Un album…Janvier 1983, « Duck Rock », Malcolm Mc Laren.
Un personnage pas banal, et un album inclassable, et passionnant…Mc Laren, né en 1946, mort en 2010, est une figure étonnante du monde musical des 70s et 80s. Au départ il est styliste de mode. Avec sa compagne la célèbre créatrice anglaise Vivien Westwood, il gère différents magasins branchés. C’est dans le cadre de cette activité dans le domaine du vêtement qu’il rencontre en 1972 aux Usa les New York Dolls de David Johansen, un groupe Glam Rock excessif et provocateur, qu’on considère comme un des précurseurs du mouvement Punk de la fin des 70s en Angleterre. Mc Laren manage le groupe. Ensuite il reste dans le même contexte Punk en « créant » les Sex Pistols, autour du jeune John Lydon, mieux connu en tant que Johnny Rotten.
Mc Laren possède un sens aigu de la communication, de la publicité, et surtout de la provocation. Ce qui est logique vu son parcours: il a été un étudiant activiste, à la fin des 60s, adepte du situationnisme, consistant à mener des actions spectaculaires et dérangeantes pour remettre le « système » en question de l’intérieur. Comme manager des Pistols, il va s’en donner à coeur joie. Et en même temps, pourquoi pas, créer un mouvement de mode qui correspond aux créations de Vivien Westwood…Un pragmatisme qu’il poussera à l’extrème avec les Bow Wow Wow, groupe taillé sur mesure pour servir de « vitrine » aux créations de la styliste.Cette mode punk, tribale, connaît un succès international.
Par la suite, Mc Laren va se mettre en scène lui-même avec cet album « Duck Rock », en 1983. Avec son flair ,et son talent pour deviner les tendances, il réalise un album qui fait découvrir au grand public le Hip Hop, la technique du Scratch et le métissage musical. Il précède une vague qui amènera sur le devant de la scène des gens comme Johnny Clegg, Mory Kante, Youssouf N’Dour,…Il fait découvrir la musique sud-africaine à laquelle Paul Simon consacrera plus tard lui aussi un album.
Il fait appel à du beau monde: la production est signée Trevor Horn (Buggles, Yes, Frankie Goes To Hollywood, Ztt), Anne Dudley et Thomas Dolby sont aux claviers, et la caution Hip Hop est fournie par un célèbre duo de Djs new-yorkais, le World Supreme Team.
Cet album ,improbable en théorie ,va connaître un succès important, de même que les singles, remixes et EP qui en sont tirés. Mais l’expérience sera sans suite. On retrouvera encore Mc Laren, mais sa réalisation suivante sera un étrange cocktail de dance-pop cool et d’opéra, « Waltz Darling »…

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