Mode d’emploi…

Posted: 30th décembre 2011 by leo in Non classé

POSOLOGIE: C’est quoi, » Each Day, a Song » ? Apprécier un morceau, le découvrir, le redécouvrir est un plaisir qui peut se renouveler chaque jour…Un morceau qui colore un moment, qui donne le sentiment de cotoyer de belles choses. Une fois par jour semble être une bonne prescription…Quel qu’en soit le style, même si ici il sera surtout question de pop-rock. Au sens très large. L’univers de la musique enregistrée et diffusée existe depuis longtemps maintenant. Et on semble pourtant loin de l’essoufflement. Chaque jour permet la découverte d’un artiste, d’un groupe, d’un titre…Foster The People, Wilco, King Krule, The Vaccines…cette année, Nirvana, Blur, Oasis, Clash, The Smiths, New Order, David Bowie, Marc Bolan, Neil Young, The Byrds,The Beatles…auparavant. Redécouvrir ces « anciens » groupe, ou les découvrir parce tout simplement on n’était pas encore de ce monde…Découvrir ceux qui fourbissent leurs notes, et s’apprêtent à envahir la scène…C’est l’idée de ce site…

COMPOSITION: Des coups d’oeil sur la carrière de groupes et artistes plus ou moins connus / Des gros plans sur des albums importants / Des artistes à découvrir, à suivre / Un regard en arrière sur d’anciens charts, histoire de respirer l’atmosphère musicale d’un moment donné / Des news, glanées à droite et à gauche: albums prévus, actualité des groupes,…

DATE D’EXPIRATION: Non ( ou alors peut-être le 21/12/2012 ?)

EFFETS SECONDAIRES:  l’envie de découvrir plus avant ces groupes et artistes dont il sera question ici.

IMPORTANT: ne pas hésiter à nous faire part de vos suggestions ou questions…

 

 

A la charnière des 70s et des 80s apparait un engouement pour les musiques électroniques. Le son robotique de Kraftwerk fait des émules : les Flying Lizards, Jacno en France, Telex en Belgique, La Dusseldorf, Sparks, les Silicon Teens, New Musik, B 52s, Orchestral Manœuvres, Yellow Magic Orchestra,  Human League première version, Devo,…Le mouvement Synthpop de la New Wave s’annonce. L’époque est marquée par une sorte de « modernisme militant » : illustrations rétro-futuristes, orthographe transformée ( écrivez « muzik » plutôt que « music »…), looks étranges,…

Un groupe apparaît subitement dans ce contexte : M. Un succès significatif, « Pop Muzik », et puis retour assez rapidement à l’anonymat…M, c’est le projet d’un musicien, Robin Scott, qui depuis quelques années, déjà, tente de percer. En 1969, il avait déjà sorti un album centré sur sa guitare et son chant. Sans grand impact. Par la suite, on le retrouve en compagnie des musiciens de Camel, manager d’un groupe de Pub Rock, créateur d’un label indie, producteur pour les Slits, un groupe punk 100% féminin…En 1978, il lance le projet M. Autour de lui, songwriter, guitariste et chanteur, on trouve son frère à la basse, son épouse aux chœurs, et le claviériste Wally Badarou. Ce dernier n’est alors guère connu, mais il entame une carrière qui l’amènera à jouer avec Level 42, les Talking Heads, Robert Palmer, Herbie Hancock,…S’ajouteront rapidement à cette équipe de base deux futurs Level 42, Gary Barnacle (saxophone) et Phil Gould (batterie).

Le premier single, « Moderne Man », est une déception. Il semble que Scott ait encore raté son coup…Mais le single suivant, « Pop Muzik », est un succès considérable, international…Qui entraine dans son sillage, en 1979, l’album « New York-London-Paris-Munich », et les 45 tours suivants, « Moonlight & Muzak » et « That’s The Way The Money Goes ». La suite sera moins positive : en 1980, le single « Official Secrets » et l’album qu’il annonce peinent dans les charts. Au point que le label du groupe décidera de ne pas sortir le troisième Lp en Angleterre. M disparaît aussi subitement qu’il était apparu. Reste « Pop Muzik », un titre qui a gardé toute sa fraîcheur, sorte de single pop parfait…

Robin Scott poursuivra une carrière moins exposée, mais riche en expériences : il travaillera notamment avec Ryuchi Sakamoto (YMO) et avec des musiciens africains…

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A suivre – Trudy & The Romance

Posted: 22nd octobre 2017 by leo in Non classé

« Twist It, Shake It, Rock’n Roll »: c’est le titre, un peu décalé, du nouveau single de Trudy  & The Romance. Un nom tout aussi décalé, pour ce trio de Liverpool né en 2014. Au centre du projet, la voix très particulière du chanteur-guitariste Olivier Taylor. Une voix mise au service d’une relecture originale d’un son hérité de la fin des 50s, l’époque du Doo Wop, des chansons pop romantiques, et d’une jeunesse qui se découvrait. Le terreau sur lequel sont apparus les Beatles. Avec Trudy & The Romance, on part du même terreau, mais on l’envisage avec recul, avec dérision…On n’est plus en 1958, le Garage et le Punk sont passés par là. Et le groupe, pour se définir, parle de « mutant 50’s pop ». 

Dès ses débuts, le groupe a ainsi proposé un univers musical qui lui est propre, imaginatif et débridé: c’est courageux, plutôt rare, et séduisant. Depuis « Behave », en 2015, les singles se sont succédés. Le groupe s’est aguerri sur scène. Cette année, il a fait le voyage au SXSW. Le 17 novembre, il sort un Ep intitulé « Junkyard Jazz »: deux titres très intéressants sont arrivés en éclaireurs: « Is There A Place I Can Go », en septembre, et le récent « Twist It,… ». Quelques claquements de doigts, et c’est parti. Mais pas vraiment où on croyait…

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Un nouveau single pour Django Django, et un album en vue, -« Marble Skies » en janvier- c’est une bonne nouvelle. D’autant que le morceau est bon. Autant la sortie du nouveau single de Noel Gallagher (voir la page Facebook d’Each Day a Song), autant celui de Django Django est réjouissant. Le groupe poursuit dans la même voie: un son aventureux et inventif, à la limite de l’expérimental, mais immédiatement séduisant et accessible. Pour l’album à venir, les membres du groupe évoquent des influences Krautrock, Jazz Fusion, Electro, Summer Pop…Une variété d’ingrédients qui génère la séduction des productions des Anglais. Retour aux débuts de l’aventure…

En 2009, quatre étudiants d’une école d’art lancent le projet. Originaires d’Ecosse, d’Irlande du Nord et du Yorkshire, ils sont installés à Londres. C’est là qu’ils mettent au point leur style: une musique volontiers « intellectuelle » et expérimentale. Ils ne pensent d’ailleurs pas franchir les limites d’un certain Underground. Quand ils sortent un premier album, en janvier 2012, ils n’imaginent absolument pas le succès qu’il va rencontrer. Et même leur maison de disque se limite à un tirage modeste. Pourtant, le disque, annoncé par le single « Default », est directement salué par la critique, et séduit le public. Ce premier album atteint presque le top 30 des charts Uk, et le groupe est nominé pour le Mercury. L’utilisation d’extraits de ce premier album, simplement intitulé « Django Django », pour les bandes sons de jeux vidéo achève de donner une belle notoriété au groupe…Il faudra attendre trois ans pour voir arriver le disque suivant, « Born Under Saturn ». Entretemps, le groupe a goûté à la notoriété et participa à de nombreux festivals. Mais ce second album confirme la qualité du premier. Et, surtout, les membres de Django Django n’ont pas perdu en chemin leur option aventureuse et expérimentale. Ni leur capacité de proposer des productions séduisantes. Trois nouvelles années ont passé, et la sortie du pétillant « Tic Tac Toe » est clairement de bon augure en ce qui concerne l’album à venir…

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A suivre – Hearty Har

Posted: 6th octobre 2017 by leo in A suivre..., Rayon "frais"

Au cours de l’été, un « premier » single avait attiré notre attention: « Can’t Keep Waiting » de Hearty Har, sorte de croisement entre Garage et Psych Rock, sortait du rang par sa pertinence et son punch. Joli pour un premier disque…Arrive cette semaine un second single, « Radio Man’56 ». Nouvelle réussite. Deux titres aussi efficaces pour les débuts d’un jeune groupe, ça méritait qu’on se penche sur leur cas. Alors, on découvre qu’ils sont Californiens, qu’ils apprécient le matériel  de production analogique, que le groupe a été formé par deux frères, guitaristes, Tyler et Shane Fogerty, et un copain batteur, Will Van Santen. Complètent le groupe le bassiste Marcus Högsta et le claviériste Jesse Wilson. A signaler aussi l’utilisation d’un saxophone qui n’est pas pour rien dans la « personnalité » du single « Can’t Keep Waiting ». Marrant, des guitaristes californiens qui portent le même nom que John Fogerty, le leader du Creedence Clearwater Revival…Marrant, mais pas un hasard: ce sont effectivement, bel et bien les deux fils du légendaire guitariste…Une illustre filiation qu’ils ne mettent pas en avant, mais qu’ils ne cachent pas non plus. Plus que d’autres, ils ont eu l’occasion, en accompagnant leur père en tournée, de se forger une belle expérience. Et puis, ça ouvre des portes. Mais leur chemin, ils le mènent à leur manière, avec leurs influences musicales et leurs références. Ce chemin, il débute avec deux singles réussis: on attend la suite…

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Il y a dans l’atmosphère actuelle (le Brexit, Trump,?…) quelque chose qui a favorisé l’apparition de quelques groupes anglais qui de toute évidence revendiquent l’héritage punk. Des jeunes talentueux comme Cabbage, Sisteray, et Shame…Ce dernier groupe, on l’a découvert il y a pile un an avec un étonnant premier single, « The Lick ». Du culot et un clip étonnant de présence pour un premier single. Un an plus tard, voici un nouveau coup de maître: « Concrete », un titre tendu, un dialogue entre le chanteur Charlie Steen et le bassiste, une alternance de climats, une basse entêtante,…Autant que le son punk, c’est aussi le Post Punk, manière Gang Of Four, qu’évoquent avec « Concrete » les Sud Londoniens…Un titre rugueux et convaincant…

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Découvrir des scènes musicales moins exposées que l’univers ango-saxon: suite de nos voyages sonores en terres moins connues. Après les Pays Bas, cap sur l’Allemagne voisine. Un pays qui s’est surtout illustré dès la fin des 60’s par l’émergence de groupes et d’artistes donnant une large place à l’utilisation de sonorités électroniques. Des pionniers d’une technique qui avait un grand avenir devant elle. La rencontre entre cette démarche technologique aventureuse et l’ambiance psychédélique de l’époque allait donner naissance à ce que l’on a désigné du terme de Krautrock. Un nom générique qui regroupait à la fois les productions audacieuses de gens comme Can ou Neu (et leur « Motorik Beat »), et la Kosmische Muzik, ces productions d’une musique contemplative, planante, avec des représentants comme Schulze, Froese, Tangerine Dream, Ashra Tempel,…

Parmi ces groupes « planants », Tibet, né en 1972. Une carrière assez brève: un single en ’76, un album en ’78, puis la fin du parcours. Aujourd’hui, un ancien membre de Tibet fait office de lien entre ce passé et le présent: Jürgen « Pöngse » Krutzsch a poursuivi son chemin en solo après l’arrêt des activités de Tibet. En 1984, il créait le projet Cinema. Et sortait un premier album. En 2011, après une longue éclipse, il relançait ce projet, en tandem avec Brigitte Grafe. Lui s’occupe essentiellement de la composition et des claviers électroniques, elle des aspects techniques et de la production. Entourés de quatre musiciens -guitares, basse, batterie -ils ont depuis lors sorti trois albums. Le dernier, sorti, cette année, s’intitule « The Discovering Of Time »: il propose  des morceaux longs, instrumentaux, une musique contemplative, génératrice d’images…On sent l’influence de gens que Krutzsch cite comme références: Mike Olfield, Alan Parsons, Tangerine Dream…

Dernier petit détail: si Berlin a été choisi dans le titre pour signaler l’Allemagne comme lieu de destination de notre voyage sonore, c’est en fait dans l’Ouest du pays que s’est établi Krutzsch…

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Un titre a suffit à Question Mark & The Mysterians pour se ménager une place enviable et durable dans l’histoire du Rock : « 96 Tears », sorti en 1966 se pose comme un archétype du Garage, avec l’orgue insistant de Frank Rodriguez, et la voix tranchante de ?, alias Question Mark, personnage pour le moins étonnant, jouant du mystère concernant son identité, n’apparaissant jamais sans lunettes noires. Il s’appelle en fait de Rudy Martinez, frère d’un guitariste de début de la carrière du groupe. Question Mark & The Mysterians est aussi un des premiers groupes latinos à connaître un énorme succès aux Usa. Et puis, il semble que c’est à son sujet qu’a été pour la première fois utilisé par un chroniqueur dans le domaine du Rock l’adjectif « punk ». Pour qualifier surtout l’attitude étrange, arrogante de son chanteur…

Tout commence en 1962, dans le Michigan, avec la naissance de The Mysterians. Le groupe, composé de musiciens nés au Texas, d’ascendance mexicaine, pratique un Surf instrumental assez classique. Il prend une autre dimension avec l’adjonction au chant de Question Mark/Martinez, qui prend aussi en charge le songwriting.  Et apporte une certaine dose d’étrangeté. Exemple : il explique qu’il vient de Mars, qu’il a connu les dinosaures…Quand il entreprendra une reformation du groupe en 1997, il déclarera le faire après avoir été encouragé dans ce sens par des « voix ». Bon. Retour sur Terre : ? & The Mysterians commence à se faire connaître, et leur manager publie en 1966 « 96 Tears » sur le petit label qu’il possède. Les choses s’enchaînent : le succès local devient régional, un label plus important reprend le titre, et « 96 Tears » finit par atteindre la première place du Billboard US. Et traverse l’Atlantique. Plus d’un million de copies vendues, des rééditions, des reprises : un « classique » est né.

Un album parait, et le groupe tente de prolonger ce succès qu’il a rencontré de manière inattendue. Les singles suivants, « I Need Somebody » (66) et « Can’t Get Enough Of you » (sorte de variation sur « 96 Tears ») connaissent des parcours honorables. Mais rien de comparable. Et le second album est clairement un échec. Le groupe va continuer à fonctionner, avec un personnel changeant jusqu’en 1973. Et puis c’est La fin. Rudy Martinez se reconvertit en éleveur de chiens. Jusqu’à ce qu’en 1997 des voix lui disent de reformer les Mysterians. Qui sont toujours actifs aujourd’hui.

? & The Mysterians n’ont pas marqué l’histoire Pop-Rock. Mais ils ont laissé ce morceau étonnant, le genre de titre qui semble retrouver sa jeunesse chaque fois qu’on l’entend. Une faculté partagée par peu de morceaux, finalement.

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A suivre – Jonti

Posted: 30th septembre 2017 by leo in A suivre..., Rayon "frais"

Dans la masse des nouveautés, un morceau qui possède un charme particulier. On cherche à en savoir plus sur son créateur, au nom peu évocateur. On se rend compte que le bonhomme a déjà à son actif un intéressant parcours. Et on se dit qu’il serait dommage qu’il ne fasse pas à un moment ou l’autre parler de lui. Et de sa capacité à créer des morceaux aussi séduisant que celui qu’on vient de découvrir. Ce morceau, c’est « Sleeping & Falling ». Son auteur, c’est Jonti (Danilewitz), musicien, chanteur, producteur…Originaire d’Afrique du Sud, il a séjourné à Los Angeles et New York, puis s’est installé à Sidney. C’est au début de la décennie qu’il fait pour la première fois parler de lui, avec un premier album, « Twirligig ». Puis plus rien. Pourtant, il a enchaîné directement en se mettant à l’écriture d’un second album. Celui-ci connaîtra de nombreux « brouillons », avant d’enfin sortir, après 5 ans de gestation, en novembre prochain. Jonti est un perfectionniste, une sorte de bricoleur de sons…

Ce n’est pas un hasard si il a participé à l’élaboration du second album de The Avalanches, sorti l’an dernier. Et au cours des ces dernières années, on l’a aussi vu collaborer avec King Krule, Mark Ronson ou Badbadnotgood…Il a aussi longuement tourné avec l’Australo-Belge Gotye (souvenez-vous de son « Somebody That I Use To Know », en 2011)…On attend maintenant de découvrir l’album « Tokorats », le 3 novembre. On n’en connait encore qu’un morceau. Mais si le reste est du même cru…

jonti

Dans la famille Gallagher, je demande Noel. L’aîné de la fratrie a à son tour annoncé la sortie d’un nouvel album: ce sera le 24 novembre. « Who Built The Moon? » est le troisième album de sa période High Flying Birds. Une bande annonce proposant quelques échantillons du nouveau disque confirme que Noel Gallagher se montre plus aventureux, moins classique, que de coutume: des effluves psychés, des sonorités électroniques,…Donc on est impatient de découvrir cet album. A noter la présence, en invités, de Johnny Marr et de Paul Weller…

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Each day a song: le morceau du jour, c’est une reprise. Depeche Mode reprend le « Heroes » de Bowie. Ce morceau, Dave Gahan se l’est déjà souvent approprié sur scène. Ici, il s’agit d’une version studio. Il s’agit de célébrer le 40ème anniversaire de la sortie du single (ce sera précisément demin, le 23) qui annonçait l’arrivée, quinze jours plus tard de l’album du même nom. Second album de ce que l’on appellerait plus tard la « trilogie berlinoise » de Bowie, après « Low ». Installé à Berlin, Bowie explorait des sonorités plus électroniques, avec la présence de Brian Eno et Robert Fripp, qui s’ajoutaient à ses plus habituels compères Carlos Alomar et Tony Visconti…