Le 25 janvier sortira « Matador », seconde réalisation en solo de Gaz Coombes. Coombes qui veut aujourd’hui exister sans l’étiquette « d’ancien leader de Supergrass ». Un héritage lourd: Supergrass a incontestablement été un groupe majeur de la vague Brit Pop. Et si ce groupe n’a pas connu un parcours semblable à ceux d’Oasis ou de Blur, c’est probablement dû à un concours de circonstances. Malheureuses.

Ainsi, Supergrass a certainement souffert de sa propre « inconstance » : à plusieurs reprises  il s’est absenté trop longuement de l’actualité musicale là où il aurait fallu marquer le coup. Et puis il semble aussi y avoir eu un malentendu entre le projet du groupe et le public de la première heure. Un public séduit par ce trio de très jeunes musiciens- ils ont moins de vingt ans au début- pleins de fantaisie, avec ce côté « sales gosses » si typique d’une certaine Pop britannique. Le premier single raconte l’interpellation du chanteur par la police. L’image du groupe est forte, au point qu’a existé un projet de création d’une série dont ils seraient les personnages. Un peu comme les Monkees dans les 60s…Or au fil de la parution d’albums, trop espacés, cette image s’estompera au profit d’une maturation, musicale et personnelle.

Tout commence en 1993, du côté d’Oxford. Gaz Coombes (guitare, chant), Mick Quinn (basse) et Danny Goffey (batterie) créent Supergrass.( S’y ajoute, aux claviers, mais longtemps en retrait, Rob, le frère de Gaz). Et les choses vont se passer très vite : un single sur un label indépendant, rapidement épuisé, un coup de pouce de l’incontournable John Peel sur la BBC, et dès 1994 le groupe est signé par Parlophone. Le single de départ est réédité, et est désigné comme « disque de la semaine » à la fois par le NME et par le Melody Maker. Le premier album sort en mai 1995, les singles grimpent dans le top anglais, et « Alright » connaît un succès international…Le phénomène semble bien parti, c’est à ce moment qu’est évoqué le projet Tv. Et là, première erreur du groupe : il ne capitalise pas ce succès par un nouveau disque : l’album suivant ne sort qu’au printemps 1997. L’accueil reste positif, mais un certain enthousiasme, côté public, est retombé. D’autant que le nouvel album marque une évolution par rapport au premier. Même scénario pour le suivant, en 1999. Et puis, à nouveau, une trop longue absence : le quatrième sort en 2002. Un seul extrait entre dans le top 20.

Nouvelle éclipse de trois ans – interrompue par une compilation – avant « Road To Rouen », un album enregistré en France, plus encore marqué par les nouvelles ambitions  musicales du groupe : la critique salue le disque, le succès commercial ne suit pas…

Un sixième album, en 2007, précédera la rupture du contrat avec Parlophone. Le monde de l’édition musicale change, Supergrass ne trouve pas grâce aux yeux des nouveaux gestionnaires qui ont repris le label. Retour donc au circuit indépendant. Avec le projet d’une nouvelle production qui ne verra pas le jour : en 2010, le groupe anglais met fin à son parcours. En 2012, Gaz Coombes sortait un premier disque solo. Déjà, il voulait imposer sa griffe personnelle, prenant en charge toute la réalisation du disque. Avec le nouvel album, on le retrouve encore derrière tous les instruments. Et désireux de proposer un disque très éloigné de ce qu’il faisait auparavant. Parmi les références évoquées, le Krautrock, les musiques de films de Disney (?), Brian Eno,…Le -très court- trailer vient d’apparaître. Un seul titre est actuellement disponible: sorti voici un an, « Buffalo » était le premier titre de cette nouvelle aventure musicale. Ce sera aussi le premier titre de l’album…

gaz coombes

 

Gaz Coombes – « Buffalo » (2013) — « Matador » (trailer)

Supergrass – « Caught By The Fuzz » (’94) — « Alright » (’95) — « Sun Hits The Sky » (’97)

« Pumping On Your Stereo » (’99) — « Grace » (2002)