Il y a presque 50 ans, fin octobre 1968, le groupeMC5 enregistre à Detroit un album qui restera comme un élément clé de l’histoire du Rock, « Kick Out The Jams ». Un brûlot enregistré en live. Cet album cinglant, énervé, provocateur, apparaît en effet comme un disque précurseur de la future vague punk. 50 ans plus tard, le groupe, ou plutôt les survivants de cette aventure, vont se lancer dans une tournée anniversaire, sous le nom de MC50. Le guitariste Wayne Kramer et le bassiste Dennis Thompson seront pour l’occasion entourés de musiciens qui reconnaissent en MC5 une influence marquante de leur parcours. Seront notamment de la partie Kim Thayl de Soundgarden et Brendan Canty de Fugazi…

Retour en arrière, au milieu des 60s. L’univers rock change, les musiciens explorent de nouveaux sons, le phénomène Underground prend de plus en plus d’importance. Deux jeunes étudiants de Detroit, Wayne Kramer et Fred Sonic Smith (futur époux de Patti Smith) créent MC5. Un groupe qui rapidement va se distinguer par l’énergie débridée de ses concerts. Et attirer l’attention de John Sinclair, activiste de la mouvance Hippie, et créateur des White Panthers, un mouvement contestataire dont les mots d’ordre pourraient se résumer à « sex, drugs and rock »…Avec Sinclair, le MC5 sort deux singles en 1967 et 1968, et multiplient les concerts souvent houleux. La singularité du groupe, son impact, éveillent l’intérêt du label Elektra: en octobre, l’album « Kick Out The Jams » est enregistré dans les conditions du live, pour rendre compte de l’énergie scénique du groupe. Sa sortie en février 69 ne passe pas inaperçue. Il y a les fans. Il y a aussi ceux qui n’aiment pas du tout: des radios boycottent le disque…MC5 n’arrivera pas à « capitaliser » l’impact de ce premier album. Entre consommation excessive de drogues, concerts chaotiques, annulations, tensions entre les membres et désaccord avec le label Elektra, le parcours de MC5 sera bref. Deux albums sortiront encore avant la dissolution du groupe, en 1972…

Bref parcours, donc, et notoriété assez modeste. Ca va changer quand des acteurs de la scène punk des 70s pointeront MC5 comme groupe précurseur de leur démarche, au même titre que les Stooges d’Iggy Pop (apparus à la même époque, dans la même région de detroit) ou les New York Dolls de Johansen…Au début des années 2000, les membres survivants de MC5 reprennent le chemin de la scène. Pour combler les « absences » -Rob Tyner est décédé en 1991, Fred Sonic Smith « n 1994- Kramer, Thompson et Michael Davis sont entourés de prestigieuses guest stars: Lemmy de Motorhead, Ian Asbury de The Cult, Dave Vanian des Damned. Depuis lors, Davis est mort à son tour…

Au moment de reprendre la route pour cette tournée anniversaire, sous la dénomination de MC50, Kramer évoque son envie de musique toujours vive, et sa position d’opposition à l’establishment intacte. Et il évoque les similitudes entre 1968 et 2018: un régime corrompu au pouvoir aux USA, une guerre lointaine interminable, et une violence incontrôlable dans le pays, cette description vaut pour les deux périodes…