Un 18ème album pour The Brian Jonestown Massacre, et pourtant un album dont le titre est le seul nom du groupe. Un peu comme un premier disque. Et pourtant, cette nouvelle production n’est qu’une nouvelle étape dans un parcours déjà bien fourni. 

 BJM n’est pas un nouveau venu: ce projet mené essentiellement par Anton Newcombe est né à la toute fin des 80s, à San Francisco. Et a derrière lui un cheminement pour le moins chaotique. Changeant sans cesse de line up (une soixantaine de personnes y sont passées à un moment ou l’autre), tributaire de l’état d’esprit de l’insaisissable Newcome, BJM s’est forgé une solide réputation  de groupe résolument indépendant, volontiers provocateur, imprévisible et multipliant les expériences et les influences, mêlant Psyché, Shoegaze, Blues, Folk, Krautrock, introduisant progressivement les sonorités électroniques dans son registre…Autre particularité: BJM est prolifique et a au cours des dix premières années de sa carrière, entre 1993 et 2003, sorti 11 albums, dont 3 pour la seule année ’96…Depuis le début des 2000s, le rythme s’est ralenti, Newcombe semble s’être lui-même apaisé…Il est sorti d’un dangereux processus d’autodestruction, et  s’est installé à Berlin. C’est là qu’il a peaufiné la réalisation du brillant « Revelation » en 2014.  L’homme s’est assagi, mais n’a rien perdu de sa capacité d’écriture. Depuis son installation à Berlin, il a sorti un album chaque année, et multiplié les collaborations avec d’autres artistes. Il a ainsi travaillé sur le très bel album de Tess Parks, et collaboré avec les Français de Liminanas. Il a aussi consacré un disque au cinéma français de l’époque Nouvelle Vague, avec comme invitées SoKo et Asia Argento.

Le 18ème album qui vient de sortir ne surprendra pas les amateurs de BJM: Newcombe y développe le style qui est sa marque de fabrique, et c’est brillant et envoûtant…