The Clash – 1979, London Calling…

Posted: 28th septembre 2016 by leo in 70s, Non classé, Punk

Au centre du film « London Town », dont il était question hier, Londres, l’année 1979, et le groupe Clash…Le phénomène punk perd de sa force. Les groupes « anecdotiques » ou trop « fabriqués » disparaissent, ne restent que les groupes qui avaient quelque chose à dire, une véritable identité: Stiff Little Fingers, Stranglers, Angelic Upstart,..et Clash qui sort cette année là un de ses albums majeurs…

L’engagement politique et social de Clash a trouvé pleinement l’occasion de s’exprimer au sein du mouvement Punk. Mais au moment où celui-ci s’essouffle, ses acteurs ont le choix entre disparaître ou prendre en marche le train de la New Wave naissante. The Clash continue son chemin mais ne peut se contenter de la superficialité de cet univers New Wave. Le groupe s’est toujours singularisé parmi les autres formations Punk par une conscience politique vive, et des textes engagés, réfléchis. Et aussi par son ouverture à d’autres univers musicaux, le Reggae (« Police & Thieves » de Junior Murvin figure sur leur premier Lp) et le Rock « originel », dont ils veulent retrouver la vitalité et la faculté de rébellion. Ces tendances nourrissent ce troisième album, en 1979, plus varié que le précédent ( avec lequel ils avaient tenté de prendre pied sur le marché américain).

Dès la pochette, le ton est donné: elle s’inspire ce celle du premier album d’Elvis Presly publié chez RCA, et la photo de Paul Simonon brisant sa basse sur le sol rappelle les Who, période « My Generation »…

« London Calling » est un double Lp, le premier de cette génération musicale. En général, la formule du double était plutôt une particularité des groupes de Rock Progressif, au cours des années 70 (rock très construit, harmonieux, intellectualisé, longs morceaux souvent centrés sur une histoire, un concept). Mais, détail important, le double des Clash est vendu – c’est la volonté du groupe – au prix d’un simple. Clash rééditera l’expérience avec l’album suivant, « Sandinista », un triple Lp vendu lui aussi  au prix d’un simple grâce à la réduction des royalties demandés par le groupe. Clash ne tire pas sur la longueur, mais veut se donner l’espace pour faire passer ses émotions, ses messages,…

L’univers musical de « London Calling » est essentiellement Rock, rude, avec des éléments de Reggae, de Soul, de Jazz,  de Rock’n Roll ( une reprise de Vince Taylor) . Les morceaux parlent de choses sérieuses, c’est un disque engagé dans le constat social, pas seulement un pur divertissement (« Revolution Rock, it is a brand new rock/A bad bad rock, this here revolution rock…This here music mash up the nation,/this here music cause a sensation »). The Clash évoque la drogue et les dealers (« Hateful »),  la banlieue (« Guns Of Brixton »), la société de consommation (« Lost In The Supermarket »), le nucléaire (« London Calling »), l’alcool (« The Right Profile »).

Des sujets difficiles qui n’empêchent pas « London Calling » de connaître un franc succès: disque d’or dès le mois de sa sortie en GB, il s’exporte aussi bien  sur le Continent qu’aux Usa. Succès commercial aussi pour les singles « London Calling » et « Train In Vain »… 

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