Iggy Pop – Le temps des Stooges

Posted: 8th mars 2016 by leo in 60s, Non classé

Dans quelques jours sort « Post Pop Depression », 17ème album solo d’Iggy Pop, son 23ème si on prend en compte ses premières productions avec les Stooges. Un 17ème album qui pourrait bien être le dernier: des infos en ce sens ont circulé…Autour d’Iggy, Josh Homme et Dean Fertita, des Queens Of The Stone Age (le premier fait aussi office de producteur) et Matt Helders, batteur des Arctic Monkeys…

Quatre musiciens: c’était aussi la formule du premier album d’Iggy Pop avec les Stooges. C’était en 1969. Un album qui marquait l’entrée fracassante de l’Américain sur la scène musicale. Pas un grand succès commercial, mais une production qui ne passait pas inaperçue. James Osterberg -son vrai nom- avait derrière lui des expériences comme batteur dans les Iguanas -d’où son surnom- et les Prime Movers, deux groupes à la réputation limitée à la cité d’Ann Arbor, dans le Michigan. Surtout, ce jeune homme cultivé, curieux, avait nourri son amour de la musique de découvertes multiples: le Blues, le Psyche, l’avant garde, il avait vu jouer Muddy Waters et John Lee Hooker, avait découvert l’explosivité de la jeune génération britannique (les Who,les Stones,Them…). Et il avait aussi eu l’occasion de découvrir lors d’un concert à l’Université du Michigan l’attitude provocatrice de Jim Morrison. Tout ça suscite chez Osterberg/Iggy l’envie de proposer une nouvelle incarnation du Blues: ne pas refaire ce qui a déjà été fait, réinterpréter les bases. Il créée les Stooges en 1967 avec Dave Alexander (basse) et les frères Ashton, Ron (guitare) et Scott (batterie) deux personnages à la marge…Iggy chante, joue des claviers, de la guitare…et de son personnage: accoutrements étranges, plongées dans le public, provocations…Les prestations scéniques du groupe à Detroit ne passent font du bruit. Dans tous les sens du terme. Et quand le label Elektra signe le groupe phare de Detroit, MC5, il signe aussi les Stooges. 

En août 1969 sort le premier album des Stooges: un disque court -8 titres-, rudimentaire, qui donne une impression de précipitation. Trois titres ont d’ailleurs été composés et enregistrés « en dernière minute », lors des séances en studio. L’album ne ressemble à aucun autre. Les morceaux, apparentés au Blues britannique des Stones ou de Them, sont marqués par une tension qui ne se décante jamais. Etrange impression. Le son est brut. Le groupe travaille avec, à la production, John Cale. Collaboration tendue, les Stooges ne veulent pas aller dans le sens où les pousse Cale. Il tente, en vain, de modérer leur son.

Ce premier album n’est pas un succès commercial. Ce n’est d’ailleurs pas sa raison d’être. Il marque un moment et une démarche. De ce disque, on a souvent dit qu’il préfigurait le Punk de la seconde moitié des 70s. La parenté est évidente: agressivité du son, brièveté de la majeure partie des titres, paroles parfois élémentaires…Ajouté au jeu scénique du groupe, ça fait clairement des Stooges des précurseurs de la génération punk. Mais là où le Punk des 70s apparaît surtout comme une réaction générationnelle, une déconstruction nihiliste de l’univers rock, l’attitude d’Iggy Pop est différente, il s’agit plus d’une démarche artistique. Il s’agit de déconstruire les codes existants pour construire quelque chose de nouveau. Et là, on a plutôt envie de placer les Stooges en précurseurs du Post Punk (Pop Group, Joy Division,…) et de projets « para-Punk » comme Devo, les Flying Lizards, Talking Heads,…

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