Parmi les récentes intronisations dans le prestigieux Rock’n Roll Hall of Fame, celle de Cheap Trick. Un groupe « au long cours » -43 ans d’existence- , au parcours constant, pas tapageur, proposant un Rock tonique, entre Powerpop et Hard…Une entrée dans le Hall of Fame qui coincide avec le sortie d’un 17ème album, 7 ans après le précédent, et surtout un regain de succès appréciable: « Bang Zoom Crazy Hello » a renoué avec le top 30 du Billboard US, un succès que le groupe n’avait plus connu depuis 1988…Rien de comparable cependant avec l’engouement provoqué par la sortie d’un étonnant album live, à la fin des 70s…

L’heure de gloire de Cheap Trick. Et une belle histoire: comment un groupe accède à la célébrité grâce à un album qui ne devait même pas paraître hors du Japon…Au début de l’année 1979, Cheap Trick est encore quasiment inconnu, tant aux Usa qu’en Europe. Au Japon, par contre le groupe américain est connu et apprécié. Il accède en 1978 au rang de « super star ». C’est dans ce contexte qu’il enregistre l’album live qui lui ouvrira les portes du succès international.

Retour en arrière : Cheap Trick voit le jour en 1973. Il réussit à décrocher un contrat avec un label, et un premier album sort en 1977. Sans le moindre succès. Sauf au Japon. Les critiques sont pourtant plutôt favorables pour ce groupe dont le style oscille entre le Hard et une Pop énergique et mélodique qui peut être rattachée aux Beatles ( Au Japon, on les appelle les « American Beatles »). Ajoutons à cela une petite dose de fantaisie apportée par le guitariste Nielsen et le batteur Carlos,  et leurs personnages décalés, en contre-point des deux autres membres, correspondant plus aux stéréotypes du Hard…

Bonnes critiques donc, mais le public américain reste indifférent. Avec le troisième Lp, « Heaven Tonight », on note un frémissement, notamment du côté de l’Europe. Pendant ce temps, le groupe tourne au Japon, devant d’imposants publics, notamment au Budokan, où est enregistrée la matière d’un album live. Qu’il est prévu de ne sortir qu’au Japon. Logique puisqu’il n’y a que là que Cheap Trick est suffisamment connu. L’album sort en octobre. Un effet de curiosité naît aux Usa et en Europe, et une sortie mondiale est finalement programmée en février 1979. Avec un impressionnant succès : « Live at Budokan » est 4ème du Billboard Us, 29ème du top Uk, et fonctionne un peu partout sur le continent européen, en particulier dans le Benelux. La version live de  « I Want You To Want Me » est un tube : la version studio du même titre était passée inaperçue deux ans plus tôt. L’impact de l’album live est tel que la sortie d’un album pourtant déjà mis en boite, « Dream Police », est différée, pour ne pas interférer avec ce beau parcours de « Budokan »…

Cheap Trick surfera encore quelque temps sur ce succès, avant de progressivement rentrer dans le rang, et poursuivre une honnête carrière. Le groupe est toujours bien là,formule inchangée (c’est rare…) avec son guitariste virtuose, Nielsen, et son chanteur Robin Zander, Petersson à la basse et Bun E Carlos à la batterie. Carlos qui laisse cependant sa place, notamment pour la scène, au fils de Nielsen…

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