Moby Grape – Entre harmonie et désordre

Posted: 20th octobre 2014 by leo in 60s

Retour vers les 60s, avec le bref et singulier parcours de Moby Grape: un étonnant contraste entre une production musicale marquée par l’harmonie et un parcours accidenté et passablement catastrophique. Qui a provoqué la fin prématurée d’une aventure qui s’annonçait pourtant prometteuse…A l’origine de la création du groupe, on retrouve Matthew Katz, manager en rupture avec son premier groupe, Jefferson Airplane. Avec Skip Spence, ex-batteur du même Jefferson Airplane, il entreprend de lancer un nouveau projet dans le San Franciso de la seconde moitié des 60s, celui de la « Love Generation ». Ce sera Moby Grape: une formule originale qui réunit trois guitaristes, Spence (qui abandonne une batterie qui n’était pas son job de prédilection…), Peter Lewis et Jerry Miller qui mène le trio. Bob Mosley est à la basse, Don Stevenson à la batterie. Rapidement, lors de ses premières prestations live, le groupe séduit par la qualité de son jeu et de ses compositions évoluant entre Folk Rock, Psyche, Blues, Country…Des compositions auxquelles collaborent tous les musiciens. Qui se partagent aussi les parties chantées. Au centre du dispositif, le dialogue entre les trois guitares. On est en 1967, et Moby Grape est signé par Columbia qui croit suffisamment dans son nouveau poulain pour sortir en même temps un premier album et cinq singles simultanés. Le premier album séduit le public et la presse spécialisée. « Omaha » entre dans le Billboard. Lancement réussi, et beau parcours en perspective. Et pourtant…Les rapports avec le manager, Katz, se détériorent. Les prétentions financières de Katz privent le groupe d’une belle exposition au festival de Monterey. Ses conditions trop élevées pour que le groupe puisse être filmé pour un documentaire réalisé à cette occasion ont pour conséquence que Moby Grape est programmé à un moment creux d’un festival qui aurait du être une consécration…Moby Grape se sépare de Katz. Non sans souci: l’ex manager était « propriétaire » du nom du groupe…Plus tard, il fera tourner d’autres musiciens sous ce nom…

Un second album sort en 1968, « Wow », accompagné d’un autre disque, gratuit, « Grape Jam », fruit de sessions auxquelles ont participé Al Kooper et Mike Bloomfield    . C’est une confirmation du potentiel du groupe. Mais plus que d’une promesse pour la suite, cet album sera une sorte de chant du cygne pour Moby Grape. L’enregistrement du suivant, à New York, sera une galère, marquée par les graves problèmes d’addiction -et de comportement- de Skip Spence (qui fera l’objet d’un internement), et par le retour précipité de Lewis en Californie. Après la sortie de « Moby Grape ’69 », c’est le bassiste Mosley qui jette l’éponge: il intègre les Marines. Les trois rescapés sortent un dernier album à la fin de l’année 1969. Mais l’heure du groupe est passée. L’aventure est finie. Une brève reformation en 1971 ne sera qu’un épisode discret, avec un album chez Reprise. D’autres réunions occasionnelles ont eu lieu depuis, et le groupe s’est encore, au cours des 2000s, produit avec trois membres de la formation d’origine, Miller, Mosley et Lewis, accompagnés du fils de Miller, et de celui de Spence, décédé…

sans-titre (67)

« Omaha » & « 8.05 » (Tv show, 1967) — « Sitting By The Window » (1967)

« Changes » (1967) — « Bitter Wind » (1968)

« If You Can’t Learn From My Mistakes » (1969)