Cinéma et Rock: une rencontre réelle reconstituée dans une fiction… »Good Morning Vietnam », film réalisé par Barry Levinson, est sorti à l’aube de l’année 1988. Des films concernant cette guerre du Vietnam, il y en avait déjà eu. Le sujet avait inspiré des « grands »: Michaël Cimino et « Voyage au bout de l’enfer » en 1978, Coppola et son « Apocalypse Now » en 1979, Oliver Stone (« Platoon » en ’86), Kubrick (« Full Metal Jacket » en ’87)…Avec « Good Morning Vietnam », on est en 1965: depuis la moitié des 50s, la tension est vive dans un pays déchiré en deux parties sur fond de guerre froide. Plus ou moins froide: les tensions montent en puissance, l’affrontement armé a débuté, les militaires américains sont de plus en plus nombreux à être envoyés sur place. Pour leur ménager des moments de divertissement, il y a la radio. Militaire bien entendu, avec des émissions à leur intention. C’est là qu’intervient Robin Williams, alias Adrian Cronauer. Un jeune militaire réputé pour ses animations radiophoniques. Arrivé dans les studios de Saigon, son esprit d’indépendance, son manque de docilité, vont rapidement l’opposer à certains de ses supérieurs. C’est un des ressorts du film. Williams/Cronauer séduit les soldats avec son ton particulier, et sa programmation dynamique. Celle-ci fait de la BO un témoignage de l’atmosphère musicale de cette première moitié des 60s. Du Surf Rock, de la Soul, du Rock,…Une musique bouillonnante, mais rien de subversif. On est en 1965.  Ce n’est qu’au cours de la seconde moitié de la décennie qu’une partie de la scène rock commencera à sérieusement évoquer la guerre en Asie, et à la contester. La programmation de Williams n’est faite que de morceaux insouciants, frondeurs, parfois trop impertinents pour sa hiérarchie. L’acteur est dans son élément avec ce rôle d’empêcheur de penser en rond, de dynamiteur de conventions. S’y ajoute un autre thème familier avec Robin Williams: la découverte -et le respect- de l’autre. En l’occurrence, ici, du Vietnamien, au travers d’une romance qui pimente le film.

Adrian Cronauer a bien existé. Ancien étudiant en médias, affecté comme militaire à l’animation radio en 65-66, il a lui-même imaginé la transposition de cet épisode de sa vie en série TV. Sans succès. Et s’est alors tourné vers le cinéma avec un scénario qui a croisé la route de Robin Williams. Considérablement retravaillé par Mitch Markovitz, ce scénario est devenu celui du film. Un film qui a choisi d’aborder le difficile sujet du conflit vietnamien avec un dose de fantaisie apportée par Robin Williams, une fantaisie qui se casse les dents devant le système. Autre angle d’attaque de Barry Levinson: la musique. Et une belle bande son de l’époque évoquée. Avec une assez bizarre entorse: un des titres phares du film, « What A Wonderful World » de Louis Armstrong n’aurait pas pu être diffusé par Cronauer: le morceau n’est sorti qu’en 1967…

good morn vtnm

Trailer — Louis Armstrong – « What A Wonderful World »

Grass Roots – « Ballad Of A Thin Man » — The Castaways – « Liar Liar »

The Vogues – « 5 O’Clock World » — Wayne Fontana – « The Game Of Love »

Them – « Baby Please Don’t Go » — James Brown – « I Feel Good »