Peter Gabriel – Le premier album solo

Posted: 23rd février 2017 by leo in 70s

Grosse surprise en 1975 pour les fans de Genesis : Peter Gabriel annonce son départ. Il en était le fondateur, le chanteur, et la spectaculaire figure de proue…Rien n’avait laissé entrevoir cette décision, pourtant déjà acquise depuis un certain temps : Gabriel et ses futurs ex-collègues avaient décidé de ne rien dévoiler avant la fin de la tournée suivant la sortie de l’album « The Lamb Lies Down In Broadway ». Histoire, selon la version officielle, de laisser le temps au groupe de se chercher un nouveau vocaliste. Officiellement, aussi, la rupture se faisait à l’amiable. Et pourtant : depuis de nombreux mois, les tensions grandissaient au sein de Genesis. La personnalité flamboyante sur scène de Gabriel, ses mises en scène théâtrales, ses déguisements, donnaient de plus en plus aux autres l’impression que leur musique et leur talent passaient au second rang.

Progressivement, Gabriel avait pris l’ascendant sur les autres et le double album concept « The Lamb… » était essentiellement sa création. De son côté, il semble qu’il commençait à se sentir à l’étroit dans le carcan d’une aventure collective. D’autres envies (des contacts avec le cinéaste William Friedkin), le désir de pouvoir plus se consacrer à sa vie personnelle, et surtout à la grossesse difficile de son épouse, pendant la tournée…Peter Gabriel avait probablement autant envie que les autres de mettre fin à leur parcours commun. Un départ sur fond de tensions qui lui inspireront son premier succès solo, « Solsbury Hill ».

1976 : rien du côté de Gabriel, alors que Genesis, dont on se demandait s’il survivrait au départ de son chanteur, connaît un gros succès commercial avec « A Trick Of The Tail », qui atteint la troisième place du top anglais. Phil Collins a finalement été choisi pour reprendre le chant. Il s’était essayé aux vocaux dès 1971, sur « Nursery Rhyme ».

Peter Gabriel est en studio avec le producteur Bob Ezrin (Alice Cooper). Autour de lui, Tony Levin, Steve Hunter et Robert Fripp. Le résultat, on le découvre en février 1977. Pas de titre, le visage de Gabriel à peine visible derrière les vitres d’une voiture : sa carrière solo est placée sous le signe d’un certain dépouillement, d’une musique plus intime, plus sombre, mélancolique par moments. Plus expérimentale aussi, probablement l’influence de Fripp, l’ex King Crimson, qui depuis quelques années travaille en dehors des registres habituels avec Brian Eno. Fripp qui produira l’album suivant, plus déconcertant encore.

Le single « Solsbury Hill » est un succès, et l’album atteint le top 20 anglais. Un Peter Gabriel nouveau débute une carrière qui n’a plus grand chose à voir avec sa période Genesis…

peter gabriel 77