Pierre Henry & Michel Colombier – Psyche Rock

Posted: 30th novembre 2014 by leo in 60s, Electro

On s’intéresse cette fois à quelque chose de tour à fait particulier. Une musique qui se trouve à la croisée de la création expérimentale, de la musique de danse contemporaine et de la Pop de la fin des 60s. Et qui a été largement adoptée, et saluée, par des artistes actuels.

« Messe pour le temps présent » est une suite de cinq morceaux sortis en 1967 pour servir de bande-son pour un ballet de Maurice Béjart. A priori rien de très commercial. Et pourtant ces notes ont traversé les années et semblent bien familières aujourd’hui encore. Au départ, on trouve Pierre Henry, un musicien de formation classique, né en 1927, élève au Conservatoire d’Olivier Messiaen…Rapidement, Henry va s’orienter vers l’expérimentation de ce qu’on appelle alors la musique « électro-acoustique »…Un terme qui désigne une démarche consistant à utiliser l’électricité pour générer des sons. Il ne s’agit pas du phénomène d’amplification des instruments existants, mais de la création artificielle de sons que ces instruments traditionnels justement ne produisent pas. Des recherches « bruitistes » qui ont débuté vers les années 30, et dont l’aboutissement est la place des sonorités électroniques dans la musque d’aujourd’hui.

Ces expériences produisent des compositions parfois rébarbatives, d’accès peu facile. Mais la création de 1967, pour Béjart, est moins aride, grâce à la collaboration entre Pierre Henry et Michel Colombier. Celui-ci est compositeur, il travaille notamment pour le cinéma (Le Pacha, Un Flic, Une Chambre En Ville,…) et va habiller les créations sonores de Henry avec des instruments et des arrangements empruntés à la Pop Psychédélique qui connaît un joli succès à l’époque : entre 1967 et le début des 70s, la Pop Culture envahit tout, décoration, BD, graphisme, design, habillement, cinéma,  et bien entendu musique. La « Messe pour le temps présent » rencontre son époque. Elle trouve sa place dans le goût du public. Ce sera aussi le cas un peu plus tard pour un autre morceau précurseur de l’avènement de l’électronique, « Pop Corn » (derrière lequel on retrouve aussi des « musiciens-scientifiques », dont Perrey dont nous reparlerons certainement, un étrange bonhomme..).                                                                                                                                 Le morceau phare de cette création, « Psyche Rock » nous semble familier, tant il a été utilisé et réutilisé dans la pub, ou dans des musiques de films, des reportages…Et à la télé pour le Futurama de Groenig…Ce titre reste d’ailleurs source d’inspirations pour des musiciens d’aujourd’hui qui en ont tiré des versions retravaillés : Fatboy Slim, Coldcut, Stereolab, William Orbitt. Et il a été « samplé » à toutes les sauces…L’album du ballet aurait pu trouver sa place dans toute discothèque Pop Rock, à côté des Pink Floyd, et autres. Il ne ‘a pas fait probablement à cause de son côté composite. Outre les cinq pièces de la « Messe », il contenait aussi des morceaux beaucoup plus difficiles d’accès, sans rapport avec la « musique populaire ». Les morceaux « accesibles » ont d’ailleurs été édités sur un disque « parallèle », destiné aux « discothèques d’avant garde »…

p henry

 

« Psyche Rock » — « Teen Tonic » — « Too Fortiche » — « Jericho Jerk »

Fatboy Slim – « Psyche Rock » (Futurama) — Coldcut – « Psyche Rock »

St Germain – « Jericho Jerk » — Béjart au sujet du balletP