David Bowie, Lemmy, Paul Kantner et Signe Anderson du Jefferson Airplane, les jeunes membres de Viola Beach, Vanity, Maurice White d’Earth Wind & Fire…L’actualité musicale de ces dernières semaines commence à ressembler à une chronique nécrologique. Pas gai. Drôle d’ambiance. Seul côté positif -histoire de positiver…-, ces disparitions nous amènent à redécouvrir de belles choses qui nous étaient sorties de la tête, balayées par l’afflux continu de nouvelles sensations, de nouveaux sons…

Et on se met à regarder en arrière, à réécouter. Et à s’enthousiasmer de nouveau pour d’anciennes pépites. Par exemple, l’album « Surrealistic Pillow », second album de Jefferson Airplane, sorti en 1967. Un disque emblématique de son temps. 

L’aventure de Jefferson Airplane commence par la rencontre de deux musiciens de la scène Folk de San Francisco, Marty Balin et Paul Kantner. Le premier a derrière lui un parcours assez sage. Il ambitionne à ce moment -on est en 1965- de se diriger vers un son plus rock, plus électrique. C’est dans l’air du temps. Il transforme une ancienne pizza en club musical et entreprend de constituer un groupe autour de son projet: il est rejoint par Jorma Kaukonen, guitariste qui apporte une sensibilité marquée par le Blues, Signe Anderson, une voix féminine…Le groupe séduit rapidement, les choses vont aller vite: un contrat avec RCA en novembre 1965, un premier album en 1966. « Jefferson Airplane Takes Off », prêt en mars mais sorti en septembre seulement à cause de dissensions internes, est encore bien sage, proposant un Folk électrique mais assez classique. 

Au moment de passer à l’étape de l’album suivant, le personnel a évolué autour de la base Balin-Kantner-Kaukonen. Nouveau manager, nouveau batteur, Spencer Dryden, et -c’est le changement sle plus significatif- arrivée d’une nouvelle vocaliste, Grace Slick. Signe Anderson se retire de l’aventure. Le groupe recrute la chanteuse d’un groupe qu’il cotoie sur scène depuis ses débuts, The Great Society. Slick apporte à Jefferson Airplane un supplément de « folie »: une voix, une personnalité…Deux titres aussi qui vont figurer début 1967 sur l’album « Surrealistic Pillow »: « White Rabbit » (une composition de Grace Slick) et « Somebody To Love » faisaient partie du répertoire de The Great Society, et dynamitent l’album de Jefferson Airplane. Cette fois, Balin et ses compères sont clairement sortis des sentiers battus, mêlant Folk, Rock, Psyche…L’album apparaît comme emblématique de la nouvelle scène née à San Francisco. Et comme un élément essentiel de la bande-son de cette nouvelle société dont on se met à parler partout: celle du « summer of love » de 1967, la contre-culture hippie, le rêve d’une vie différente…

Jefferson_Airplane_-_Surrealistic_Pillow