Une petite incursion dans l’univers du Reggae : on s’intéresse à un personnage un peu particulier, à la fois musicien et chanteur, mais aussi, et peut-être surtout, poète et militant politique : Linton Kwezi Johnson. Né en Jamaïque, installé à Londres précisément à Brixton,  dès 1963 – il a alors 11 ans-  il va au cours de sa carrière mettre en mots et en musique son parcours d’afro-caribéen dans la société anglaise. Dans des textes à forte connotation politique ( il s’insère dans un courant Marxiste-Leniniste), Johnson évoque le racisme, les inégalités sociales, la vie des banlieues…Des thèmes qui rejoignent ceux dont parlent des groupes comme Clash ou les Specials…

Sa réflexion se traduit dans des poèmes. « Ecrire, explique Johnson, est un acte politique, la poésie est une arme politique »…Ses qualités de poète lui valent d’être le second poète vivant à être publié dans la collection « Modern Classics » de Penguin. Et le seul écrivain noir.

Linton Kwesi Johnson récite ses poèmes sur scène, accompagné de musiciens de  Reggae, dans un anglais teinté d’argot jamaïcain. En 1978, il décide de passer à un niveau supplémentaire : il sort un premier album, « Dread Beat’n Blood ». On y découvre une manière tout à fait particulière de pratiquer le Reggae, peu connu du public européen : le « toasting » : il récite ses textes sur un accompagnement Dub. Il apparaît rétrospectivement comme un des pionniers de la culture Rap et du Slam. Et le son si particulier de la technique Dub va aussi faire école. La scansion, la voix profonde, la ligne de basse, les textes graves : Linton Kwezi Johnson ne passe pas inaperçu. De fait, le résultat est percutant.  Il sortira encore deux albums qui connaissent un bel accueil en 1979, « Forces Of Victory » (qui parait aussi en version instrumentale Dub), et en 1983, « Making History ». Dans celui-ci, il revient sur les émeutes de Brixton de 1981.

Dès les 80s, il créera son propre label LKJ Records : il y éditera ses disques, régulièrement des live, et ceux d’autres artistes pratiquant le même type de Reggae urbain que lui…

                  

Dread Beat An’ Blood 1978

Forces Of Victory 1979

It Noh Funny 1979

Brain Smashing Dub 1980

Di Great Insohreckshan 1982