Mick Harvey – Gainsbourg, une troisième fois…

Posted: 9th octobre 2016 by leo in 90s

Avec l’album « Delirium Tremens » sorti cet été, Mick Harvey a ajouté une nouvelle pièce à ses deux albums sortis il y a une vingtaine d’années et consacrés au répertoire de Serge Gainsbourg. Deux albums d’ailleurs réédités il y a quelque temps sous la forme d’un double. 

Mick Harvey est australien. Pas forcément très connu, et pourtant il peut faire valoir de sérieux états de services. Comme complice au long cours de Nick Cave, d’abord: Harvey fut de l’aventure Birthday Party, et ensuite membre des Bad Seeds, jusqu’en 2009. Harvey est également devenu un incontournable comparse de PJ Harvey. Même nom, mais aucun lien familial. Sur son CV aussi, des musiques de films, dès 1990…

Assez étonnamment, son premier album solo, en 1996, est entièrement constitué de reprises de titres de Gainsbourg. Une démarche inhabituelle, entre appréhension par rapport à l’écriture d’un disque solo et désir de faire connaître le travail de Gainsbourg. Originale aussi la position de l’Australien par rapport au Français: c’est en tant que musicien qu’il apprécie le travail de Gainsbourg, une appréciation qui ne prend pas en compte le statut de star de ce dernier. Serge Gainsbourg n’est guère connu du public anglo-saxon. Même si en 1969 le célèbre « Je t »aime moi non plus » a traversé la Manche pour conquérir le top anglais. Et dans la foulée les charts australiens…

En France, proposer une reprise d’un de ses titres est une sorte de défi, entre envie de se mesurer au « maître » et désir de s’approprier une chanson, de la « recréer ». Pour Harvey, rien de tout ça: il propose sereinement une version anglophone respectueuse d’un répertoire qu’il apprécie et veut faire découvrir à un public nouveau…Une sobriété d’approche intéressante: ni le côté « star » de Gainsbourg, ni ses particularités de « personnage public » ne viennent polluer un travail essentiellement musical. Doublé d’un casse-tête au niveau des traductions: l’Australien a dû parfois faire appel à des amis  francophones pour venir à bout de ce défi…Beau résultat…Seul bémol: le côté un peu racoleur des titres choisis, « Pink Elephant », « Intoxicated Man » et « Delirium Tremens »…

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