Bow Wow Wow – Le « système » Mc Laren

Posted: 3rd février 2015 by leo in 80s

Malcolm McLaren a à plusieurs reprises au cours de son parcours fait preuve d’un beau talent de provocateur et de spécialiste des coups marketing. Un talent qu’il tenait notamment de ses activités politiques de jeunesse, dans le courant situationniste. Créer des situations de rupture susceptibles de faire passer un message politique : une stratégie qu’il a adaptée lorsqu’il s’est intéressé au monde musical. Avec les New York Dolls, d’abord, avant de créer le phénomène Sex Pistols. Et quand l’aventure du groupe de Johnny Rotten et Sid Vicious se termine, il tente un « nouveau coup » : ce sera Bow Wow Wow. Groupe qui malgré plusieurs scandales lui amenant une belle couverture médiatique n’arrivera pas à se faire une place dans l’univers de la New Wave…

Retour en 1980 : McLaren travaille avec Adam & The Ants. Adam Ant veut sortir de la sphère punk. Mc Laren lui propose une nouvelle image, des costumes de pirates, et un son nouveau, inspiré des percussions africaines. Ce sera le Tribal Rock : des percussions sèches, entêtantes…Mais ce son, McLaren va finalement l’utiliser avec un nouveau groupe, Bow Wow Wow, qu’il met sur pied avec les musiciens d’Adam Ant. Plus une toute jeune chanteuse de 14 ans, Annabella Lwin.

Premier single, chez EMI, première polémique : « C30, C60, C90, Go » apparaît comme une incitation au piratage. C90,…désignent les cassettes audios sur lesquelles sont réalisées des copies, privées ou non de vinyls. Le « téléchargement illégal » de l’époque…Suit un single aux paroles sulfureuses, « Louis XIV », et le divorce entre McLaren et EMI. D’autant que le succès commercial n’est pas au rendez-vous.            Bow Wow Wow aboutit chez RCA. McLaren le recentre sur le son « Tribal », d’autant que de son côté, Adam Ant s’est relancé seul dans cette voie avec succès.

Bow Wow Wow  fait à nouveau la une de l’actualité à cause de la pochette de l’album « See Jungle… » et du single « Go Wild In The Country » : la jeune chanteuse, mineure, y apparaît nue, dans un remake d’une peinture de Manet. En 1982, « Go Wild… » est enfin une réussite commerciale. Suivie par « I Want Candy », en juin. Nouvelle pochette controversée : ça aide. Et puis le succès retombe, et en 1983, échec d’un troisième album et tensions internes auront raison du groupe. C’est l’éclatement.

McLaren ne tarde pas à rebondir ce « renifleur de tendances » va préfigurer l’irruption de la World Music et l’intérêt pour l’univers Hip Hop avec son album « Duck Rock »…

bow ww

 

« Go Wild In The Country » (1982) — « I Want Candy » (1982)

« Louis Quatorze (1982) — « C30 C60 C90 Go » (1980)

« WORK + Prince Of Darkness (1981) — « The Man Mountain » (TV, 1983)