Disparition, ce jeudi, d’une icône de la scène musicale française: Johnny Hallyday, c’est une présence de presque soixante ans dans le monde de la musique, et une discographie imposante. Johnny Hallyday, c’est aussi celui qui le premier a véritablement incarné la naissance d’un Rock français. 

Hallyday n’a pas été le premier à chanter du Rock’n Roll en français. Richard Anthony avait déjà adapté des standards de cette musique venue des USA, la variété de music-hall en avait repris des titres en les mettant à sa sauce, et Vian et Salvador avaient créé un « faux » groupe de Rock, dans le but de se moquer de cette musique américaine qu’ils trouvaient simpliste…

Mais c’est Hallyday qui a déclenché la naissance d’un véritable mouvement nouveau, qui a incarné les aspirations nouvelles d’une jeunesse française désireuse de se délivrer du carcan de conventions trop lourdes. Un désir qui s’est reporté sur la musique et la personnalité de ce tout jeune homme au comportement transgressif, à l’enthousiasme communicatif…Il découvre très jeune la musique d’Elvis Presley. Et décide que c’est ça qu’il veut faire. Il va s’en approprier les « gimmicks », explorer son répertoire…

Les choses vont vite à l’époque: remarqué sur une petite scène pour sa personnalité atypique, il est signé pour un premier disque, « Laisse les filles » qui sort en 1960. Un passage dans une émission télévisée, « L’école des vedettes », va être le déclencheur de l’aventure Hallyday: parrainé par Line Renaud, le jeune garçon de 17 ans s’y montre sous un jour candide, enthousiaste, y propose une interprétation peu conforme à ce que l’on voit à l’époque à la télé. C’est le déclic: le public jeune adopte ce nouveau chanteur, les téléspectateurs âgés s’offusquent de son attitude. Eternelle querelle des anciens et des modernes. Et reproduction en France de la polémique suscitée quelques années plus tôt aux Etats Unis par Presley. Surtout, c’est l’acte fondateur d’une scène rock en France.