Entre 1972 et 1975, la pop anglaise est largement dominée par le phénomène Glam. C’est à cette tendance que se rattache le groupe Sweet, qui connaît alors ses plus belles années : il place 13 titres dans le top 20 Uk, et son audience est largement internationale.

Le groupe s’est créé en 1968, dans l’ambiance de la pop légère de la fin des 60s, entre les Archies (« Sugar Sugar ») et les Monkees (« I’m A Believer »). Les débuts sont timides, Sweet se cherche encore, ses membres sont désireux de se tourner vers un son plus dur, un peu dans la lignée des Who. Ils seront d’ailleurs toujours un peu ballottés entre une carrière pop, et des ambitions « hard »…

L’entrée dans les 70s est pour eux marquée par un contrat avec EMI, qui les met en contact avec un tout jeune duo de songwriters, Chinn et Chapman. Ces deux personnages ( qui feront aussi bénéficier de leur savoir faire Suzi Quatro, Mud ou Smokie) donnent une tournure nouvelle au style de Sweet : un mix entre le glam pop et un son plus heavy, des harmonies vocales qui annoncent celles de Queen, le tout mis en scène par un look glam, ambigu, avec maquillages et tenues excentriques, brillantes. Sweet se mêle à la lutte pour le sommet des charts avec Gary Glitter, Slade, T Rex, Suzi Quatro, Wizzard,… « Funny Funny », « Poppa Joe », « Wig Wam Bang », « Blockbuster », « The Ballroom Blitz », “Teenage Rampage”: entre l’été 1971 et le début 74, les tubes s’enchaînent, s’exportent hors de Grande Bretagne, et sont de plus en plus musclés, musicalement. Ce glissement vers le hard s’accélère lorsqu’ils mettent fin à leur collaboration avec Chinn et Chapmann. Et ce choix donne de bons résultats, au moins dans un premier temps, en 1975, avec « Fox On The Run » ou « Action ». Mais le succès décline rapidement dès 1976. Probablement le public ne s’y retrouve t’il plus dans ce groupe partagé entre pop et heavy. Il y aura un sursaut en 1978. Le groupe a quitté son label pour Polydor, il a abandonné son look glam,  et sort l’album « Level Headed », un album enfin cohérent pour Sweet qui jusque là avait été considéré surtout comme un « groupe à singles ». Un extrait du Lp, « Love Is Like Oxygen », entre hard et orchestrations symphoniques, sera le dernier morceau marquant d’un groupe qui mettra bientôt fin à son parcours. En 1982 sort un dernier album, le bien nommé « Identity Crisis ».

The Sweet va se reformer sous plusieurs avatars bien des années plus tard. Aujourd’hui encore tournent deux versions de Sweet, l’une menée par Andy Scott, l’autre par Steve Priest…Pas de concurrence: Scott est actif au Royaume Uni, Priest aux Etats Unis…