Soft Cell – Une voix, un synthé…

Posted: 9th janvier 2017 by leo in 80s, New Wave

L’espace de trois années, la carrière du groupe Soft Cell a connu un véritable feu d’artifice: 10 singles dans le top 40 UK, 3 albums dans le Top 20, un morceau n°1 dans 17 pays…Tout part de la rencontre de deux étudiants de l’Art School de Leeds, qui décident de se lancer en duo dans le contexte du bouillonnement de la New Wave naissante: Marc Almond et Dave Ball créent Soft Cell en 1979. Le premier écrit les textes et chante, d’une voix peu banale, le second compose et s’occupe des synthés. Le timbre d’Almond, le look du duo, sa présence sur scène, un certain goût pour la provocation (lors de leurs 1ers concerts, il leur arrive de se produire nus), une musique minimaliste mais efficace, ses orchestrations, attirent l’attention de Stevo, fondateur du label Some Bizarre, avec lequel débute aussi Depeche Mode.
En 1981 sort un 1er single, « Memorabilia », succès branché, suivi d’un véritable carton commercial, « Tainted Love » (une reprise d’un morceau de 1964 chanté à l’origine par Gloria Jones, chanteuse soul anglaise, proche de Marc Bolan). Le disque est n°1 dans 17 pays. Profitant de cette exposition énorme, plusieurs titres se succèdent très rapidement, « Bedsitter », « Say Hello Wave Goodbye », « Torch », et le 1er album, « Non Stop Erotic Cabaret », fait presque déjà figure de best of…Deux albums suivent, avec toujours un réel succès. Mais progressivement la magie s’estompe, De commun accord, les deux musiciens mettent un terme à l’aventure en 1984, et suivent des chemins séparés. Ball va créer un nouveau groupe, mais reste discret. Plus de réussite par contre pour Almond, qui lance différents projets (Marc & The Mambas,…) avant de se présenter en solo. En 1989, il décroche à nouveau la timbale avec l’album « The Stars We Are », et un nouveau tout gros tube, « Something’s gotten Hold I My Heart », qu’il chante avec son créateur original, Gene Pitney, un grand nom de la musique populaire des 60s. Il réalisera ensuite un Lp consacré au répertoire de Jacques Brel.
En 2000, Almond et Ball, qui sont restés en bons termes, relancent Soft Cell. Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Le Lp « Cruelty Without Beauty », en 2002, ne dépasse pas la 116ème place du top anglais. Cet album n’aura pas de successeur…

Si Marc Almond n’est plus à la une de l’actu musicale, il n’en reste pas moins très actif, multipliant les projets, entre musique, scène, poésie, théâtre, il a collaboré sur ceux-ci avec des gens comme Tony Visconti, Carl Barat, Ian Anderson, Jarvis Cocker, Benjamin Biolay, Jools Holland,…Son dernier album solo, « The velvet Trails » est sorti en 2015. Un coffret de dix albums est sorti fin 2016, rétrospective de son parcours depuis 1979. Et Almond, bientôt 60 ans, mais une voix intacte, vient de signer un contrat avec BMG, pour deux albums…
Pour la petite histoire, on signalera l’erreur commise par Soft Cell lors de la sortie de « Tainted Love »: la face A est une reprise, mais la face B aussi: « Where Did Our Love Go » est une excellente version d’un tube soul des années 60, chanté alors par Diana Ross et les Supremes. Erreur de débutants, ou manque de confiance quant au succès du disque? En tous cas la conséquence fut cruelle: pas de droits d’auteurs pour ces compositions d’un disque au succès commercial phénoménal…

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