1979, 1980, 1981…Un nouveau style musical fait son entrée sur les radios « grand public » et dans les charts : le Rap. Il existe depuis pas mal de temps déjà, mais se popularise brutalement. Le « Rapper’s Delight » de Sugarhill Gang ouvre la voie en 1979, suivent des gens comme Kurtis Blow ou Joe Bataan. Des groupes comme Tom Tom Club, ou Blondie (« Rapture ») en intègrent des éléments dans leur répertoire. Et apparaissent des raps qui n’ont pas grand-chose à voir avec la substance du genre, mis à toutes les sauces. On découvre à ce moment un personnage essentiel dans le développement de ce genre musical, Grand Master Flash, alias Joseph Saddler. Il est né en 1958 dans les Barbades, mais a grandi à New York, dans le Bronx. Il y officie à la fois comme musicien et comme Dj. Et met au point, au milieu des 70s, pas mal de techniques qui feront école par la suite. C’est un bricoleur qui s’y connaît en technique. Il bricole ses instruments de Dj pour améliorer les mixages, intègre dans les musiques qu’il passe des phrases rythmiques répétées, et on lui attribue, sinon l’invention, au moins la mise au point du scratching. On considère généralement que le premier scratch enregistré sur disque est de lui. En 1977 le groupe qu’il a créé, avec entre autres Melle Mel, se produit de manière régulière dans une boîte du Bronx, le Disco Fever. Cette exposition  permet à Grand Master Flash & The Furious Five, c’est le nom de ce groupe, de signer avec un label, et de sortir en 1979 un premier single, « Superrapin’ ». Avant de passer chez Sugar Hill Records, le label qui vient de décrocher le gros lot avec « Rapper’s Delight ».  C’est sur ce label que sort en 1981 « The Adventures of GM & The FF On The Wheels Of Steel », un long morceau de plus de 7 minutes, contenant des citations de Chic, Blondie, Queen,…Et le fameux premier scratching répertorié. Dans la foulée, GMF assure la première partie d’une tournée de Clash  (Les anglais ont découvert avec intérêt le Rap, et s’associeront même à Futura 2000 le temps d‘un single)

A ce moment, la réputation de GMF reste encore limitée à un public d’amateurs, aux côtés de Treacherous Tree, Spoony Gee …C’est en 1982 que le groupe new-yorkais conquiert l’attention d’un large public, avec « The Message » : ce titre est un tube international. Malgré la rudesse de son propos : c’est le premier rap qui consacre son élément narratif à décrire le côté sombre de la vie urbaine. Suivra, avec également un beau succès, « New York, New York », et un album. En même temps que le succès naissent des tensions dans le groupe. Qui éclate en deux parties, suite à la séparation de GMF et de Melle Mel. Aucune des deux nouvelles entités n’arrivera à renouveler la belle réussite de 1982.

Aujourd’hui, Grand Master Flash travaille dans la création de lignes de vêtements, anime un show à la TV, et a écrit un récit sur cette période de sa vie. Son « personnage » intervient dans la série Get Down produite par Netflix (il y est incarné par l’acteur Mamadou Athie), ainsi que dans le documentaire consacré au Hip Hop par le même Netflix…

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