On reste chez Virgin, avec un autre « gros coup » du label de Richard Branson, Culture Club. Branson avait initié une politique audacieuse dès le lancement de son label, en misant sur un jeune homme de vingt ans et sa création totalement personnelle et instrumentale. Mike Olfield fut le premier pari gagné de Branson. Nouveau coup de génie en 1976 : Virgin accueille les Sex Pistols, rejetés par les autres grands labels, comme EMI. Derrière ce succès, de la chance certainement mais aussi du flair et l’ouverture à des projets originaux, parfois difficiles. Ainsi, au fil des années, le label de Branson va , avec plus ou moins de bonheur, donner leur chance à Human League, aux Flying Lizards, à Devo, aux Simple Minds, ou encore au duo OMD.

En 1982, Virgin mise sur Culture Club, un groupe à la démarche inhabituelle, mené par l’extravagant Boy George… Boy George, alias Georges O’Dowd, est un personnage. On le découvre au tout début des 80s : il fait partie des Blitz Kids, un nom désignant les jeunes gens qui fréquentent le Blitz, un night-club de Covent Garden, à Londres. Un endroit où se retrouvent des jeunes gens qui partagent le même goût pour une certaine sophistication, vestimentaire mais aussi musicale. Ils lancent le mouvement Néo Romantique, une sorte de réaction à la vague Punk. Tenues extravagantes, attitudes provocantes, volontiers prétentieux, s’y côtoient ceux qui vont s’illustrer plus tard dans des groupes comme Spandau Ballet, Visage, Dead Or Alive, Sigue Sigue Sputnik. Et Culture Club. Boy George a de l’ambition. Il participe d’abord au projet Bow Wow Wow, groupe de Tribal Rock créé de toutes pièces autour d’une toute jeune chanteuse, par Malcolm McLaren, avec les musiciens « volés » à Adam Ant. La collaboration est de courte durée. Question de cohabitation entre egos surdimensionnés.                                                                          Boy George crée alors son propre groupe, Culture Club. EMI finance l’enregistrement de démos. Puis renonce à signer le groupe. C’est à ce moment qu’apparaît Virgin. Au cours du printemps 1982 sortent deux singles, « White Boy » et « I’m Afraid Of Me » : ils ne dépassent pas la barre de la centième place du top anglais. Virgin laisse au groupe la possibilité d’un troisième essai : ce sera le déclic, en septembre, avec « Do You Really Want To Hurt Me ? ». Le morceau est percutant, mélange de Pop, de Soul, de Reggae, le clip fait découvrir au grand public ce chanteur androgyne,…Un petit parfum de scandale pimnte le tout et attire bien entendu l’attention. Premier du top Uk dès octobre, le morceau est aussi un tube international sur le Continent et aux Usa (où le groupe est distribué pour la première fois, par Epic). « Do You… », avec le « Billie Jean » de Jackson, est le tube de la fin de l’année. Il entraîne dans son sillage le premier album, « Kissing To Be Clever », et les singles « Time » et, début 1983, « I’ll Tumble 4 Ya ». Une carrière est lancée, Virgin possède une belle référence de plus dans son catalogue…

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« Do You Really Want To Hurt Me? » — « White Boys Can’t Control It » (live 83) —

« I’ll Tumble 4 You » — « I’m Afraid Of Me »