Arthur Brown – Le feu sacré…

Posted: 23rd mai 2016 by leo in 60s

« Fire », du Crazy World Of Arthur Brown: un incontournable des play lists consacrées aux 60s. Ce morceau puissant, singulier, a été un des gros tubes de l’année 1968. Plus d’un million de copies vendues, et un succès qui a touché les deux côtés de l’Atlantique. Derrière ce single, qui sera le seul hit du groupe, un chanteur- songwriter hors du commun. Qui est toujours bien actif, même s’il n’est plus au centre de l’actualité musicale: Arthur Brown…Un « cas », au parcours atypique…Au milieu des 60s, cet étudiant en philosophie s’intéresse autant à l’univers musical qu’à ses études. Il participe à un certain nombre de groupes avant de créer, en 1967, le Crazy World. Et se singularise par sa volonté de mélanger Rock et théâtralité. Ses performances live ne passent pas inaperçues, et se terminent parfois plutôt mal. Il se produit sur scène avec un casque enflammé sur la tête, masqué, grimé et costumé. Et maîtrise un spectre vocal fort étendu. Son attitude scénique étonne, séduit ou choque (il lui arrive de se produire nu). Il est certainement une source d’inspiration de gens comme Alice Cooper, le Peter gabriel de l’époque Genesis, ou, plus tard, Marylin Manson.

Arthur Brown et son Crazy World sortent un album en 1968: il est signé (et produit) par Kit Lambert ( par ailleurs manager des Who) sur le label qu’il crée alors. Et c’est un incontestable succès. On y découvre l’écriture de Brown, inscrite dans le mouvement Psyche, et annonçant le Progressive des 70s: des chansons narratives, des ambiances…Brown voulait un album qui soit une sorte d’opéra-rock. Lambert a voulu y inclure des reprises (James Brown, Screamin’ Jay Hawkins) pour en augmenter le potentiel commercial. Et ça marche. Mais ce sera un succès de courte durée: un second album prévu pour 1969 ne sortira qu’en 1988. Et rapidement le Crazy World se disloque: le claviériste, Vincent Crane, et le batteur, Carl Palmer, vont créer Atomic Rooster. Et Brown va continuer seul, fidèle à la démarche qu’il a choisie. Au cours des 70s, il anime pendant un certain temps un nouveau groupe, Kingdom Come, se produit seul, ou collabore avec des gens comme Alan Parsons ou Klaus Schulze, qui font appel à sa voix. On le trouve aussi engagé dans l’opéra rock « Tommy » des Who ».

Au cours des 80s et des 90s, on le retrouve aux Etats Unis. Il y travaille dans le domaine du développement personnel (il crée une thérapie musicale individualisée), il est peintre, charpentier, il collabore avec un ex musicien de Zappa, participe à l’élaboration d’un comics: un peu de tout, et toujours dans un registre marqué par une certaine étrangeté. De retour en Angleterre depuis 1996, il a relancé son projet de Crazy World, et collaboré à la seconde carrière du groupe Hawkwind, un autre acteur emblématique de la période Psyché-Progressive du début des 70s…Et les années n’ont pas eu raison de la théâtralité, parfois » grand guignolesque «  de Brown: ses albums et ses prestations restent baignées dans une atmosphère fantasmagorique, sulfureuse…Agé de 70 ans, le chanteur a gardé intacte sa voix, excellente: on est épaté quand on le voit, début 2016, proposer une nouvelle interprétation de son « Fire »…Dernière production en date: « Zim Zam Zim », en 2014…

art brown