A la toute fin des 70s, les projets passionnants se bousculent, entre vague punk et arrivée d’une « new wave ». Ca part dans tous les sens, tout semble permis pour une scène musicale qui se réinvente. Parmi tous ces projets, celui de jeunes Londoniens, The Monochrome Set. Une attitude détachée, volontiers excentrique, ironique, un son simple mais élaboré: le groupe, créé en 1978  par « Bid » Ganesh Seshadri, attire assez rapidement l’attention, de Rough Records, d’abord, puis de Dindisc qui en 1980 publiera les deux premiers albums du groupe. Le premier, « Strange Boutique » (un titre qui représente assez bien la démarche du groupe), atteint la 60ème place du top UK. Pas de succès commercial, donc, mais très vite une allure de groupe culte. Après deux albums sortis chez Cherry Red/Blanco Y Negro, le groupe décide de mettre un terme à son parcours en 1985…

Fausse sortie, vraie rentrée: le groupe connaîtra une succession de périodes d’activité et d’éclipse. En 1990, remis en selle à l’initiative d’un label japonais, The Monochrome Set entame une deuxième carrière. Nouvelle « fin » en 1998. Jusqu’a des retrouvailles suscitées par une participation à un concert pour le 30ème anniversaire de Cherry Red. La machine va à nouveau redémarrer. Elle est toujours en marche. Et bien rodée: cinq albums sont sortis depuis 2012, le dernier il y a quelques jours. Et on constate avec plaisir que le songwriting, et le chant, de Bid, n’ont rien perdu de leurs qualités…C’est sur le fort actif label allemand Tapete que les Londoniens ont trouvé refuge. Tapete qui a accompagné la sortie du nouvel album, « Maisieworld », de la sortie d’un coffret, « 1979§1985: The Complete Recordings ».  Une occasion de découvrir les premières productions du groupe. Un box qui succède à une dizaines de compilations parues au fil des années: signe que le groupe, même s’il n’a jamais connu un énorme succès, a toujours suscité un bel intérêt…