Second album, et confirmation, pour le groupe londonien Savages: « Adore Life » est sorti aujourd’hui.  Savages, ce sont quatre filles, quatre londoniennes (dont une d’adoption, on y revient) : Jehnny Beth au chant, impressionnante, Gemma Thomson à la guitare, Ayse Hassan à la basse, et Fay Milton à la batterie. Quatre filles le plus souvent de noir vêtues, qui proposent une musique que l’on range indiscutablement dans le registre Post Punk. Un son intense et sombre, à la fois froid et passionné. Dès leurs premiers concerts, la presse anglaise les compare à Joy Division, Siouxie, Magazine…On pense aussi à la Patti Smith incantatrice des débuts… 

Quand on jette un coup d’œil plus appuyé sur le parcours des membres de Savages, on découvre que la chanteuse, Jehnny Beth, a déjà derrière elle d’autres expériences. Et qu’elle est en fait française, originaire d’Angoulême. Camille Berthomier – c’est son vrai nom – a fait partie d’un duo, John & Jehn, avec Nicolas Congé, alias Johnny Hostile, ex membre du groupe français Asyl. Fin 2006, ils s’établissent à Londres. Et c’est là que Beth/Berthomier crée le label Pop Noire en 2011. Un label dont la première sortie a été en 2012  un album de Lescop. Lui aussi ex-Asyl. Dont John/Congé a produit l’album. Le monde musical est petit…

Après la sortie de deux albums de John & Jhen,en 2008 et 2010, changement de cap: Jenny Beth met en route le projet Savages. Gemma Thomson (guitare), qui avait déjà accompagné John & Jhen est de la partie. Nicolas Congé prend en charge la production.  Et rapidement, le quatuor féminin suscite l’intérêt autour de son Post Punk rageur et de ses prestations scéniques. La basse insistante de Ayse Hassan, le jeu de batterie sauvage de Fay Milton, la voix et le jeu de scène « habité » de Jehnny Beth: le cocktail se met en place. Quelques titres précèdent la sortie d’un premier album, « Silence Yourself » en mai 2013.                                                                           Un album sombre, exigeant, avec des morceaux aux intros tortueuses, rythmés par la basse omniprésente de Hassan, et transcendés par l’intensité de la voix de Beth, mise au service de textes rudes…Une certaine ambiance…Qui séduit: l’album atteint le top 20 britannique, et fait son chemin aux USA. 

Au moment d’aborder l’écriture du second album, Beth avait fait part de sa volonté de poursuivre dans la même veine: une musique intense autour de thèmes graves. Pas question d’adoucir le ton…Et de fait, les titres avant-coureurs, comme « The Answer » et son impressionnante vidéo, ont rapidement confirmé cette position… 

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