The Flamin’ Groovies – Hors du temps…

Posted: 14th juillet 2017 by leo in 60s, 70s

Anachroniques, coupés de leur contexte…Les Flamin’ Groovies ont certainement souffert de cet écart qu’ils ont eux-mêmes entretenus avec les tendances de l’époque qui les a vu naître. Le groupe se forme dans la seconde moitié des 60s, dans une cité de San Francisco qui vibre au son de la West Coast: la vague « Hippie », le style psychédélique, une ambiance douce, rêveuse, planante, illustrée par des musiques élaborées, chatoyantes, des envolées de guitares…Les Flamin’ Groovies sont à l’exact opposé: du Blues, du Rock originel, de l’agressivité, un son rugueux, des morceaux courts, cinglants, sans fioritures…Leurs influences se trouvent du côté de la vague de groupes qui a conquis les Etats Unis quelques années plus tôt: les Rolling Stones (version « méchants garçons »), les Animals de la première période,…Le look des Groovies est à l’avenant: pas de chemises à fleurs, de foulards,mais plutôt du noir, du rouge, des costumes cravates, une touche de Glam, du métal, du cuir…

Autant dire qu’ils ne sont pas vraiment ce que cherchent à ce moment les maisons de disques. Et pourtant, grâce à un EP autoproduit, et bien vendu, ils attirent l’attention d’Epic, qui tente avec eux l’expérience. Un premier album sort en 1969, « Supersnazz ». L’accueil critique est favorable, mais le succès commercial n’est pas au rendez-vous. Changement de label, mais pas d’amélioration avec les albums « Flamingo » et « Teenage Head », en 1970 et 1971. Ce qui n’arrange pas les tensions qui sont nées  entre les deux éléments phares du groupe, le chanteur Roy Loney et le guitariste Cyril Jordan. Le premier quitte le groupe après « Teenage Head ». Jordan va poursuivre l’aventure et gagner des terres plus propices au style du groupe: l’Angleterre. Et la nouvelle formule des Groovies va ainsi, géographiquement, concrétiser le rôle qu’il joue, historiquement, de trait d’union entre le Blues Rock et le Garage des 60s, et la génération Punk de la moitié des 70s…Et si le groupe américain n’a jamais connu un grand succès public, il a toujours fait partie de ces références « cultes » appréciées par les connaisseurs, comme MC5, les Sonics ou les ElectricPrunes…

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