Ride – Le retour…

Posted: 25th juillet 2014 by leo in 90s, Rayon "frais"

Un retour. Un de plus. Et celui-ci fait particulièrement plaisir: le groupe Ride vient d’annoncer qu’il se reformait et reprenait le chemin de la scène en mai prochain. Des concerts en Grande Bretagne mais aussi sur le continent européen (Paris, Amsterdam, Barcelone pour le Primavera,…) et sur le continent américain (New York Toronto). Retour intéressant et réjouissant parce qu’on était resté, en 1996, sur l’impression qu’un groupe aux potentialités bien réelles n’était pas allé jusqu’au bout de celles-ci…

L’aventure commence en 1988, à l’initiative de deux copains de collège d’Oxford, devenus étudiants en Arts, Andy Bell et Mark Gardener. Ride, jeune groupe dont les musiciens n’ont pas encore vingt ans, va assez rapidement attirer l’attention: les premières démos, enregistrées au domicile du bassiste, Steve Queralt, vendeur de disques, arrivent entre les mains d’Alan Mc Gee, le patron du label alternatif Creation. Il signe le jeune groupe. Et 1990 est déjà l’année de la révélation du groupe, pour le public et pour la presse. Trois Eps sortent au fil de l’année. Les deux derniers entrent dans le top 40 anglais. Une performance inédite pour Creation. Et le premier album, en octobre, « Nowhere » atteint la 11ème place. Ride a l’honneur des Peel Sessions. Et les critiques en parlent comme d’un tout grand espoir…On classe le groupe dans le mouvement Shoegaze. A son corps défendant: les jeunes musiciens d’Oxford reconnaissent une parenté avec My Bloody Valentine, mais se réclament d’autres groupes comme Sonic Youth ou les Smiths. Leur son est bien « noisy », mais traversé par le côté mélodique des guitares et des harmonies vocales des deux leaders, Bell et Gardener…

La sortie de l’album est suivie par une intéressante tournée internationale. Et en février 1992, le single « Leave Them Behind » (top 9 Uk) annonce l’album de la confirmation, « Going Blank Again », produit par Alan Moulder. Un « live » est enregistré à Reading, où Ride côtoie Nirvana…Pourtant, le mécanisme connaît ses premiers ratés: les membres du groupes sont fatigués par le rythme des tournées, et ils s’interrogent sur le devenir musical du groupe. L’envie de se défaire de l’étiquette Shoegaze, de diversifier le son du groupe, d’y intégrer une composante Dance, d’être plus « commercial »…Les options divisent les jeunes Anglais. En particulier, des tensions naissent entre Bell et Gardener. De plus en plus nettes: pour le 3ème album, « Carnival Of Light », en 1994, les deux hommes, qui sont aussi les principaux songwriters du groupe, s’attribuent chacun une face. Et pour le suivant, qui sera aussi le dernier, en ’96, Gardener ne signe qu’un titre. C’est le divorce: Gardener quitte le groupe à peine l’enregistrement terminé, et Bell annonce le split de Ride presqu’en même temps que la sortie de ce dernier album, « Tarantula ». Le premier entame un parcours solo, le second sera le bassiste d’Oasis avant d’accompagner Liam Gallagher dans l’aventure Beady Eye. Celle-ci vient de prendre fin, laissant fort opportunément Bell disponible pour ce retour de Ride.                                                                                                                                   Bien des années après le split, Gardener, Bell et les autres s’étaient retrouvés, apaisés, pour quelques concerts du groupe. En évoquant leurs désaccords passés, les estimant  plutôt infantiles. La nouvelle réunion qui vient d’être annoncée semble plus sérieuse, plus durable. Dans un premier temps, pas de nouvelles créations musicales. Mais les Anglais imaginent que le fait de se retrouver, de rejouer ensemble, de répéter, devrait entraîner assez logiquement l’envie de composer de nouveaux titres…A suivre…

sans-titre (15)

« Vapour Trail » (1990) — « Paralyzed » (1990) — « Dreams Burn Down » (1990)

« Leave Them All Behind » (1992) — « Twisterella » (1992)

« Birdman » (1994) — « I Don’t Know Where It Comes From » (1994)

« Black Nite Crash » (1996)