The Saints – Un malentendu au départ…

Posted: 8th août 2014 by leo in 70s, Punk

 

1977: un groupe australien débarque à Londres, signé par EMI: débuts en fanfare pour The Saints, mais aussi malentendu sur la véritable personnalité du groupe. De quoi mettre en danger son parcours: de fait, la « version originale » du groupe disparait deux ans plus tard, malgré de belles ambitions…

Retour en 1974, à Brisbane: Chris Bailey est un Irlandais dont la famille a pris le chemin de l’Australie. Il crée un groupe avec deux copains, Ivor Hay et Ed Kueper. Le premier s’occupe des percussions, le second est comme Bailey guitariste et vocaliste. Ils se nourrissent de Rythm’n Blues, de Soul, du Rock des origines. Et sont également influencés par des gens comme MC5 ou les Stooges. Leur son est rude, la voix de l’Irlandais Bailey solide, la batterie de Hay nerveuse…Par leurs propres moyens, ils éditent un premier single en juin 1976, « I’m Stranded », et arrivent à le faire sortir en Angleterre. Le moment est particulier: on parle beaucoup du Punk new yorkais (CBGB, Ramones,…), et l’épisode anglais s’annonce. Le single percutant des Saints séduit du côté de Londres. La presse en parle. EMI s’intéresse à ce groupe australien jusque là inconnu. Même dans son pays. Et le signe. Le single est réédité, et dès la fin de l’année sort un premier album. Le groupe est catalogué « punk ». Bailey et ses collègues débarquent en Europe. Et c’est à ce moment que le décalage se fait jour: les Australiens n’ont pas un look de Punk (l’un d’eux arbore même une chevelure digne des musiciens Glam…). Et ils n’ont pas l’intention de changer. De même qu’ils ne se reconnaissent pas dans le mouvement Punk et ses valeurs. En Australie, ce mouvement avait d’ailleurs mauvaise presse, et peu d’impact. Et si leurs premières productions ont la couleur du Punk, ils ont des ambitions qui dépassent les deux accords speedés…Les productions se succèdent, et ces ambitions musicales deviennent plus claires, au niveau des orchestrations, avec l’adjonction de cuivres, une écriture plus élaborée. Mais probablement à cause du malentendu de départ, le parcours des Saints ne décolle pas. EMI met un terme à la collaboration après un troisième album, fin ’78. Ajoutons à cela des tensions internes grandissantes: Bailey se dirige vers un son plus Pop Rock tandis que Kueper veut arriver à quelque chose de plus pointu. En 1979, il quitte le groupe et retourne en Australie, où il s’oriente vers l’avant garde. Départ aussi pour Ivor Hay. Fin, trop rapide, de la première partie de l’aventure. Désormais, The Saints sera essentiellement le projet de Chris Bailey, entouré d’un line up changeant. Projet toujours actif: le dernier album à ce jour date de 2012. De la première formule des Saints, Bob Geldof dira qu’elle a été, avec les Sex Pistols et les Ramones, un des trois éléments importants de cette période…

sans-titre (27)

« I’m Stranded » (1976) — « Erotic Neurotic » (1977) —« This Perfect Day » (1977, Top OTP)                                                                                                                                                       « Know Your Product » (1978) — « Private Affair » (1978) — « Sweet Chariot » (2013)