The Ruts – Parcours écourté

Posted: 27th février 2016 by leo in 70s, Punk

A la fin des 70s, le Reggae cesse de n’être qu’un genre particulier, « exotique » : à la faveur de l’ouverture engendrée par l’épisode Punk, il est intégré dans d’autres registres par la nouvelle génération. Du côté Pop Rock, ça donne Police ou Fischer Z. Côté Punk, des groupes comme Clash ou, plus tard les Members, s’en inspirent. C’est aussi le cas pour un des groupes les plus passionnants de l’époque, The Ruts. Une sorte d’étoile filante dans le paysage punk…

Quatre musiciens d’une vingtaine d’années qui découvrent la vague punk en 1976 : le festival de Bury, les Sex Pistols en live,…et qui décident de se lancer dans l’aventure au cours de l’été 1977. Des mois de scène, des démos, et un premier single en janvier 1979 : la suite va aller très vite. Les Ruts ont la bonne fortune d’éveiller l’attention du célèbre John Peel et du batteur des Damned, Rat Scabies. Résultat : deux « Peel sessions » sur la BBC et la première partie de la tournée des Damned. On découvre un groupe qui met son énergie punk au service d’un engagement politique et social. En particulier, les Ruts s’engagent contre la montée de l’extrême droite britannique et contre le racisme, aux côtés notamment du mouvement Rock Against Racism. Autre particularité du quatuor : il utilise les sonorités Reggae et Dub pour alimenter un son punk assez élaboré. On en est à la « deuxième génération » de la vague punk…

Signé par Virgin, le groupe sort un premier « vrai » single en juin 1979 : « Babylon’s Burning » atteint la 7ème place du top anglais, les Ruts passent dans l’émission Top Of The Pops…Suit « Something I Said », qui confirme, puis, dès septembre, un album, « Crack ». Top 16 en Angleterre : tout laisse penser que le groupe a un bel avenir devant lui. Il commence à travailler sur un second album. Et pourtant, la fin du parcours est proche. L’année 1980 qui s’annonce si bien est marquée par les soucis que cause la situation du chanteur, Malcolm Owell : problèmes de santé, et problèmes d’addiction, qui entravent le déroulement de tournées pourtant déjà sold-out. La fin sera tragique : en juillet, Owell décède, victime d’une overdose d’héroïne. Paradoxal quand on sait que les Ruts avaient abordé les méfaits de celle-ci dans plusieurs morceaux…

Un dernier single enregistré avant la disparition d’Owell sort en août, puis Virgin publie un album compilant démos et prestations live. Le groupe arrête ses activités. Les membres restant lancent un nouveau projet, Ruts DC. Sans grand succès.

En un seul vrai album et une poignée de singles, les Ruts se sont inscrits dans l’univers rock, en laissant pas mal de regrets. La maturité musicale des anglais, leur ouverture d’esprit et l’évolution de leur son qui se profilait, leur auraient probablement permis de se faire une place enviable su la scène Post Punk. Signe de cette importance, les Ruts figurent sur la compilation des Peel Sessions parue en 1987 chez Strange Fruit, aux côtés de Cure, Joy Division, des Smiths,…

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