Drôle d’embrouille…La (courte) carrière des Sex Pistols a été pour le moins chaotique, et la fin du parcours particulièrement tortueux. La réalisation par le jeune Julian Temple du film « The Great Rock’n Roll Swindle » (« La grande escroquerie du R’nR ») n’a pas été de nature à simplifier les choses. Ni la sortie de la BO comme un nouvel album de Pistols qui n’en n’était pas vraiment un…C’est au cours de l’année 1978 que Temple, intéressé par le phénomène punk et familier du groupe qu’il a régulièrement filmé, entame la réalisation de ce documentaire « fictionnalisé »: l’histoire de la manière dont un « escroc » -c’est la dénomination du personnage interprété par Malcolm Mc Laren- monte un groupe comme on organise une escroquerie, au dépens de plusieurs maisons de disques. Ca correspond à une certaine réalité: McLaren a mené le parcours des Pistols comme une véritable opération de marketing, après avoir échoué avec les New York Dolls. Et comme il le refera avec Bow Wow Wow…McLaren veut apparaître comme une sorte de marionnettiste dont les membres du groupe ne sont que les instruments. Ce qui n’est pas, forcément, du goût des musiciens. D’où des tensions  croissantes au cours de la réalisation du film. Vingt ans plus tard, Temple reprendra d’ailleurs le sujet, en proposant cette fois le point de vue des membres du groupe, dans « The Filth & The Fury », en 2000. 

Point de départ du film: un enquêteur, interprété par Steve Jones, veut dévoiler les dessous du parcours du groupe monté par un « escroc », McLaren. L’ensemble est illustré par des extraits musicaux. A noter que Lydon/Rotten n’est pas de la partie: il a à ce moment déjà quitté le groupe avec fracas. Il n’est présent que par d’anciennes prises vocales et des images d’archives ajoutées. Matlock est lui aussi absent, parti créer les Rich Kids. Restent Jones et Paul Cook, qui envisagent encore de poursuivre l’aventure et proposent de nouvelles compositions, et la « figure de proue », Sid Vicious, un peu « perdu », déjà,  qui interprète quelques reprises…S’ajoutent à cela la présence de Ronald Biggs (auteur en ’63 de la célèbre attaque du train postal), Edward Tudor Pole (leader du groupe Temple Tudor), et des curiosités comme des instrumentaux, un morceau interprété par McLaren, une version francophone d' »Anarchy In The Uk », ou un remix dance de titres du groupe…Un ensemble hétéroclite, pas forcément convaincant qui fait l’objet d’un double album. Le disque sort en 1979, le film en 1980 seulement. Ca reste un témoignage d’un épisode court, mais important, de l’aventure rock. C’est aussi le premier film d’un jeune réalisateur qui s’illustrera par la suite avec d’autres films,et de nombreux clips musicaux phares, dès les 80s avec Depeche Mode, Culture Club, Stray Cats, Neil Young, Bowie, Stones,…Temple, c’est l’arrivée d’une nouvelle génération de cinéastes pour lesquels musique et images sont intimement liées…

great rr sw

 

Trailer — Sid Vicious – « My Way » — Paul Cook – « Silly Thing »

Tudor-Pole, Cook, Jones,… – « The Great R’nR Swindle »

Steve Jones – « Friggin’ In The Riddin' » — Louis Brennon – « L’Anarchie pour le Uk »

McLaren – « God Save The Queen (Symphony) » — Black Arabs (medley disco)