The Move – A cheval sur deux époques…

Posted: 11th octobre 2018 by leo in 60s, 70s, Non classé

Un petit tour du côté des 60’s, plus précisément la période de transition entre cette décennie et la suivante, avec The Move: un groupe originaire des Midlands, qui a connu une carrière ponctuée de succès significatifs concentrés sur une période assez courte. Neuf singles dans le top 20 en cinq ans pour The Move. Avec des espoirs, rapidement déçus, de conquête du marché américain…

Retour au milieu des 60s. La cité de Birmingham connaît une effervescence musicale remarquable. On parle de Brumbeat comme on avait parlé de Merseybeat pour Liverpool. Les groupes se multiplient, et connaissent la plupart du temps de bien brèves carrières. Quelques musiciens, ambitionnant un parcours plus solide, se réunissent pour créer en 1966 The Move : Roy Wood en est le songwriter attitré, Carl Wayne la voix, Trevor Burton s’occupe de la guitare, Ace Hifford de la basse, et Bev Bevan de la batterie. A noter que ces cinq musiciens déjà expérimentés sont capables d’assurer les vocaux et de changer d’instrument. Un groupe solide, donc, qui s’installe à Londres et qui va rapidement imposer sa personnalité et son Rock énergique. D’autant que le manager de ses débuts, John Secunda,  travaille d’une manière qui annonce celle, plus tard, de Malcolm MacLaren : faire parler de soi, en bien en mal, être présent dans les médias. Et The Move va donc se comporter de manière « spectaculaire » en live (un peu comme les Who), provoquer des scandales (une pochette qui lui vaut des ennuis judiciaires avec le premier ministre), et flirter avec la censure…Ajoutons à cela les textes ambigus  de Wood…

Et ça fonctionne : le premier single, « Night Of Fear », en décembre 1966, atteint la deuxième place du top anglais. Et ce succès se confirme au fil des mois. En 1968 sort un premier album. Une déception : The Move tente sans succès de se faire un nom aux Usa. Une tournée en première partie des Stooges ne donne rien de positif.                                                                                                                 Progressivement, le groupe s’est inséré dans la vague Psyché en vogue : il participe au premier festival Underground, en compagnie de Pink Floyd et Soft Machine.

Et insensiblement aussi, sa musique a évolué, devenant plus ambitieuse, élaborée, une direction prise par le compositeur attitré, Roy Wood. Et qui n’est pas partagée par d’autres membres du groupe. 1969 et 1970 sont deux années marquées par des changements de line up. Et en particulier par l’arrivée d’un autre ancien du Brumbeat, Jeff Lyne. Ce glissement vers un Rock Progressif, avec des instrumentations plus sophistiquées et un son moins rugueux, perceptible dès le deuxième album en 1970, préfigure la naissance d’Electric Light Orchestra. Un dernier album de The Move sort en 1971, suivi d’un EP d’adieu, « California Man », dernier succès du groupe en 1972. Dans le même temps, Wood et Lynne sortent un premier album sous le nom d’ELO en 1971. Une histoire s’achève, une autre débute. Et cette fois, le succès américain sera au bout. Sans Roy Wood qui quittera ELO après le premier Lp. Et s’engagera plein pot dans la vague Glam naissante avec Wizzard…