Chaz Jankel – Dans l’ombre de Ian Dury…

Posted: 24th avril 2018 by leo in 70s, 80s

Double parcours pour l’Anglais Chaz Jankel: couronné de succès dans l’ombre de Ian Dury , moins détonnant en solo…Mais dans les deux cas, le même sens aigu pour des compositions efficaces…

C’est un peu après le milieu des 70s que les chemins de Jankel et Dury se croisent. Le second a connu diverses expériences décevantes dans des groupes de Pub Rock londoniens. Il se retire de la scène et se consacre à l’écriture. La rencontre entre les deux hommes va fonctionner de manière étonnante. Le style particulier de Dury, théâtral, excentrique, son écriture particulière, vont se conjuguer avec les compositions calibrées du musicien raffiné qu’est le pianiste, claviériste et guitariste Jankel. De cette collaboration va sortir le titre « Sex, Drugs & Rock’n Roll », sur le tout neuf label Stiff. On est en 1977, année « punk ». Et même si la musique de Ian Dury & The Blockheads n’est pas au sens propre du Punk, l’aspect incontrôlable de Dury, ses prestations déjantées,son allure particulière, due à la polio contactée durant son enfance,  en font un acteur essentiel du mouvement. L’album « New Boots & Panties », et des titres comme « Wake Up & Make Love With Me », « Hit Me With Your Rytm Stick »,…, signés par le duo Dury-Jankel, sont d’énormes succès. L’album suivant en 1979, « Do It Yourself », fonctionne bien, mais marque un recul: il est moins détonnant. Le côté « appliqué » de Jankel semble avoir pris le dessus sur l’excentricité de Dury. D’où une impression de « trop peu ».

Les deux hommes ne sont plus en phase: c’est la séparation, Jankel quitte les Blockheads et va se concentrer sur des projets de carrière solo aux Etats Unis. Sur la base d’une démo du morceau « Ai No Corrida », il est signé par A&M. Le Britannique s’installe aux USA et s’oriente vers un répertoire clairement Dance. Logique quand on sait qu’il cite comme influence prépondérante Sly & The Family Stone…Jusqu’en 1985, il publie plusieurs albums chez A&M. Et des titres intéressants, et efficaces: « Questionnaire », « Glad To Know You », « Number One »,…Et bien entendu « Ai No Corrida », qui fera un beau parcours dans les charts en 1981. Mais dans la version de Quincy Jones. Jankel, lui, ne connait qu’un beau succès d’estime, mais rien de fracassant. En 1985, il est lâché par son label. Et se consacre à la composition de musiques de films. Il retrouvera plus tard Ian Dury, et participera aux deux derniers albums de ce dernier, jusqu’à la disparition de Dury en 2000. Aujourd’hui encore, il fait partie des Blockheads, qui ont continué à tourner, et à sortir des albums après la mort de Ian Dury…

Chaz Jankel n’a jamais non plus interrompu son parcours solo: il a continué, mais de manière (trop) confidentielle, à composer des titres dansants et élaborés. Il s’est aussi, le temps d’un album, essayé au Jazz: une passion que lui a communiquée Ian Dury. Une compilation reprenant ses titres les plus connus est sortie en 2010: « My Occupation »…