maintenant à l’étape de l’album: il arrive en mai. Et est annoncé par un premier single…

Yak – Le second album…

Posted: 16th février 2019 by leo in 2010s, Non classé, Rayon "frais"

Le groupe britannique Yak sort son second album, trois ans après le premier. Un disque né dans la douleur, alors qu’on pensait le trio bel et bien lancé. La voie vers l’album suivant semblait déjà tracée. Et pourtant les embûches se sont multipliées. Les bonnes fortunes également. Et « Pursuit Of Momentary Happiness » est finalement sorti, cette semaine…

Retour en arrière: il y a pile quatre ans, on découvre Yak avec un magistral premier single, « Hungry Hearts », chez Fat Possum. Le projet est né à Wolverhampton, à l’initiative deux copains d’enfance, Oli Burslem (guitare et chant) et Andy Jones (basse), rejoints par un batteur d’origine néo-zélandaise, installé à Londres, Eliott Rawson. Au fil des mois, « Plastic People » confirment la vigueur du premier single, et confirment les contours du style de Yak: la voix emportée de Burslem soutenue par une énergique section rythmique. L’intérêt grandit, les opportunités se multiplient: des premières parties pour The Last Shadow Puppets, le label Third Man Records. 

Le premier album, « Alas Salvation », arrive en mai 2016. A la production, Steve MacKey (Pulp) et, pour un titre, John Coxon (Spiritualized). Suivent plusieurs mois d’une tournée couronnée de succès. En 2017, il s’agit de penser à l’album suivant. Un single enregistré en Australie avec Kevin Parker et Jay Watson, reprise d’un ancien titre soul, sort en octobre. Puis les problèmes commencent. Premier souci: le départ d’Andy Jones, complice de longue date de Burslem. Il se marie et préfère abandonner le monde des tournées. Et puis il y a un projet d’enregistrement qui tourne court. Yak doit enregistrer son nouveau disque dans le studio de Kevin Parker à Perth. Mais le chemin de Burslem vers l’Australie prend une tournure erratique. Avec une étape à Tokyo pour un mois consacré à l’écriture des nouveaux morceaux. Sans guère de résultats. Le passage dans le studio australien ensuite ne donne rien. Retour perdant en Angleterre: le budget a été épuisé en pure perte, Yak est dans une impasse. Jusqu’à ce que Jason Pierce (Spiritualized) ne s’intéresse au devenir du groupe, et n’en devienne le « Saint Bernard »: encouragement moral, coup de pouce pour trouver un nouveau label (Third Man-Virgin EMI) et un studio, et, enfin, intervention au niveau de la production. Et une apparition vocale…Résultat: un disque dense, qui témoigne de sa gestation tourmentée, et qui confirme le statut de groupe passionnant de Yak…

 

 

 

The Auteurs – En marge de la Britpop…

Posted: 13th février 2019 by leo in 90s

Début des 90s: le mouvement Britpop se met en place. Une réaction à la période House, et à la percée de la vague US du Grunge: il s’agit d’en revenir à un Rock anglais plus classique, mené par les guitares, trouvant son inspiration du côté des 60s (Kinks,…), du Glam des 70s (Bowie,…), de l’épisode Punk, et de ses avatars comme le revival Mod du Jam de Paul Weller, remettant la mélodie au centre de l’écriture…                  Certains des acteurs de ce mouvement sont toujours bien présents: les frères Gallagher, séparés, Suede, par intermittence, Blur et sa faculté d’évoluer… Mais un des groupes les plus brillants de cet épisode a depuis longtemps disparu: The Auteurs. Un groupe qui a vécu un parcours un peu en marge, frôlant le succès avant de disparaître avec la fin de la décennie.
The Auteurs, c’est surtout un homme, Luke Haines. Au caractère manifestement assez entier. Difficile, même, volontiers sarcastique… Ce qui pourrait expliquer le parcours erratique du groupe. Après avoir fait partie d’un groupe lié à la « génération C86 », The Servants, il crée en 1990 The Auteurs, avec sa compagne, bassiste, un batteur et un violoncelliste. Au fil de ses prestations live, le groupe éveille l’intérêt de la presse. Et d’un label: un premier single, « Showgirl », sort en décembre 1992. Suivi d’un brillant premier album, « New Wave », en février 93. Avant le premier album de Suede, et avant le « Modern Life » de Blur. Ce qui fait déclarer à Haines que The Auteurs est le groupe qui a lancé le mouvement. Déclaration paradoxale, quand on sait comment le même Haynes va par la suite refuser l’étiquette « Brit Pop »…
Toujours est il que les Auteurs semblent bien lancés: en 1994 sort un nouvel album, et les singles qui l’accompagnent entrent dans le chart anglais. Le groupe tourne intensivement, aux USA, en Europe…Jusqu’à ce que Haines se blesse aux jambes, dans des conditions controversées. Fin de la tournée européenne, et immobilisation prolongée du leader: Haines consacre l’année 1995 à l’écriture d’un nouvel album. Mais la machine est enrayée. Et Haines ne semble guère désireux de la relancer. Il met en place un projet parallèle, Baader Meinhof (un nom inspiré par le célèbre groupe révolutionnaire allemand…), se consacre à une relecture électro du répertoire des Auteurs, et prend plus nettement ses distances avec la Brit Pop. Un quatrième album en 1999 sera le dernier acte d’un parcours qui n’en finissait pas de finir…

L’après Auteurs de Haines se déclinera essentiellement en solo, mis à part le projet Black Box Recorder (avec John Moore de The Jesus & Marychain). Son dernier album en date est sorti en 2018. Le quinzième. Et en 2009 il a écrit un livre dans lequel il évoque le parcours des Auteurs, et la période Britpop…

A suivre – FEET

Posted: 12th février 2019 by leo in Non classé

Le groupe FEET vient de sortir un excellent single. Et ça fait plaisir, parce qu’on espérait bien voir ce jeune groupe de Coventry confirmer les promesses que laissaient entrevoir « Petty Thieving » en 2017.
Le groupe a été formé il y a tout juste trois ans, par des étudiants de l’université de Coventry. Leur premières productions ont attiré l’attention du label Yala qui a sorti le single « Petty Thieving », un percutant morceau nourri de (Post)Punk. Les jeunes britanniques ont terminé leurs études et ont peaufiné leur son. En l’enrichissant nettement. L’énergie est toujours présente, mais les structures sont devenues plus inventives. On pense, côté contemporain, à des gens comme Parquet Courts, ou, dans le passé, à des acteurs de la Britpop comme Blur ou Pulp.
« English Weather », le nouveau single, témoigne de la maturité atteinte par le groupe. Et laisse attendre de belles choses dans le futur: à suivre, donc…

 

Fonatines DC – Premier album en avril

Posted: 7th février 2019 by leo in Non classé

Fontaines DC a été une incontestable révélation de l’année ’18. Avec « Chequeless Reckless », on découvrait un groupe entier et affirmé, et le phrasé particulier du chanteur Grian Chatten. Fontaines D.C. est un groupe qui appartient à cette nouvelle génération qui renoue avec une certaine énergie punk sans pour autant être un copier-coller de cette période. Les Irlandais sont un groupe d’aujourd’hui, qui se positionne sur l’état du Monde en ce début de XXIème siècle.
Aujoud’hui, on apprend que le premier album du groupe sortira le 12 avril. Pour l’annoncer, un nouveau single -et une nouvelle réussite-, « Big ». Un titre illustré par un amusant clip tourné à Dublin, avec un jeune voisin de Chatten, et qui permet au groupe de réaffirmer son identité irlandaise…

En 2017, les Australiens de King Gizzard & The Lizard Wizard s’étaient fixé un fameux challenge: sortir 5 albums au cours de l’année. Challenge réussi: le 30 décembre sortait un cinquième album. Outre le nombre, ce qu’il est important de signaler, c’est que ces albums étaient loin d’être du remplissage. De vraies réussites pour un groupe qui démontrait l’étendue de sa créativité.
Depuis, plus rien. Une année 2018 en mode pause. Compréhensible. Et puis revoici King Gizzard avec un étonnant single de près de 7 minutes: un ovni vaguement rétro, bourré de synthés vintage. Fun et punchy…

A suivre – Orville Peck

Posted: 1st février 2019 by leo in A suivre...

Il est toujours agréable de découvrir un univers musical qui ne ressemble à aucun autre. Celui d’Orville Peck, qui a été signé par Sub Pop fin 2018 et sortira un premier album en mars, est de ceux-là.
Un look étrange et énigmatique: chapeau de cowboy, chemise brodée, masque à lanières désuet comme les bandits de westerns d’antan. Sans origine fixe avouée, il a parcouru le continent nord américain avec divers groupes.
Le son: une base nourrie de Country, à laquelle Peck donne une dimension nouvelle…Une voix particulière, quelque part du côté de Johnny Cash et de Roy Orbison, désabusée, des ambiances cinématographiques; On pense à David Lynch: c’est une des références de Peck.
Il raconte une Amérique profonde -le Nevada dans son récent single-, un univers en marge, évoque ses amours passées « avec un biker distant, un boxer abusif, et un geôlier trop protecteur »…
Orville Peck sort de l’ordinaire, et devrait faire son chemin dans le monde musical. A découvrir, en tous cas…