A l’entame de cette année 2019, petit regard en arrière sur quelques groupes qui ont été de belles découvertes en ’18, et qu’on aimerait voir confirmer en ’19. Côté premiers albums, il y a eu ceux des Parcels, Vryll Society, Cabbage, Boy Azooga. De ceux-là, il avait déjà été question, et il s’agissait plus de confirmations que de découvertes. D’autant que The Vryll Society et les Parcels ont mis le temps pour arriver au stade de l’album. Pour Bodega, jeune groupe de Brooklyn, ça a été nettement plus rapide. On les découvre en mars avec un premier single plus que réussi, morceau énervé entre Postpunk et Art Rock. Les New Yorkais, qui citent parmi leurs références Gang Of Four et The Fall sortent dès l’été un premier album sur le label de Parquet Courts…De l’autre côté de l’Atlantique, on retrouve la même énergie, et le même sens de l’engagement social -un élément commun à de nombreux jeunes projets, et c’est réjouissant- chez les Dublinois de Fontaines DC. Quelques singles percutants, une première partie pour Franz Ferdinand, l’intérêt des critiques: la voix de Grian Chatten, mêlant parties parlées et chantées, a fait mouche. Et le groupe sera cette année à l’Eurosonic…

Quelques singles, et une belle personnalité à faire valoir, ce sont les atouts de Fling, jeune groupe né en 2017 dans le centre de l’Angleterre, à Bradford. Le groupe se qualifie de « wonky », dingo ou bancal. Et teinte effectivement son mélange de Psyche et de Glam de pas mal de fantaisie. Et des vidéos à l’avenant. Ils a été signé par le label Dance To The Radio (Pigeon Detectives,…).

Du côté de Liverpool, on a découvert The Jjohns, un groupe qui se revendique du Mersey Sound. En particulier de la génération de Cast et des La’s. Au menu, du punch, un beau sens harmonique, et côté vocal, le phrasé particulier de Dom Dunning. Le groupe a assuré des premières parties pour Circa Waves et Trampolene. 

Une reprise déjantée d’un classique de Nancy Sinatra, tout en rythmiques tribales, genre Cramps ou Adam Ant: c’est original et suffisamment séduisant pour qu’on se penche sur le cas de ce nouveau projet dénommé Nancy. Derrière celui-ci, un jeune Anglais qui ne se présente pas à visage découvert, et qui met en oeuvre tout un univers artistique: musical, bien entendu, mais aussi graphique. Il produit tout lui-même, musiques, visuels, vidéos. Quelques mots pour cerner cet univers: punk, pop, psyche, cabaret, dérision…Le premier ep a éveillé l’attention et 2019 s’annonce bien: Nancy est pointé « à suivre » pour 2019 par plusieurs médias (BBC6, X, DIY), et devrait figurer à l’affiche du SXSW.

Autre individualité hors du commun: derrière le pseudo Cola Boyy, et un single bourré de groove, on découvre Matthew Urango, un jeune Californien, aux origines multi-ethniques, âgé de 28 ans. Un look et une voix particuliers: il a souffert, enfant, d’un grave handicap. Il a du être amputé d’une jambe…
Ce qui ne l’a pas empêché de se lancer dans une aventure musicale.
Dans un groupe punk d’abord, avant d’élargir sa palette, et de se passionner pour le Disco-Funk des 70’s. Celui de l’époque Studio 54, avec comme références les mythiques Ghetto Boys (un seul album, en 1972) et Chic. Côté références contemporaines, il cite Jamiroquai. Et puis il y a Marc De Marco et MGMT, avec lesquels il tourne.
Un mélange de Disco, de Rock, de Psyche, une voix particulière, un sens instinctif du Groove: un personnage  à suivre. Un premier Ep, « Black Boogie Neon » est sorti en ’18. Un album devrait suivre en 2019…