Alvin Stardust – Glam Rock’n Roll…

Posted: 8th mars 2019 by leo in Non classé

1973 : Bernard William Jewry goûte enfin au succès. Un succès relativement éphémère, mais spectaculaire. C’est sur lui que Peter Shelley (rien à voir avec celui des Buzzcocks) porte son choix pour donner  vie au titre qu’il vient d’écrire : « My Coo Ca Choo ». Shelley est présent depuis près de 10 ans dans le paysage musical britannique: songwriter, producteur, chanteur et musicien, il a aussi oeuvré comme découvreur de talents pour Decca: ses « trouvailles »: Amen Corner, ten Years After, les futurs King Crimson. Il vient de quitter Decca pour créer son propre label, Magnet. Et écrit « My Coo Cachoo », qu’il interprète lui-même, sous le pseudonyme d’Alvin Stardust. Mais quand il s’avère, très rapidement, que le single sera un succès, il décide de « déléguer » le rôle de figure de proue. Shelley est un homme qui se sent plus à l’aise en coulisses. Il choisit  Jewry qui va donc se présenter sous l’identité d’Alvin Stardust. Ce n’est pas son premier avatar : au début de la décennie précédente, il s’appelait Shane Fenton….

Un petit retour en arrière s’impose. 1961 : un jeune groupe, Shane Fenton & The Fentones est remarqué et sélectionné pour une audition. Le chanteur, Shane Fenton alias John Theackstone, décède. Sa mère encourage le groupe à quand même saisir sa chance, en demandant, en mémoire de son fils, que soit maintenu le pseudo de Shane Fenton. Il faut donc un « nouveau Shane Fenton » : ce sera un membre de l’entourage du groupe, Bernard Jewry. Pratiquant un Rock gentillet, dans la mouvance des Shadows, des Everly Brothers, les Fentones enregistrent quelques succès modestes avant de jeter l’éponge en 1963. Jewry poursuit en solo une carrière plus que modeste. Jusqu’à sa rencontre avec Shelley. Il devient Alvin Stardust et propose un personnage inhabituel sur la scène Glam alors triomphante. A l’opposé d’artistes au look souvent décadent, androgyne, Jewry/Stardust campe une sorte de rocker un peu anachronique : coiffure héritée des 50s, veste de cuir, allure sévère, il propose une rencontre entre un Rock’n Roll dans la lignée des Fentones et un habillage Glam, notamment au niveau des percussions. Par certains aspects, il est proche d’une des stars du mouvement, Gary Glitter. Lui aussi rocker « glamourisé ».

« My Coo Ca Choo », morceau simple et percutant, connaît un succès immédiat. En Angleterre, mais aussi sur le Continent. La collaboration avec Peter Shelley continuera, le temps de quelques titres, à s’avérer payante. Puis l’engouement du public s’estompe. La vague Glam retombe, ses acteurs s’effacent souvent. Stardust continue lui un parcours discret. Une seule exception : le succès de « Pretend » au début des 80s, quand il signe chez Stiff Records. Jusqu’à sa disparition, en 2014,, Jewry/Fenton/Stardust poursuivait une honorable carrière consacrée au revival Rock’n Roll, en bénéficiant d’une notoriété que lui assurait « My Coo Ca Choo ». On le voyait aussi à la télévision, comme acteur. 

De son côté, Shelley a connu, avec Magnet Records, de nouvelles belles réussites, avec des artistes aussi différents que Silver Convention (Soul Disco), Bad Manners (Ska), Matchbox (Revival Rockabilly) Chris Rea et Kissing The Pink (New Wave). En tant qu’artiste solo, il n’a guère eu de succès, mais a créé un personnage animé, Robotman, qui a eu son heure de gloire sur le petit écran aux USA…