Ananda Shankar – A l’intersection…

Posted: 25th septembre 2013 by leo in 70s, 90s

Petit coup d’œil sur le parcours d’un musicien intéressant : il a, à plusieurs reprises, fait office de point de rencontre entre la musique indienne et l’univers Pop Rock…Son nom : Ananda Shankar. Oui, c’est parent avec Ravi : il en est le neveu. Le succès de Ravi Shankar dans le courant de la seconde partie des 60s dans le milieu rock lui a d’ailleurs probablement pas mal servi à se faire connaître.
Après avoir étudié la musique indienne classique dans son pays, Ananda Shankar débarque à Los Angeles vers 1968. Il est âgé de 26 ans. La musique indienne et ses sonorités sont en vogue, en pleine vague psychédélique. George Harrison collabore avec Ravi et étudie les sons indiens. Ananda fréquente le milieu rock, il joue notamment avec Jimi Hendrix…Le label Reprise lui propose de réaliser un album : il sortira en 1970. Ananda Shankar y mêle étroitement instruments indiens – sitar, tablas,…- et occidentaux – guitare électrique, synthés Moog,…tout au long d’un disque qui alterne reprises (Rolling Stones, Doors) et compositions originales.

Retourné en Inde, il va continuer, en marge de son répertoire indien « classique »  à expérimenter les mélanges entre sons orientaux et occidentaux. « Ananda Shankar & His Music », paru en 1975, le voit s’aventurer du côté du Funk, du Jazz, du Groove. On pense à la manière dont Carlos Santana vers la même époque marie Rock et rythmes latinos.

C’est brillant, passionnant, et précurseur. Et c’est précisément la réédition, vingt ans plus tard, de morceaux figurant sur l’album de 1975, « Dancing Drums », et « Streets Of Calcutta », notamment par Blue Note, qui va à nouveau attirer l’attention sur le musicien indien, en particulier dans l’univers des clubs anglais. Ananda Shankar s’installe alors à Londres, il se produit en live et collabore avec des Djs, mêlant son savoir faire indien avec le Hip Hop, la Dance … Un album rendra compte de cette nouvelle rencontre Orient-Occident en 2000, « Walking On ». Mais Shankar, mort avant la sortie, n’aura pas l’occasion de prolonger l’expérience.

Il aura eu à plusieurs reprises l’occasion de promouvoir, et pratiquer, un intéressant métissage musical. Et on discerne son influence chez des gens comme Cornershop (dont les membres sont personnellement partagés entre Inde et Angleterre), Badmar & Shri, Kula Shaker ou Blood Orange…

              

« Jumping Jack Flash » (1970) — « Light My Fire » (1970) — « Metamorphosis » (1970)

« Dancing Drums » (1975) — « Streets Of Calcutta » — « Throw Down » (1999)