Fischer Z – Inventif et méconnu

Posted: 29th novembre 2014 by leo in 80s, New Wave

Fischer Z est un des groupes mémorables de la période charnière marquant le passage des 70s aux 80s. Même s’il n’a pas connu une réussite commerciale spectaculaire. En fait, et assez bizarremment, ce groupe est passé relativement inaperçu en Angleterre, alors qu’il connaissait un beau succès sur le continent et en Australie. A leurs débuts, Genesis ou les Simple Minds avaient eux aussi été d’abord reconnus « à l’extérieur », avant de s’imposer au Royaume Uni.

C’est en 1976 que deux étudiants anglais, John Watts et Steve Skolnik, créent le groupe. Le premier album, « Word Salad », paraît en 1979. On découvre avec intérêt un son particulier: les claviers sont mis en avant, la voix de Watts est particulière, des rythmiques reggae s’insinuent dans des compositions pop (Police à la même époque fait de même),…Les textes aussi sont inhabituels: Watts, qui aime à se définir comme un « héritier de la tradition des troubadours », propose des textes charpentés, évoquant volontiers des thèmes graves, comme la guerre ou la santé mentale (Watts a étudié la psychologie clinique).

Les singles séduisent: « Remember Russia », « The Worker » (une chanson consacrée à son père)… Un deuxième album sort en 1980, « Going Deaf For A Living ». On y trouve à nouveau des mélodies efficaces qui confirment le talent du groupe: « Room Service », So Long », Crazy Girl » sortent en singles. Le succès est là mais reste modeste. Steve Skolnik, un des fondateurs de Fischer Z s’en va. Un départ qui précède d’assez peu  la fin de l’aventure. Un troisième Lp sort en 1981, « Red Skies Over Paradise », avec des titres comme « Berlin », ou « Marliese ». Et john Watts met fin au parcours de Fischer Z. Désormais, il s’exprimera en solo. Il est toujours en activité, après s’être exprimé à travers divers avatars: en solo, avec The Cry, et avec une nouvelle version de Fischer Z dont il était en fait le seul membre d’origine. Et maintenant, il alterne concerts sous la dénomination de Fischer Z et productions solo. Avec toujours le même intérêt accordé à la construction des textes qu’il propose…Au point de proposer des créations qui se situent à mi-chemin entre la musique et la performance poétique. Watts continue aussi à aborder de manière engagée des thèmes sérieux, sombres. Avec un beau talent. On peut en juger avec « L.U.T.W. » paru il y a quelques jours…Mais aussi, hélas, de manière toujours trop confidentielle…

fz

 

« Remember Russia » (’79) — « The Worker » (’79) — « So Long » (’80)

« Room Service » (’80) — « Crazy Girl » (’80) — « Berlin » (’81)

John Watts – « L.U.T.W. With Love And Peace » (2014)