Un son, un univers, une démarche, et, surtout, un personnage, Stephin Merritt : on part à la rencontre de The Magnetic Fields. Une vingtaine d’années, et une dizaine d’albums, depuis que Merritt a lancé ce projet, en marge d’autres activités, à Boston, à la toute fin des 80s…Songwriter prolifique, Merritt est, au début, également l’exécutant principal mettant en forme ses morceaux, de l’écriture à la production, s’occupant aussi de tous les instruments et des vocaux. Progressivement, d’autres musiciens, et des chanteuses, sont associées à un projet qui reste le reflet de l’inspiration, parfois changeante, du bostonien…En 1991 sort un premier single, « 100.000 Fireflies ».

The Magnetic Fields navigue entre Synthé Pop et Folk Pop, selon les périodes et les exercices formels que Merritt aime s’imposer. En 1999, il réalise une véritable performance d’écriture en proposant « 69 Love Songs », 69 morceaux autour de l’amour. Près de trois heures sur un triple album. Suit ce qu’il qualifie de trilogie « no synthe ». Il abandonne l’électronique pour des instruments « classiques », mais aussi inhabituels (mandoline, ukulele, accordéon, marxophone- rien à voir avec Karl, c’est une sorte de sitar inventée par un certain George Marx-, violon,…), le temps de trois albums, en 2004, 2008 et 2010. Celui de 2004, « i » a pour particularité de ne contenir que des morceaux dont le titre débute par cette voyelle, et celui de 2008, « Distortion », comme son nom l’indique, est volontiers « bruitiste »…Tout cela est un peu tarabiscoté, mais pas étonnant pour un artiste qui a donné à son groupe le nom d’un ouvrage du surréaliste André Breton…

En 2012, retour aux synthés (et découverte des progrès qui ont été accompli dans ce domaine) avec « Love At The Bottom Of The Sea »…Suit une longue période de silence: Merritt s’offre un nouveau challenge. Il s’agit cette fois de se replonger dans son propre passé, et de proposer 50 titres, chacun correspondant à une année de sa vie. « 50 Songs Memoir » se présente sous la forme de 5 disques, et d’un voyage musical de « 66 Wonder Where I Am From » à « 15 Somebody’s Fetish ». Un catalogue d’ambiances et d’impressions dont on découvre des extraits depuis la fin de l’année dernière…C’est touffu, riche, et souvent brillant…

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