Un petit retour en arrière dans le temps. Histoire de s’offrir quelques effluves du passé musical. Et de jouer à imaginer ce dont il aurait été question sur Each Day a Song. Mai 1978: la tempête punk est passée. Dommage, c’était tonique. Mais le meilleur reste à venir: nombreux sont ceux qui vont après ce coup de tonnerre essayer d’ imaginer un nouveau langage rock…

Les anciens ont plutôt bien résisté: les « classiques » sont toujours présents dans l’actualité: Thin Lizzy, Fleetwood Mac, Rainbow, Blue Oyster Cult, Alan Parsons,…Mieux: McCartney et Wings, réduit à un trio, vient de connaître un tube phénoménal avec « Mull Of Kyntire ». Il prolonge avec l’album « London Town » et « With A Little Luck »…Autre « dinosaure », Genesis occupe triplement l’actualité musicale. Steve Hackett fidèle au son du Genesis de la première moitié des 70’s donne un successeur à son premier album solo, tandis que Peter Gabriel, lui aussi sorti du groupe, prépare un second album solo en empruntant une démarche tout à fait opposée, expérimentant avec Robert Fripp de nouvelles sonorités. Les trois membres restant de Genesis sortent ce printemps-là un album fort justement intitulé « And They Were Three… ».

Et les nouveaux venus? En Angleterre, les Buzzcocks illustrent le passage du Punk au Postpunk, avec la sortie de l’album « Another Music, Another Kitchen ». C’est Pete Shelley qui est seul à la barre. L’autre créateur du groupe, Howard Devoto a créé Magazine. Et lui s’apprête à sortir un des plus inventifs albums de l’époque, « Real Life »…Les Stranglers poursuivent dans une veine aventureuse et expérimentale qui faisaient déjà d’eux un groupe tout à fait à part sur la scène punk. Au percutant « Five Minutes » chanté par Burnel succède l’album « Black & White ». Noir et blanc sur son premier album en 1977, l’étonnant Elvis Costello prend de la couleur et de l’assurance avec « This Year’s Model ». 

De l’autre côté de l’Atlantique, Patti Smith sort un album qui est celui d’une artiste qui a gagné en sérénité. Un disque plus commercialement accessible que les deux premiers. En particulier, le titre co-écrit avec Springsteen, « Because The Night », est un réel succès. Beau succès aussi en ce printemps ’78 pour le « Denis » de Blondie. Une reprise d’un vieux titre de 1963. Debbie Harry et ses compères ont bénéficié de la brèche ouverte par l’épisode punk pour se faire connaître. De la même manière, c’est ce même contexte d’ouverture qui permet de découvrir Devo, étrange projet iconoclaste. Le groupe existe depuis la moitié de la décennie. Avec un beau coup de pouce de Bowie et d’Iggy Pop, ils décrochent un contrat avec Warner Bros et sortent un premier album produit par Brian Eno. 

Parmi les sujets d’enthousiasme de ce mois de mai’78, le nouvel album de Kraftwerk, « The Man Machine ». Après les succès de « Autobahn », « Radio Activity » et « TEE », le groupe propose un album un peu moins « planant », plus rythmé et dansant: c’est la Synthpop des 80’s qui s’annonce avec cet album. Enfin, Bob Marley. Devenu londonien, il donne un successeur à « Exodus ». « Kaya » sorti en mars permet au Jamaïcain de connaître un succès commercial grandissant. Les fans de la première heure regrettent que le côté engagé laisse une place trop grande à un répertoire simplement divertissant…

Et puis, il y a le Disco qui atteint son pic de popularité, avec la sortie des films « Saturday Night Fever » et « Thank God it’s Friday ». Au milieu des KC & The Sunshine Band, Boney M, Michael Zager et autres, les Bee Gees y retrouvent le chemin du succès avec une étonnante reconversion…