Arrêt en 1980, dans cette série consacrée à l’atmosphère musicale d’anciens étés…Un été plutôt fertile en nouveautés musicales: Bowie qui se réinvente une nouvelle identité, AC/DC qui sort un premier album après la disparition de Bonnie Scott (« Back In Black »), le groupe Yes qui se métamorphose (exit Anderson et Wakeman, arrivée de l’ex Buggles Trevor Horn au chant et à la production) pour tenter de survivre à la déferlante Punk et New Wave,…Pas le calme plat, donc…

Bowie sort début août un single qui va marquer cet été, « Ashes To Ashes ». Il met un terme à sa période berlinoise, et, mine de rien, prend en marche le train de la New Wave: dans son clip figurent des habitués de l’univers néo-romantique du célèbre Blitz londonien. Dont Steve Strange (Visage). Avec ce single, dans lequel réapparaît le Major Tom de son « Space Oddity » de 1969, David Bowie atteint le sommet du top anglais, pour la première fois depuis 1969, précisément…Roxy Music aussi flirte avec la New Wave: l’album « Flesh & Blood » marque une rupture complète avec l’excentricité du Glam des débuts, et c’est le côté élégant de Ferry qui prend le dessus. Renouvellement radical aussi pour Diana Ross et Grace Jones: la première, désireuse de dynamiser son image, a fait appel au duo devenu mythique de Chic, Edwards et Rodgers. Et ça fonctionne. La seconde s’extrait de son image d’icône Disco, et se tourne vers un registre plus rock, teinté de New Wave et de Reggae. Métamorphose qui doit beaucoup à ses deux producteurs, Chris Blackwell et Alex Sadkin, et au duo rythmique Sly Dunbar-Robbie Shakespeare. Tout au  long de l’été, on entend sa version d’un « Private Life » des Pretenders qui séduit même celle qui a créé le morceau, Chrissie Hynde…

Un des albums de cet été ’80 est « Closer », le second lp de Joy Division. Le dernier aussi: en mai, Ian Curtis s’est donné la mort. Dans un climat d’émotion sort en juin « Love Will Tear Us Apart », un titre enregistré en mars, qui ne figure pas sur l’album…Emotion aussi du côté d’AC/DC: le groupe survit à la disparition de Bon Scott et sort en août » « Back In Black ». Au chant, l’ex-Geordie Brian Johnson…

Les sonorités Dance sont de plus en plus présentes, dans les programmations radios et dans les charts. Tube incontournable de l’été, le « Funky Town » d’un groupe de Minneapolis inconnu au bataillon, Lipps Inc. Un succès sans suite. Autre « coup » de l’été: « A Lover’s Holiday » de Change. Une production mitonnée du côté de l’Italie, pour la production, avec des musiciens essentiellement américains. Dont Luther Vandross. 

Les « anciens » sont toujours présents, malgré les bouleversements de la fin des 70’s: les Rolling Stones proposent un « Emotional Rescue »  qui poursuit la veine entamée avec « Miss You », et les Who se présentent en ordre dispersé. Pete Townsend s’offre une première « vraie » expérience solo, « Empty Glasses », et Roger Daltrey connait un beau succès avec « Mc Vicar »: un film -qu’il produit et dans lequel il tient le premier rôle- et un album de la BO pour lequel il peut compter sur la présence de Townsend et Entwistle. Enfin, un succès (sans lendemain) pour un jeune groupe anglais, The Korgis, qui est né  en profitant de l’espace libre ouvert dans le contexte de l’après Punk: « Everybody’s Gotta Learn Sometimes » est ce qu’on appelait « un slow de l’été »…

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