A la sortie en janvier dernier du 18ème album des Simple Minds, c’est « New Gold Dream » qu’on a souvent évoqué au petit jeu des parentés musicales…Le 6ème album studio du groupe écossais de Jim Kerr fut en 1982 un moment crucial dans la carrière des Simple Minds, qui transformèrent assez nettement leur style, délaissant la Cold Wave de leurs débuts pour une New Wave beaucoup plus « mainstream ».

Les Minds ont débuté leur parcours en 1978. En 1979, ils sortent un premier Lp, « Life In One Day », qui recueille un beau succès d’estime. Rapidement les écossais deviennent un des représentants majeurs de la Cold Wave, grâce à un chanteur capable de créer des ambiances singulières sur une musique froide et répétitive. Leurs cinq premiers Lps sont de cette veine plutôt expérimentale, exigeante, s’orientant progressivement vers une musique plus dansante. Et en 1982, c’est la surprise: en avril sort le single « Promised You A Miracle ». Le son est somptueux, ambitieux, le morceau est de toute évidence susceptible de rencontrer un large public. et effectivement, ça fonctionne.Le succès se confirme avec « Glittering Prize » en août…Et avec l’album « New Gold Dream 81-82-83-84 », qui devient un des disques emblématiques de la New Wave, avec le « Dare » de Human League et le « Lexicon Of Love » d’ABC : un son élégant, un ton romantique, des clips brillants (ou un peu excessifs, c’est comme on veut), de l’optimisme (le sous-titre 81-82-83-84, qui sonne comme un programme d’investissement…). L’esthétisme New Wave est résumé tout entier dans cet album…

Pour les Simple Minds, c’est le départ d’une carrière de plus en plus fructueuse, jusqu’à la moitié des 90s. Le groupe est devenu  un des ténors d’une New Wave lyrique, « héroïque », aux côtés de U2, Big Country, The Alarm…En 1985, par la grâce d’un titre composé pour la bande originale d’un film à succès « Breakfast Club », « Don’t You », les Minds conquièrent les Etats Unis. Une réussite prolongée pendant plusieurs années, marquée par les participations au Live Aid et au Mandela Day. Les 90s, par contre, marqueront un net recul du groupe, après l’album « Street Fighting Years » et le single « Belfast Child ». Depuis lors, c’est avec une certaine discrétion que sortent des albums proposés par un groupe dont seuls Jim Kerr et Charlies Burchill sont des membres d’origine. Le noyau des Minds est préservé, et, surtout, le groupe continue à proposer de nouvelles choses, là où d’autres ténors de la New Wave ne font plus guère que rentabliser une image et un répertoire qui appartient au passé:  « Pour que l’histoire continue, il faut écrire de nouveaux chapitres. Sinon on se calcifie, on devient son propre musée » estime Jim Kerr. 

Son passé, le groupe l’assume. En 2016, il en a donné une relecture avec l’album « Acoustic ». Et c’est clairement la période des 80’s et de l’album « New Gold Dream » qui a nourri les Simple Minds pendant l’élaboration de l’album « Walk Between Worlds », sorti en janvier dernier, un disque dans lequel passé et présent se répondent…