Petite apparition de Noah & The Whale dans les fils d’infos: pas de reformation pour ce groupe dont la fin de parcours, effective depuis 2013, avait été actée officiellement en 2015, mais la ressortie en format vinyl des deux premiers albums, « Peaceful, the World Lays Me Down », et «  »The First Days Of Spring »…Une réédition qui permet de rappeler le parcours estimable et discret (quatre albums, une dizaine de singles) pour ce groupe que l’on range dans la catégorie Indie Folk. Il est né autour de Charlie Fink en 2006. Avec notamment Laura Marling qui le quittera peu après la parution du premier album pour se lancer dans une carrière solo. Charlie Fink est l’organisateur de Noah & The Whale. Il s’occupe aussi du chant et de la guitare. Parfois d’un ukulélé. Les instruments inhabituels jouent un rôle important dans le son du groupe: violon, trompette, clavecin,…

Le résultat est une pop aérienne, rêveuse, atmosphérique, parfois optimiste, parfois mélancolique. Les musiciens viennent de la banlieue sud de Londres. Ils débutent en 2006. Quelques singles autoproduits attirent l’attention d’un label important, Vertigo. Un premier album sort au cours de l’été 2008. Salué par la critique. Mais aussi par le public: il atteint la 5ème place du top Uk. Le single « Five Years Time », déjà sorti auparavant et réédité, est 7ème côté singles.  La machine est lancée, trois autres albums intelligemment créatifs paraîtront, en 2009,  2011 et 2013. Des changements ponctuels au niveau des membres, mais une constante: Charlie Fink qui a toujours mené un projet musical qu’il lui arrivait aussi d’illustrer par de petits films..

En 2015, Fink annonçait officiellement la fin du projet. Les musiciens se sont éparpillés vers d’autres horizons. Charlie Fink, lui, a sorti un premier album solo en 2017, parallèlement à des activités de producteur (Laura Marling, Charlotte Gainsbourg,…) et à l’écriture de la musique d’un spectacle théâtral…

 

The Breeders – Un nouvel album…

Posted: 20th mars 2018 by leo in 90s, Rayon "frais"

Un nouvel album pour les Breeders, dix ans après le précédent. Et cette fois, c’est le line-up de l’album phare du groupe qui est aux commandes: les soeurs Deal, Josephine Wiggs et Jim McPherson…

Retour en arrière:  Le début du parcours des Breeders  remonte à 1988, quand deux jeunes femmes décident d’associer leurs talents au sein d’un même groupe. Kim Deal fait partie des Pixies, Tanya Donelly des Throwing Muses. Elles se connaissent déjà : leurs groupes font partie du même label, 4AD. Et ils viennent de terminer une tournée commune. Ils sont en mode « pause ». Deal et Donelly en profitent pour monter ce projet parallèle, qui leur permet de s’exprimer plus librement qu’au sein de leurs groupes respectifs. Elles s’entourent d’autres musiciennes, se produisent en live, et présentent une démo à 4AD. Et c’est le chemin qui s’ouvre vers la parution, au printemps 1990, d’un album, « Pod », produit par Steve Albini, qui a déjà œuvré pour les Pixies. Les critiques sont bonnes, le succès peu spectaculaire. Mais le groupe est lancé, et il est toujours actif. Il connaîtra au fil des années de nombreux changements de personnel, avec pour seule constante la présence de Kim Deal.

Les Breeders se mettent en veilleuse après ce premier Lp, pour laisser la place aux Pixies. Et quand l’activité de ceux-ci se ralentit, en 1992, Deal relance la machine. Sans Donelly qui est partie créer son propre groupe, Belly. Pour la remplacer, Kim Deal fait appel à sa sœur jumelle, Kelly. En 92, The Breeders accompagnent Nirvana en tournée. Et en 1993, au moment où les Pixies cessent leurs activités, le groupe se concentre sur la réalisation d’un album qui cette fois sera une vraie réussite commerciale : « Last Splash », qui inclut le single «  Cannonball », sera disque de platine…

Curieusement, les Breeders ne profitent pas de cette situation. Le groupe se met même en veilleuse. D’autant que Kelly Dean connaît des problèmes judiciaires. Ce qui l’empêche de facto de poursuivre l’aventure…Kim va créer un nouveau groupe, The Amps, avant de reprendre en 1996, la dénomination de Breeders, avec sa sœur et les membres de The Amps. Ces aléas ne favorisent évidemment pas la carrière du groupe Us. Un troisième album studio sort en 1997. Et, malgré d’assez longues éclipses dues notamment au retour aux affaires des Pixies,il a  toujours été plus ou moins actif. Un album sort en 2008,et en 2010 les Breeders sont le groupe central du festival All Tomorrow’s Parties.

En 2012, 4AD ressort pour ses vingt ans l’album « Last Splash ». Pour une tounée, la formule du groupe de l’époque se reforme, à l’exception de Donelly, engagée dans une autre aventure, celle de Belly (en passant, autre revenant de 2018, avec un album annoncé…). C’est le déclic…Scénario classique: le retour sur scène ramène l’envie de créer de nouvelles compositions. On les découvre au fil des concerts. En 2016, on apprend que le groupe est entré en studio. Le résultat vient de sortir, chez 4AD: « All Nerve ». L’énergie est intacte…

 

A suivre – Bodega

Posted: 19th mars 2018 by leo in Non classé

Premier single parfait pour Bodega, jeune groupe de Brooklyn. Bodega navigue entre Art Rock et Postpunk. Avec des références comme Gang of four ou the Fall…le son est percutant, la démarche nourrie d’engagement politique. C’est convaincant. Un premier album sortira en été, sur le même label que Parquet Courts.
Et c’est un membre de ce groupe précisément, Austin Brown, qui produit l’album…

Trois albums, une carrière brève, des succès réels mais jamais spectaculaires, et surtout quelques belles chansons qu’on prend plaisir à réentendre : c’est ainsi que l’on pourrait décrire la carrière de Lloyd Cole & The Commotions…Une carrière qui débute en 1982 quand Lloyd Cole, alors étudiant en Lettres et Philosophie, décide de se lancer dans l’univers musical avec quelques collègues étudiants. Assez rapidement, le groupe attire l’attention du label Polydor, et un premier single « Perfect Skin » sort au printemps 1984. Le titre séduit, on découvre la voix de Lloyd Cole, et son talent de songwriter. De sa période étudiante, il a gardé le goût du texte bien construit et des références culturelles, qu’il s’agisse de cinéma, de littérature ou de musique. « Perfect Skin » atteint le top 30 anglais. Suivent « Forest Fire » et l’album « Rattlesnakes » : l’accueil est positif tant de la part des critiques que du côté du public. « Rattlesnakes », produit par Paul Hardiman (qui a notamment travaillé avec Matt Johnson pour « Soul Mining »), atteint la 13ème place du top Uk.

Les Commotions ont prouvé qu’ils avaient du potentiel, et Polydor veut accentuer l’impact du groupe en lui attribuant pour le second album un duo de producteurs en vogue, Clive Langer et Alan Wistanley. Ils ont travaillé pour Costello et Madness. « Easy Pieces » sort en novembre 1985 et connaît une belle réussite : il entre dans le top albums en 5ème position. Les singles « Brand New Friend » et « Lost Week End » confirment la qualité des compositions de Cole, et se classent tous les deux dans le top 20.

Il faut attendre deux ans pour découvrir le lp suivant : la mise en chantier a été difficile. A commencer par le choix d’un producteur. Stewart Copeland (Police) a mené le jeu dans un premier temps, avant que le choix définitif ne se porte sur Ian Stanley (Tears For Fears).  « Main stream » atteint une honorable 9ème place dans le classement des albums, mais seul « Jennifer She Said » s’en tire en single (top 31).  

Cette baisse de régime annonce la fin du parcours du groupe : ce sera en 1989. Lloyd Cole quitte l’Angleterre pour les Etats-Unis. Pour une carrière solo qui se poursuit, assez discrètement. Avec un registre différent: plus intimiste, plus acoustique. Depuis 1990, il a sorti 16 albums studios. A noter cependant qu’en 2013, Lloyd Cole a renoué, le temps d’un album, « Standards », avec l’univers plus rock, plus électrique, de ses premières productions. Un album publié par le label allemand Tapete…Cole, qui vit toujours aux USA, et est toujours actif sur la scène, où il propose des titres de ses périodes « Commotions » et solo, la plupart du temps dans des versions acoustiques, tendance Folk. Et s’il n’a plus autour de lui les Commotions, il s’est trouvé un nouveau partenaire de scène, son fils William…

A suivre – Fontaines DC

Posted: 11th mars 2018 by leo in A suivre...

De jeunes Dublinois, un son percutant, une énergie intense, un belle personnalité…Ca rappelle quelque chose, ça, mais on n’est pas au début des 80’s, on est bel et bien en 2018, et ces jeunes Irlandais se présentent sous le nom de Fontaines DC. Et c’est certain, ils font partie des gens « à suivre ». Vu la qualité des premiers singles qu’ils ont déjà publiés, il serait étonnant qu’ils ne fassent pas largement parler d’eux au cours des prochains mois…

Le groupe se caractérise par son énergie, nourrie de Garage, de Punk, portée par la voix efficace de Grian Chatten, entre parties chantées et parlées…Quelques singles, des scènes en Irlande mais aussi à Londres et en Espagne (bientôt aussi le Botanique à Bruxelles), une première partie remarquée pour Franz Ferdinand, l’appréciation positive d’une voix qui compte au Royaume Uni en matière de Rock, celle de Steve Lamacq de la BBC: les indicateurs sont au vert pour que l’aventure prenne de l’ampleur…Donc: groupe « à suivre »…

Il y a presque 50 ans, fin octobre 1968, le groupeMC5 enregistre à Detroit un album qui restera comme un élément clé de l’histoire du Rock, « Kick Out The Jams ». Un brûlot enregistré en live. Cet album cinglant, énervé, provocateur, apparaît en effet comme un disque précurseur de la future vague punk. 50 ans plus tard, le groupe, ou plutôt les survivants de cette aventure, vont se lancer dans une tournée anniversaire, sous le nom de MC50. Le guitariste Wayne Kramer et le bassiste Dennis Thompson seront pour l’occasion entourés de musiciens qui reconnaissent en MC5 une influence marquante de leur parcours. Seront notamment de la partie Kim Thayl de Soundgarden et Brendan Canty de Fugazi…

Retour en arrière, au milieu des 60s. L’univers rock change, les musiciens explorent de nouveaux sons, le phénomène Underground prend de plus en plus d’importance. Deux jeunes étudiants de Detroit, Wayne Kramer et Fred Sonic Smith (futur époux de Patti Smith) créent MC5. Un groupe qui rapidement va se distinguer par l’énergie débridée de ses concerts. Et attirer l’attention de John Sinclair, activiste de la mouvance Hippie, et créateur des White Panthers, un mouvement contestataire dont les mots d’ordre pourraient se résumer à « sex, drugs and rock »…Avec Sinclair, le MC5 sort deux singles en 1967 et 1968, et multiplient les concerts souvent houleux. La singularité du groupe, son impact, éveillent l’intérêt du label Elektra: en octobre, l’album « Kick Out The Jams » est enregistré dans les conditions du live, pour rendre compte de l’énergie scénique du groupe. Sa sortie en février 69 ne passe pas inaperçue. Il y a les fans. Il y a aussi ceux qui n’aiment pas du tout: des radios boycottent le disque…MC5 n’arrivera pas à « capitaliser » l’impact de ce premier album. Entre consommation excessive de drogues, concerts chaotiques, annulations, tensions entre les membres et désaccord avec le label Elektra, le parcours de MC5 sera bref. Deux albums sortiront encore avant la dissolution du groupe, en 1972…

Bref parcours, donc, et notoriété assez modeste. Ca va changer quand des acteurs de la scène punk des 70s pointeront MC5 comme groupe précurseur de leur démarche, au même titre que les Stooges d’Iggy Pop (apparus à la même époque, dans la même région de detroit) ou les New York Dolls de Johansen…Au début des années 2000, les membres survivants de MC5 reprennent le chemin de la scène. Pour combler les « absences » -Rob Tyner est décédé en 1991, Fred Sonic Smith « n 1994- Kramer, Thompson et Michael Davis sont entourés de prestigieuses guest stars: Lemmy de Motorhead, Ian Asbury de The Cult, Dave Vanian des Damned. Depuis lors, Davis est mort à son tour…

Au moment de reprendre la route pour cette tournée anniversaire, sous la dénomination de MC50, Kramer évoque son envie de musique toujours vive, et sa position d’opposition à l’establishment intacte. Et il évoque les similitudes entre 1968 et 2018: un régime corrompu au pouvoir aux USA, une guerre lointaine interminable, et une violence incontrôlable dans le pays, cette description vaut pour les deux périodes…

 

A la toute fin des 70s, les projets passionnants se bousculent, entre vague punk et arrivée d’une « new wave ». Ca part dans tous les sens, tout semble permis pour une scène musicale qui se réinvente. Parmi tous ces projets, celui de jeunes Londoniens, The Monochrome Set. Une attitude détachée, volontiers excentrique, ironique, un son simple mais élaboré: le groupe, créé en 1978  par « Bid » Ganesh Seshadri, attire assez rapidement l’attention, de Rough Records, d’abord, puis de Dindisc qui en 1980 publiera les deux premiers albums du groupe. Le premier, « Strange Boutique » (un titre qui représente assez bien la démarche du groupe), atteint la 60ème place du top UK. Pas de succès commercial, donc, mais très vite une allure de groupe culte. Après deux albums sortis chez Cherry Red/Blanco Y Negro, le groupe décide de mettre un terme à son parcours en 1985…

Fausse sortie, vraie rentrée: le groupe connaîtra une succession de périodes d’activité et d’éclipse. En 1990, remis en selle à l’initiative d’un label japonais, The Monochrome Set entame une deuxième carrière. Nouvelle « fin » en 1998. Jusqu’a des retrouvailles suscitées par une participation à un concert pour le 30ème anniversaire de Cherry Red. La machine va à nouveau redémarrer. Elle est toujours en marche. Et bien rodée: cinq albums sont sortis depuis 2012, le dernier il y a quelques jours. Et on constate avec plaisir que le songwriting, et le chant, de Bid, n’ont rien perdu de leurs qualités…C’est sur le fort actif label allemand Tapete que les Londoniens ont trouvé refuge. Tapete qui a accompagné la sortie du nouvel album, « Maisieworld », de la sortie d’un coffret, « 1979§1985: The Complete Recordings ».  Une occasion de découvrir les premières productions du groupe. Un box qui succède à une dizaines de compilations parues au fil des années: signe que le groupe, même s’il n’a jamais connu un énorme succès, a toujours suscité un bel intérêt…

Nombreux sont les groupes qui ont profité des portes ouvertes par le mouvement punk pour se faufiler et se ménager une place dans le paysage musical. The Cars fait partie de ceux là. Les américains n’ont pas le profil d’un pur groupe punk. Ils ont un passé musical, court mais formateur, leur musique est moins basique, et se révèlera même au fil de leur parcours de plus en plus élaborée, laissant une belle place aux claviers.

Mais en 1977, ils sont d’autant plus associés à la vague punk qu’ils appraissent comme des nouveaux arrivants –condition essentielle pour un groupe punk- , que leur musique est tendue, que  leur nom est cinglant, avec l’habituel article « The »…Donc les Cars bénéficieront de la curiosité positive qui accueille les groupes de cette « nouvelle vague »…

En fait, Ric Ocasek (chant, guitare) et Benjamin Orr (chant, basse) ont participé à divers projets dans la région de Boston dès le milieu des 70s. Ils créent The Cars en 1976, avec Greg Hawkes aux claviers, et David Robinson à la batterie. Le groupe se constitue un répertoire qu’ils proposent à l’occasion de nombreux concerts. Une démo de « Just What I Needed » éveille l’intérêt d’un animateur  radio qui passe régulièrement le titre et le fait connaître. Ce qui attire l’attention du label Elektra : le groupe est signé et le morceau devient leur premier single. Ce morceau efficace séduit d’emblée le public : il entre dans le top 20 aussi bien aux Usa qu’en Angleterre…Belle rampe de lancement pour un premier album couronné de succès. Dont seront extraits « My Best Friend’s Girl », top 3 UK, et « Good Times Roll ». Un nouvel album sort dans la foulée, “Candy-O”. Avec en 1979 les singles “Let’s Go” et “It’s All I Can Do”.

A partir du troisième Lp, les Cars proposent un répertoire plus élaboré, moins rude. L’impact du groupe marque le pas. Mais les choses redémarrent de plus belle en 1982 avec « Shake It Up » dont est extrait le single « Since You’re Gone ». L’album se classe 14ème dans le Billboard.

S’ensuit une longue tournée puis, curieusement, les Cars ne profitent pas de leur avantage et font une pause. Ils se consacrent à des projets personnels. Jusqu’en 1984, quand sort « Heartbeat City ». Leur plus grand succès commercial. Les singles se succèdent dans les charts : « You Might Think » (sacré meilleur clip de l’année pour MTV), « Magic » (top 12 Us), « Hello Again », et « Drive » (3ème aux Usa, 4ème du top Uk). Le groupe est à l’affiche –c’est une sorte de consécration- du  Live Aid en 1985,  un best of paraît…Et de nouveau, assez bizarrement, le groupe fait un break alors qu’il est enfin entré dans « la cour des grands »…Un sixième album sort en 1987. Mais l’enthousiasme du public est retombé, il n’obtient qu’un succès réel mais modeste, sans rapport avec « Heartbeat City ». En février 1988, le groupe tire sa révérence. La suite, ce seront des projets solos, des périodes de silence complet, une formule « The New Cars » réunissant deux anciens membres et Todd Rundgren, et de régulières rumeurs de reformation. De fait les Cars se retrouveront en 2010,l e temps d’un album. Sans leur claviériste, disparu entretemps…

Depuis 2011, et la fin de la tournée accompagnant la sortie de ce nouvel album, plus de nouvelles jusqu’à ces derniers jours. On vient en effet d’apprendre qu’à l’occasion de l’entrée du groupe dans le Rock’n Roll Hall Of Fame, Rhino Records ressort, en versions augmentée, deux albums phares de sa discographie, « Shake It Up » et « Heartbeat City ». Au menu, version remastérisée des albums, et, dans les deux cas, une série de titres bonus, des démos, des versions différentes…La sortie des albums est annoncée pour le 30 mars. En avant-garde est arrivée une version démo de « Drive ». Autre info intéressante, au conditionnel: le groupe pourrait se produire lors de la cérémonie du Hall Of Fame…

 

U2 – War, février 1983: le déclic…

Posted: 28th février 2018 by leo in Non classé

« War » est le troisième album de U2, après « Boy » et « October ». Et comme c’est souvent le cas, le cap du troisième album est une étape importante pour le groupe, qui gagne en maturité et en succès public. L’album, produit comme les précédents par Steve Lillywhite, est musicalement plus élaboré, plus aventureux. The Edge affine son jeu. Et les thèmes abordés sont plus graves, marqués par le contexte et l’actualité: Bono évoque la situation en Irlande du Nord (« Sunday Bloody Sunday » évoque un épisode dramatique remontant à 1972), en Pologne (« New Year’s Day » fait référence au combat mené par Lech Walesa et le syndicat Solidarnosc), la prolifération des armes nucléaires ( « Seconds », en 1983 on est encore en pleine confrontation entre les deux blocs, américain et soviétique),…

Et malgré ces thématiques parfois sombres, « War » rencontre enfin un succès commercial important. C’est le premier album de U2 qui atteint le n°1 du top Uk. Le succès est international: dans le Billboard Us, l’album atteint la douzième place. Et le groupe irlandais reçoit un accueil favorable dans de nombreux pays européens. Même réussite pour les singles « Sunday Bloody Sunday » et « New Year’s Day ». Ce dernier atteint le top 10 Uk. 

U2 se démarque clairement de la production ambiante: son style (guitares en avant, batterie « réelle ») est aux antipodes de la synthé-pop qui fait les beaux jours de la période New Wave. Pour la petite histoire, signalons que le garçon sur la pochette est celui qui se trouvait déjà sur celle du premier Lp, « Boy ». Il s’agit de Peter Rowen, frère d’un ami de Bono, photographié par Anton Corbijn. Peter Rowen qui est devenu lui-même photographe. 

Cet album charnière place définitivement U2 sur le devant de la scène musicale, et annonce les aventures suivantes du groupe, à commencer par le Lp « The Unforgettable Fire » et les suivants, de plus en plus audacieux…Trente cinq ans plus tard, U2 est toujours un groupe qui compte…

 

David Essex – Rock On…

Posted: 25th février 2018 by leo in 70s

1973 : un titre au son inhabituel, dans les charts. « Rock On », de David Essex…Une voix plus récitative que chantante, retravaillée, avec réverbérations, sur un accompagnement minimaliste. A la production Jeff Wayne, qui s’occupe aussi d’un synthétiseur Moog…Quand on l’écoute dans l’absolu, ce morceau semble fort proche de créations post-Punk, comme celles d’Alan Vega et Suicide. Et pourtant on n’est qu’en 1973. Et si le titre surprend, il séduit aussi : il atteint la tête du top Uk, et traverse la Manche et l’Atlantique. Succès international donc pour un artiste jusque là plutôt discret. Il est dans le milieu musical depuis une dizaine d’années : David Essex n’a que 18 ans quand il sort un premier single en 1965. Malgré des essais renouvelés, il n’arrive pas à s’imposer et se tourne vers le métier de comédien. En 1971, il joue dans la comédie musicale « Godspel », et en 1973 dans le film « That’ll Be The Day », un film nostalgique (déjà…) consacré aux 60s dans lequel il côtoie Ringo Starr et Keith Moon. Le film marche et, avec le titre « Rock On » amène enfin Essex dans l’actualité musicale.

David Essex en profite pour en revenir à ses premières ambitions, devenir « popstar ». Après deux albums et quelques singles, son succès va se cantonner à la Grande Bretagne. Mais il sera important : le chanteur joue de son physique et génère une de ces « Mania » dont l’Angleterre a le secret en ces années là (Bolan, The Osmonds, Bay City Rollers, David Cassidy,…). Beaucoup de succès du côté d’un public jeune, et surtout féminin, et un répertoire qui a tendance à devenir désuet…L’Esssexmania retombera rapidement, mais le chanteur poursuivra une carrière partagée entre musique et métier d’acteur. Il est toujours bien actif…Mais plus rien à voir avec le succès de cette première moitié des 70s…Le bonhomme a manifestement gardé son dynamisme malgré le poids des ans…