Elvis Costello

Posted: 15th décembre 2011 by leo in 70s, 80s, Punk

N’achetez pas mon nouveau coffret-rétrospective, il est trop cher. Achetez plutôt le coffret remastérisé de Louis Armstrong, il est moins cher et meilleur: c’est en résumé l’étonnante déclaration d’Elvis Costello sur son site officiel, voici quelques jours. L’artiste, qui n’en n’est pas à sa première provocation, explique qu’il a d’abord cru à une blague quand il a appris le prix de l’objet, 200 $, puis qu’il a essayé, en vain, de le faire baisser.
Costello a commencé à faire de la musique dans le circuit Pub Rock: un circuit alternatif mis en place par des musiciens qui voulaient revenir à un rock plus originel, plus énergique, renouant avec le blues et des gens comme les Stones des débuts, les Pretty Things, les Animals,…Ils ne trouvaient pas d’endroit pour se produire, barrés par les groupes Glam ou Progressive alors en vogue. A partir de cette démarche s’est mis en place un circuit, dans les pubs, et des groupes (Dr Feelgood, Graham Parker, les Hot Rods,…) et des labels (Stiff). Ce circuit Pub Rock a servi de rampe de lancement au mouvement Punk. Par exemple, Joe Strummer a fait partie des 101ers avant de créer Clash. Issu du Pub Rock, Costello a été assimilé aux groupes punks, dont il se démarquait pourtant par son look, et ses racines musicales.
Son premier album paraît en 1977. Sa musique est alors essentiellement rapide et énergique. Il développe des thèmes sociaux et politiques qui jalonneront sa carrière. Et est volontiers provocateur. En 1979, il sort « Armed Forces » et connait un tout gros succès avec le single « Oliver’s Army », n°2 du top UK.
Dès 1980, il élargit son style à d’autres registres: la Soul avec « Get Happy », la Country avec « Almost Blue », des nouvelles orientations qui déconcertent son public.
En 83 sort « Punch The Clock », un de ses albums majeurs, très engagé, notamment contre le gouvernement Thatcher.
Par la suite, son parcours est de plus en plus éclaté, avec des collaborations et des formations diverses. Costello s’inspire du jazz, de la musique classique, compose pour un ballet, des films, devient épisodiquement acteur de théâtre, et publie parfois deux disques par an…
Depuis 2003, il collabore avec la chanteuse pianiste canadienne Diana Krall, devenue sa troisième épouse.
Il n’abandonne pas le registre Pop Rock pour autant: en 2008 paraît l’album « Momofuku ».
Et on le voit avec cette prise de position sur son site, Elvis Costello n’a rien perdu de son mordant…

L.L.10/2011

 

\ »Oliver\’s Army\ »

\ »Pump It Up\ »

\ »I Don\’t Want To Go To Chelsea\ »

\ »Everyday I Write The Book\ »

Le site d’Elvis Costello,www.elviscostello.com/, mérite le détour, extrèmement copieux, il permet d’écouter des morceaux au hasard, en faisant tourner une sorte de « roue de la fortune », comme Costello le propose en vrai aux spectateurs à l’occasion de sa tournée actuelle. Tournée perturbée à cause de l’état de santé de son père. Le concert prévu en novembre au Cirque Royal de Bruxelles a été reporté en mai.