A la charnière des 70s et des 80s apparait un engouement pour les musiques électroniques. Le son robotique de Kraftwerk fait des émules : les Flying Lizards, Jacno en France, Telex en Belgique, La Dusseldorf, Sparks, les Silicon Teens, New Musik, B 52s, Orchestral Manœuvres, Yellow Magic Orchestra,  Human League première version, Devo,…Le mouvement Synthpop de la New Wave s’annonce. L’époque est marquée par une sorte de « modernisme militant » : illustrations rétro-futuristes, orthographe transformée ( écrivez « muzik » plutôt que « music »…), looks étranges,…

Un groupe apparaît subitement dans ce contexte : M. Un succès significatif, « Pop Muzik », et puis retour assez rapidement à l’anonymat…M, c’est le projet d’un musicien, Robin Scott, qui depuis quelques années, déjà, tente de percer. En 1969, il avait déjà sorti un album centré sur sa guitare et son chant. Sans grand impact. Par la suite, on le retrouve en compagnie des musiciens de Camel, manager d’un groupe de Pub Rock, créateur d’un label indie, producteur pour les Slits, un groupe punk 100% féminin…En 1978, il lance le projet M. Autour de lui, songwriter, guitariste et chanteur, on trouve son frère à la basse, son épouse aux chœurs, et le claviériste Wally Badarou. Ce dernier n’est alors guère connu, mais il entame une carrière qui l’amènera à jouer avec Level 42, les Talking Heads, Robert Palmer, Herbie Hancock,…S’ajouteront rapidement à cette équipe de base deux futurs Level 42, Gary Barnacle (saxophone) et Phil Gould (batterie).

Le premier single, « Moderne Man », est une déception. Il semble que Scott ait encore raté son coup…Mais le single suivant, « Pop Muzik », est un succès considérable, international…Qui entraine dans son sillage, en 1979, l’album « New York-London-Paris-Munich », et les 45 tours suivants, « Moonlight & Muzak » et « That’s The Way The Money Goes ». La suite sera moins positive : en 1980, le single « Official Secrets » et l’album qu’il annonce peinent dans les charts. Au point que le label du groupe décidera de ne pas sortir le troisième Lp en Angleterre. M disparaît aussi subitement qu’il était apparu. Reste « Pop Muzik », un titre qui a gardé toute sa fraîcheur, sorte de single pop parfait…

Robin Scott poursuivra une carrière moins exposée, mais riche en expériences : il travaillera notamment avec Ryuchi Sakamoto (YMO) et avec des musiciens africains…

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