Todd Terje sort à la mi-juin un album intitulé « The Big Cover Up »: le producteur norvégien proposera sur cet EP diverses reprises. Par exemple un vieux titre de Boney M. Et ce morceau qui vient de sortir, « Firecracker »: la relecture d’un titre proposé en 1978 (c’était d’ailleurs déjà une reprise d’un ancien single des 50s) par le groupe japonais Yellow Magic Orchestra en 1978. Un disque magique, novateur, enthousiasmant. Retour en arrière…

Vers le milieu des 70s, l’utilisation d’instruments électroniques en musique devient plus fréquente. Et surtout sort d’un genre dans lequel elle a été longtemps enfermée, la musique planante. Edgar Froese, Tangerine Dream, Klaus Schulze ou Popol Vuh ont sorti de beaux albums. L’électronique y sert à développer des ambiances éthérées, atmosphériques. D’autres artistes vont l’utiliser dans un contexte plus clairement pop-rock. Neu, Kraftwerk, Tubeway Army, John Foxx , Brian Eno, Robert Fripp, Moroder…vont lui donner de nouvelles inflexions. 

Au Japon, pays de l’électronique, on n’est pas en reste. Haruomi Hosono a déjà réalisé quelques créations dans ce registre quand il décide de s’attacher à un projet consistant à mélanger électro et ambiances orientales. En particulier, il veut proposer une relecture d’un vieux morceau de 1959, « Firecracker » de Martin Denny: un de ces morceaux d’exotisme de pacotille qui plaisent au public américain de l’époque…Pour réaliser cet album, « Yellow Magic Orchestra », il s’adjoint les services de Riuyichi Sakamoto et du batteur Yukihiro Takahashi. Sakamoto a étudié la musique électronique dans une université japonaise, il maîtrise de nombreux engins nouvellement créés. Notamment le Roland MC 80, synthétiseur à microprocesseur, utilisé pour la première fois sur cet album. Un quatrième homme, dans l’ombre, Hiseku Matsutake, aide pour les programmations informatiques.                  

 « Yellow Magic Orchestra » paraît en novembre au Japon: le succès est phénoménal. Une sorte de Beatlemania au niveau de l’Archipel. Des responsables d’A&M Records découvrent le groupe en live, et obtiennent la possibilité de le publier aux Usa et en Europe. Le disque se vend à 250.000 ex au Japon, 400.000 aux Usa, il entre dans le top 20 en Angleterre fonctionne sur le continent…Au départ Yellow Magic Orchestra devait être le groupe ponctuel d’un seul disque. Devant cet accueil, les trois musiciens décident de mettre leurs projets personnels de côté et de continuer l’aventure.

L’album est un moment important dans la progression de la musique électronique. Plus festif, moins minimaliste que ceux que sort Kraftwerk, il préfigure le synthé pop. Il annonce des gens comme Yazoo ou Bronski Beat, alors que Kraftwerk verra plutôt son héritage du côté de Depeche Mode. Par l’utilisation du sampling, et de bruitages venant de la culture populaire des jeux vidéos, il préfigure aussi des mouvements comme la House ou le Hip Hop. Bambaata, le créateur de ce dernier courant a d’ailleurs cité YMO parmi ses références.

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