Meat Loaf – « Bat Out of Hell », il y a 40 ans…

Posted: 19th décembre 2017 by leo in 70s

Plus de 40 millions d’albums vendus: fameux résultat pour un disque atypique. Et résultat étonnant quand on jette un coup d’oeil sur la gestation du projet…Une idée née de la rencontre de deux musiciens, Meat Loaf, alias Michaël Lee Aday, et Jim Steinman. Le premier est à la fois acteur et musicien: dès la moitié des 60s, il cumule ces deux métiers. Acteur, il connait de beaux succès: « Hair », « The Rocky Horror Show » (au théâtre et au cinéma), le National Lampoon,…Sa carrière de musicien, au contraire, peine à décoller. Malgré une voix remarquable. On retrouve ce Texan à Los Angeles puis New York au début des 70s. C’est là qu’il rencontre Steinman. Ce musicien et songwriter s’est fait une belle place dans l’univers de la comédie musicale. Ensemble, ils commencent à imaginer ce qui deviendra l’album « Bat Out Of Hell » dès 1972. En marge de leurs carrières respectives, et croisées, le projet se construit, les chansons naissent. Mais au moment où les choses semblent assez abouties pour être présentées à des maisons de production, Aday/Loaf et Steinman se heurtent à de nombreux refus. Les labels se montrent frileux devant une création un peu hybride, entre Opera Rock et disque « classique ». La longueur de certains titres effraie: peu radiophonique…C’est finalement une « pointure » de l’époque, Todd Rundgren, qui va sortir le projet de l’ornière: il trouve un label, produit le disque, y joue de la guitare, et y amène des musiciens de son propre groupe, Utopia. S’y ajoutent des membres du E-Street Band, et Edgar Winter au saxophone. Pour la pochette, épique, un grand nom de l’illustration d’Héroïc Fantasy américaine, Richard Corben.

Le disque sort en octobre 1977. Un « ovni »: la voix de Meat Loaf, et sa personnalité d’acteur-chanteur, portent une création grandiloquente, extrème, gothique par certains aspects. Et ça fonctionne directement, d’abord en Angleterre, en Europe et en Australie, puis aux USA, après un passage dans le Saturday Night Live. Ca ne ressemble à rien de ce qui existe: c’était l’objectif de Steinman, qui parle d’un disque « intemporel, hors des tendances ». C’est puissant, et ça séduit: les chiffres de vente montent rapidement. Un engouement qui n’est pas que passager: l’album va être au nombre de ceux qui restent le plus longtemps dans les charts (comme par exemple le « Rumours » de Fleetwood Mac)…Une réussite qui ne se prolongera pas. La cohésion du duo s’effrite: Steinman accepte mal que l’album sorte sous le seul nom de Meat Loaf (un choix du label, pour une meilleure lisibilité). Le sien n’apparait qu’en second rang. Et puis Michaël Day/Meat Loaf gère assez mal ce succès soudain: cocaïne, jambe cassée sur scène pendant la tournée de promotion, dépression, perte de la voix…Il lui faudra un certain temps pour reprendre pied. Reste que l’album fait son chemin, avec des singles forts qui ont depuis bien longtemps maintenant acquis le statut de « classiques » incontestables des 70s…Quatre ans après « Bat Out Of Hell », Meat Loaf, requinqué, sort un nouvel album. Depuis, il suit un parcours plus discret mais bien rempli, entre albums (le dernier est sorti en 2016), tournées et apparitions au cinéma…