Procol Harum – L’ombre d’un succès

Posted: 12th juin 2012 by leo in 60s, 70s

Parfois, le parcours d’un groupe se résume à un seul morceau, un gros succès qui n’a pas connu de lendemain. Le groupe n’arrive pas à renouveler la magie d’un moment. Parfois aussi, un groupe est injustement associé à un seul titre, une réussite qui écrase l’ensemble d’une carrière pourtant brillante, au point de la faire passer inaperçue. C’est un peu le cas de Procol Harum: les anglais ont réalisé plusieurs albums avec un talent certain, et ils ont préfiguré, dès la fin des 60s, le rock progressif des 70s. Mais le plus souvent, le nom de Procol Harum n’évoque qu’un titre, « A Whiter Shade Of Pale », leur premier single qui fut aussi, en 1967, un énorme tube international…Un standard du slow pour des années…

A l’origine de Procol Harum, on trouve les Paramounts, qui ne connaissent qu’un timide succès en 1964 avec une reprise de « Poison Ivy ». Le leader, Gary Brooker, change de formule. Avec notamment le guitariste Robin trower, il crée un nouveau groupe, s’adjoint de nouveaux musiciens, dont Matthew Fisher à l’orgue, un instrument central dans le répertoire de PH. Autre nouveau venu: le poète Keith Reid, dont les paroles vont nourrir le style raffiné du groupe. Reid qui par ailleurs a écrit les textes du premier album de Polnareff, en 1966.

Mai 1967: c’est la sortie de « A Whiter… », et immédiatement la réussite. Tellement rapide et imprévue qu’elle déstabilise le groupe qui connaîtra pas mal de changements de personnel. Le second single, « Homburg » confirme l’impact du groupe, qui passe rapidement au format de l’album. Brooker et ses collègues seront en 1970 de la partie pour le Festival de Wight. 

Après ces débuts en fanfare,le succès s’estompe, le groupe a du mal à se trouver un second souffle, à se créer une identité musicale au-delà de la renommée du premier single. Le déclic se produit en 1972: Gary Brooker, pianiste de formation classique (c’était déjà sensible dans « A Whiter… », avec la touche baroque), entreprend de faire enregistrer l’album suivant du groupe avec un orchestre symphonique. La démarche séduit, la nouvelle version de « Conquistador » marque le retour de Procol Harum en haut des charts. Et le groupe ouvre la voie au mouvement progressif et au rock symphonique, de la même manière que les Moody Blues. Dans cette voie s’illustreront des gens comme Rick Wakeman, ELP, Genesis, ELO, Queen,… 

En 1973, le Lp « Grand Hotel » est un succès, mais « Pandora’s Box », en 1975, sera le dernier disque du groupe à se classer en ordre utile. En 1977, c’est la fin du parcours. Par la suite, des reformations ponctuelles auront lieu au cours des 90s, et en 1999 Gary Brooker annonçait pour l’an 2000 le retour de Procol Harum sur scène. Depuis lors, Brooker se produit en live, avec notamment l’organiste Fisher, et à la batterie Marc Brzezicki, ex Big Country.

                     

A Whiter Shade Of Pale 1967

Homburg 1967 (TV 1968)

A Salty Dog 1969 (TV 1971)

Conquistador 1972

  1. Nicolas Fanuel dit :

    Belle tentative de réhabilitation, méritée pour un groupe qui avait déjà fait tout ce que Genesis a fait un peu plus tard…la voix de Brooker est à tomber, les paroles de Reid sont la marque d’un véritable auteur…ça donne des morceaux souvent tristes, mais aussi, souvent d’une énergie assez communicative…de l’humour parfois aussi :
    There’s too many women and not enough wine
    Too many poets and not enough rhyme
    Too many glasses and not enough time
    Draw your own conclusions

    Tout est dit 🙂