Le départ d’une figure mythique de l’univers rock. Ils ne sont pas nombreux à mériter ce titre. Lemmy Kilmister est un de ceux-là. Et même si le registre « nécrologie » n’est pas la tasse de thé d’Each Day, il est difficile de passer à côté de cette disparition. Retour donc, en musique, sur quelques jalons d’un parcours marqué par les excès et la rapidité. Rapidité du style de jeu de son groupe Motörhead, rapidité aussi de sa disparition, quatre jours après son septantième anniversaire, deux jours seulement après qu’il ait appris la gravité de son état de santé…Excès aussi dans tous les domaines: l’alcool, les « produits », les femmes, le jeu, le volume du son…Des excès revendiqués avec un certain sens de la provocation…

C’est au tout début des 60s que le jeune Kilmister se découvre une passion pour la musique. La découverte des Beatles, la participation à divers groupes locaux de sa ville, Stockport (près de Manchester), un honorable succès avec The Rockin’ Vickers (on est loin du style Motörhead…), puis le départ pour Londres. Un milieu qu’il découvre: il travaille comme roadie pour Jimi Hendrix. Et se trouve une place au sein d’un groupe qui polarise pas mal d’attention: Hawkwind. Un projet qui mêle des influences psyché, le Heavy naissant, et propose un son « spatial », nourri de SF…Kilmister passe de la guitare à la basse, et s’invente un style propre. Il prend aussi en charge le chant pour quelques titres. Dont « Silver Machine », le morceau le plus connu de Hawkwind. On se rapproche du style Motörhead. Ce groupe, il le crée après avoir été exclu en 1975 de Hawkwind, à la suite d’ une arrestation pour possession de substances interdites. Dès le départ, Motörhead se caractérise par un son particulier: du Hard à la base, mais joué de manière speedée, agressive, des vocaux scandés frénétiquement, « à la Punk »…Lemmy Kilmister se déclare aussi proche de la vague punk naissante que de l’univers du Heavy. Il a d’ailleurs assuré un intérim à la basse pour The Damned. Et ce cocktail, Hard et Punk fera école par la suite…

Le déclic pour Motörhead se produira en 1980, avec l’album « Ace of Spades ». Le premier distribué aux Etats Unis. Avec une plage titulaire qui devient un « classique ». « Ace of Spades » était le 4ème album du groupe. Il y en aura encore 18 autres jusqu’en 2015. Et la disparition de Lemmy Kilmister… »I don’t wanna live forever » chantait l’Anglais dans « Ace of Spades ». C’était en 1980. Il aura pourtant encore eu 35 ans à sa disposition pour enchaîner albums et tournées. Une tournée était d’ailleurs au programme pour 2016…

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