Après le « Sergent Pepper » des Beatles, c’est un autre album, des Stones cette fois, qui va être réédité à l’occasion de son 50ème anniversaire: « Their Satanic Majesties Request ». Ce sera le 22 septembre. L’occasion de redécouvrir un album qui a longtemps souffert du fait qu’on l’envisageait comme une réponse au disque des Beatles. Comparaison difficile…L’album des Stones, si on le considère en tant que tel, est une production étonnante, aux ambiances étranges, avec de belles réussites comme « She’s A Rainbow », « Citadel », « The Lantern » ou le « 2000 Light Years From Home » qui vient, en avant-garde de la réédition de l’album, de ressortir illustré parune nouvelle vidéo proposant le texte de la chanson…

L’année 1967 est clairement marquée par la sortie du « Sergent Pepper » des Beatles. Leurs traditionnels « rivaux », les Stones, vont eux aussi, quelques mois plus tard sortir un album atypique, au son parfois étrange, psychédélique: « Their Satanic Majesties Request ». Pas le plus connu, pas le meilleur, mais un album qui possède un charme particulier, une sorte d’intrus dans la discographie du groupe. C’est le premier qui sort sous la même formule des deux côtés de l’Atlantique, c’est le premier sans Oldham, et le seul pour lequel les Stones prennent en charge eux-mêmes la production. C’est aussi sur cet album que pour la première fois Bill Wyman chante un titre, « In Another Land »…

« Their Satanic… » semble décousu, hétéroclite. Et de fait il a été réalisé dans des conditions difficiles. Entamée juste après la sortie de « Between The Buttons », sa réalisation va pendre des mois. Parce qu’au même moment, les Stones connaissent de sérieux ennuis judiciaires et relationnels. Et qu’il est extrêmement difficile pour les musiciens de se retrouver ensemble en studio. Ils sont souvent amenés à travailler en l’absence de certains de leurs collègues. Et ils sont livrés à eux-mêmes : Andrew Loog Oldham s’est désolidarisé du groupe, et de ses démêlés avec la justice. Plusieurs membres du groupe expliqueront par la suite que la présence d’un producteur qui les aurait encadrés leur a manqué. D’où ce disque disparate, qui ne semble pas avoir de ligne directrice. Un aspect qui déforce l’album, mais qui lui donne un charme certain, celui d’une aventure sonore improvisée, changeant de registre au fil des plages.

Un aspect aventureux qui est aussi lié au contexte : en juin, les Beatles sortent leur « Sergent Pepper », le Psyché est en vogue, on expérimente à tout va. Brian Jones utilise les instruments les plus divers : flûte, saxo, mellotron, synthés, sitar, glockenspiel, le disque est parsemé de bruitages divers, d’effets sonores,…Et étrangement, c’est son aspect décousu, dispersé, qui donne sa cohérence au disque.

Livrés à eux-mêmes, les Stones étonnent, déconcertent. Dès l’album suivant, ils retrouveront un son plus habituel, et la présence d’un producteur, Jimmy Miller. Un retour à un son plus clairement « stonien », bluesy, tendu et agressif  -« Street Fighting Man », Sympathy For The Devil », « No Expectations »-qui effacera le relatif insuccès de « Their Satanic Majesties »…

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